Affaire des 49 militaires ivoiriens : Lourdes peines contre les accusés

Contrairement à ce que les tractations diplomatiques laissaient présager, le jugement ne fut pas une simple formalité. La justice malienne a tenu à jouer pleinement son rôle en organisant un procès en bonne et due forme et est entrée en voie de condamnation

Publié mardi 03 janvier 2023 à 07:05
Affaire des 49 militaires ivoiriens : Lourdes peines contre les accusés

Les 49 militaires ivoiriens qui avaient été interpellés au Mali depuis le 10 juillet dernier ont été fixés sur leur sort, le vendredi 30 décembre, à l’issue de deux jours de procès à huis clos à la Cour d’appel de Bamako. Les 46 accusés comparants ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle et à deux millions d’amende chacun. Tandis que les trois dames du groupe, libérées pour raison humanitaire et n’ayant pas comparu, ont été condamnées  par contumace à la peine de mort et à 10 millions d’amende chacune.

Dans l’arrêt de renvoi devant la Cour d’assises en date du 27 décembre 2022, ces 49 militaires, qui sont tous de nationalité ivoirienne, sont inculpés d’association de malfaiteurs, attentat et complot contre le gouvernement, atteinte à la sureté extérieure de l’État, détention, port et transport d’armes et de munitions de guerre ou de défense intentionnellement en relation avec une entreprise  individuelle et collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur et de complicité.

Cette affaire dite ministère public contre Kouassi Sanni Adam a connu son épilogue le vendredi après deux jours de procès à huis clos. La Cour d’assises a rendu deux  arrêts. Dans le premier arrêt (arrêt n°201), la Cour a condamné les 46 militaires ivoiriens (les accusés comparants) à 20 ans de réclusion criminelle et à deux millions d’amende chacun. Par le second arrêt (arrêt n°202), elle a condamné  les trois accusées non-comparantes  par contumace à la peine de mort  et à 10 millions d’amende chacune.  La Cour a, en outre, ordonné  la confiscation des armes ayant servi à la commission des infractions retenues à la charge des accusés.

C’est ce qui ressort du communiqué rendu public le vendredi dernier à l’issue du procès par le procureur général par intérim près la Cour d’appel de Bamako, Ladji Sara. Pour rappel, au début de cette affaire, les autorités ivoiriennes avaient commencé par exiger la « libération sans délai » de ces militaires dont elles jugeaient la détention illégale. Ensuite, elles ont porté l’affaire devant la Cedeao et les Nations unies. L’affaire a donc été judiciarisée.

Entre-temps, le Togo a décidé d’offrir sa médiation entre le Mali et la Côte d’Ivoire.  Après une visite à Bamako, le chef de la diplomatie togolaise, Pr Robert Dussey s’est rendu à Abidjan le mardi 19 juillet, porteur d’un message du président Faure Gnassingbé à son homologue ivoirien Alassane Ouattara. Cette médiation a permis par la suite, la libération des trois femmes parmi le groupe, pour raison humanitaire le 3 septembre 2022.

LIENS DE BON VOISINAGE-
La Cedeao devant laquelle, l’affaire a été portée par le président ivoirien s’est saisie du dossier. Elle a envoyé une délégation de haut niveau composée des chefs d’État du Ghana, Nana Akufo-Addo, de la Gambie, Adama Barrow et du chef de la diplomatie togolaise, Pr Robert Dussey. La décision de cette mission avait été prise lors du sommet extraordinaire tenu par les chefs d’État ouest-africains le mercredi 22 septembre à New York en marge des travaux de la 77ème  assemblée générale des Nations unies.


Après plusieurs heures d’échanges avec les autorités maliennes, aucun émissaire de l’organisation communautaire  n’avait souhaité donner la moindre information à la presse. Et la Cedeao qui est prompte à produire des communiqués à l’issue des missions qu’elle envoie n’a jusque-là pas communiqué autour de celle qu’elle avait envoyé à Bamako après sa session extraordinaire tenue à New-York. D’ailleurs, cette mission semble avoir été pour beaucoup dans le changement de posture des autorités ivoiriennes dans cette affaire qui oppose deux pays voisins liés par l’histoire et la géographie.

Après que l’affaire a été portée devant la Cedeao et même les Nations unies, le gouvernement du Mali est resté campé sur sa position, en se disant toujours ouvert au dialogue. Avec les efforts de médiation du Togo, les autorités ivoiriennes se sont finalement tournées vers la voie diplomatique pour la résolution de ce qu’elles ont désormais qualifié de « malentendu » entre le Mali et la Côte d’Ivoire.

C’est dans ce cadre qu’une forte délégation ivoirienne conduite par le ministre d’État, ministre de la Défense Téné Birahima Ouattara était à Bamako  le jeudi 22 décembre pour  rencontrer le colonel Assimi Goïta sur ce dossier.  Au-delà de l’affaire des 49 militaires ivoiriens dont 46 étaient toujours détenus dans la capitale malienne, les deux parties ont signé un protocole d’accord pour le renforcement de leurs liens de bon voisinage, de fraternité et d’amitié.

Après que la justice malienne a fait son travail en jugeant et condamnant les 49 militaires ivoiriens, tous les regards sont désormais tournés vers le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta  qui a la latitude de décider la suite à donner à cette affaire. Selon un juriste, une des options qui s’offre au président de la Transition est de gracier ces militaires ivoiriens détenus au Mali depuis plus de 5 mois et dont le dossier a sérieusement détérioré les relations entre le Mali et la Côte d’Ivoire.

Dieudonné DIAMA

Lire aussi : Région de Tombouctou : Les FAMa démantèlent d'importants sanctuaires logistiques appartenant aux terroristes

Dans le cadre de la sécurisation du territoire, les Forces armées maliennes (FAMa) mènent actuellement des opérations de contrôle de zone de grande envergure dans le secteur ouest de la localité de Léré, Région de Tombouctou..

Lire aussi : Œuvres sociales du Président de la Transition : Des kits alimentaires remis à des familles vulnérables

Ce geste du Général d’armée Assimi Goïta s’inscrit dans le cadre du Ramadan 2026 qui va bientôt débuter.

Lire aussi : Mutilations génitales féminines : Halte à la pratique !

A l’instar de la communauté internationale, notre pays a célébré la Journée internationale du 6 février «Tolérance zéro» aux mutilations génitales féminines (MGF)/excision sous le thème : «Rôles et responsabilités des autorités et légitimités traditionnelles du Mali face aux enj.

Lire aussi : Fédération nationale des mines et de l’Énergie du Mali : Moussa Coulibaly rempile

Le secrétaire général (sortant) de la Fédération nationale des mines et de l’Énergie du Mali (FENAME), Moussa Coulibaly , a été reconduit à son poste pour un mandat de cinq ans. Il dirige un bureau de 36 membres, en plus des 7 membres de la Commission de vérification..

Lire aussi : Affaires Paramount-Embraer : Le dossier renvoyé pour l’audition d’autres témoins

Le verdict tant attendu dans le procès dit «Paramount-Embraer» n’a finalement pas été rendu, le vendredi dernier, comme annoncé. Lors de cette séance, la Chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière du Pôle national économique et financier a décidé de rabattre.

Lire aussi : Recrutement de 200 surveillants pénitentiaires : le ministre Mamoudou Kassogué lance la première phase

Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a procédé, samedi dernier sur la colline de Badalabougou, au lancement de la première phase du concours de recrutement de 200 agents du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éduc.

Les articles de l'auteur

Palais de Koulouba : Un dîner à l’honneur des présidents Tiani et Traoré

Dans le cadre de la 2è session du collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a offert un dîner à l’honneur de ses hôtes le Général d’armée Abdourahamane Tiani du Niger et le Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso, au palais de Koulouba dans la soirée du lundi dernier..

Par Dieudonné DIAMA


Publié mercredi 24 décembre 2025 à 08:32

Présidence de la Confédération AES : Le riche héritage du général d’armée Assimi Goïta

La Confédération des états du Sahel (Confédération AES) sous le leadership et la présidence du Général d’armée Assimi Goïta est aujourd’hui une réalité géopolitique au Sahel, en Afrique de l’Ouest et en Afrique de façon générale avec laquelle il faut désormais compter. Cette alliance créée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger pour faire face aux défis communs sur le plan sécuritaire et de développement est en train de faire son petit bonhomme de chemin..

Par Dieudonné DIAMA


Publié lundi 22 décembre 2025 à 08:57

Gestion de la crise des hydrocarbures : Comment le gouvernement et les opérateurs pétroliers ont déjoué les pronostics

Ces derniers mois ont été marqués par un changement de posture des groupes armés terroristes qui ont décidé de s’attaquer aux sources d’approvisionnement du pays en produits pétroliers dans le but d’asphyxier l’économie nationale et de révolter les populations contre les autorités..

Par Dieudonné DIAMA


Publié mardi 09 décembre 2025 à 08:51

Couverture de la 2è session du Collège des Chefs d’État de la Confédération AES : Les médias intéressés invités à se manifester pour les accréditations

La 2è session du collège des Chefs d’Etat de la Confédération des Etats du Sahel (AES) se tiendra à Bamako les 22 et 23 décembre prochains. En prélude à cette importante rencontre, la commission nationale d’organisation est à pied d’œuvre pour une éclatante réussite..

Par Dieudonné DIAMA


Publié mardi 09 décembre 2025 à 08:43

Boubacar Samaké, président du COSAES Libye : «Les trois Chefs d’État de l’AES sont des libérateurs et des patriotes engagés»

Dans cet entretien, Boubacar Samaké, président du Comité de soutien à l’Alliance des États du Sahel en Libye (COSAES Libye), explique les raisons qui ont motivé la création de son association. Il appelle les populations de la Confédération des États du Sahel (AES) à soutenir les Chefs d’État du Mali, du Burkina Faso et du Niger qu’il qualifie de messies, de libérateurs et de patriotes engagés..

Par Dieudonné DIAMA


Publié mercredi 03 décembre 2025 à 08:55

Dr Aly Tounkara : «Nous assistons à une réduction nette de l’intensité des conflits…»

Dans cet entretien, le directeur exécutif du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel(CE3S) livre son analyse sur la nouvelle posture des groupes radicaux violents qui s’attaquent désormais aux sources de ravitaillement du pays en carburant. Dr Aly Tounkara se prononce aussi sur les informations non fondées circulant sur un éventuel encerclement de Bamako et sur les actions à mener par les autorités pour contrer ces fausses informations alarmistes.

Par Dieudonné DIAMA


Publié mardi 25 novembre 2025 à 08:34

AN I du Premier ministre Abdoulaye Maïga : Des avancées notoires

Depuis son installation à la Primature le 21 novembre 2024, le Général de division Abdoulaye Maïga et son équipe s’attèlent à traduire en actes concrets les huit orientations données par le Chef de l’État lors du conseil des ministres inaugural..

Par Dieudonné DIAMA


Publié vendredi 21 novembre 2025 à 10:50

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner