La Semaine nationale de la justice vise à rapprocher davantage la justice des justiciables et renforcer la visibilité de ses actions
Ces
informations émanent des responsables du ministère de la Justice, des Droits de
l’Homme. Elles ont été fournies, hier au Centre international de conférences de
Bamako (CICB), à l’occasion du lancement officiel de la 3è édition de la
Semaine nationale de la justice, sous la présidence du ministre Mamoudou
Kassogué.
Quatre membres du gouvernement, dont le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, ont assisté à l’événement, en présence des acteurs de la justice de notre pays et des partenaires techniques et financiers.
La Semaine
nationale de la justice vise à rapprocher davantage la justice des
justiciables, à renforcer la visibilité de ses actions. Mais aussi à amener
l’institution judiciaire à s’acquitter de son devoir de redevabilité et de
reddition de comptes auprès de nos concitoyens, voire du peuple au nom duquel
la justice est rendue. Le thème choisi cette année est : «La justice à
l’ère des reformes».
Le
ministre Kassogué rappellera que la confiance placée en la justice par les
autorités de la Transition pour jouer un rôle majeur dans la refondation de
notre État a conduit son département à se donner une vision et un programme.
Dont la mise en œuvre, en trois années d’exercice, a permis à la justice
d’amorcer un nouveau virage dont il convient, selon lui, de mentionner les
grandes lignes en quatre points.
En premier
lieu, les défis de notre justice, en matière de lutte contre la corruption, la
délinquance économique et financière, de lutte contre l’impunité, de protection
de nos mœurs et de nos valeurs sociales et culturelles, ont amené le
département à engager des réformes. Lesquelles ont abouti, a-t-il expliqué, à
la création et à l’opérationnalisation du Pôle national économique et
financier, du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, de l’Agence de
recouvrement et de gestion des avoirs saisis ou confisqués et du Parquet spécialisé
de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.
En
deuxième lieu, mentionnera le ministre chargé de la Justice, l’une des tares de
notre système de justice pénale était liée à l’arsenal juridique. Ces
imperfections étaient caractérisées par des vides juridiques, des insuffisances
et son anachronisme, expliquant en grande partie la lourdeur, l’inefficacité,
la lenteur dans le traitement des dossiers et l’impunité dans certaines
matières.
Des réformes engagées dans le domaine ont permis d’enregistrer des
avancées majeures avec la promulgation du nouveau Code pénal et du nouveau Code
de procédure pénale. «Deux textes répressifs fondamentaux et générationnels, de
portée majeure et historique, qui ont introduit des innovations donnant un
nouveau visage à la justice pénale de notre pays», a apprécié Mamoudou
Kassogué.
MODERNISATION-
Le patron du département de la justice malienne a annoncé que 2025 sera
certainement la première année d’implémentation de cette réforme d’envergure
juridique dont l’une des innovations majeures est la suppression des cours
d’assises. Ce qui est synonyme de fin de calvaire pour les justiciables qui
étaient, jadis, soumis à de longues années d’attente pour voir se tenir des
procès concernant les affaires criminelles à cause de la lourdeur de cette
juridiction.
En
troisième lieu du bilan, le programme conduit avec méthode et pragmatisme a mis
l’accent sur les ressources humaines. Elles constituent un pan important dans
la transformation positive de notre justice en jouant essentiellement sur deux
leviers : le recrutement de personnel dans des conditions de crédibilité
et de transparence attestées et vérifiables. Aussi bien que le changement
qualitatif de comportements pour la stricte observance des règles d’éthique et
de déontologie par les acteurs judiciaires.
Sur ce volet, a noté Mamoudou
Kassogué, notre département, avec le soutien des autorités, a écrit, avec une
légitime fierté, une des pages les plus glorieuses de la justice de notre pays
depuis son accession à l’indépendance. «En trois ans, il a été recruté 316
auditeurs de justice, 240 greffiers en chef, 125 fonctionnaires de
l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée», a-t-il évoqué. Et
de se réjouir que le nombre d’auditeurs de justice recrutés, en 3 ans, dépasse
la moitié des effectifs actuels de magistrats, soit environ 250. Une
attention particulière et un traitement adéquat seront toujours accordés aux
dénonciations et aux observations des justiciables à travers le numéro vert
gratuit, 36 111, «Binkani Kunafoni» installé au niveau de l’Inspection des
services judiciaires.
Le Garde
des Sceaux a fait mention de la modernisation de l’appareil judiciaire pour une
bonne administration et distribution de la justice, à travers la
dématérialisation des services judiciaires. La bonne nouvelle, pour
l’institution judiciaire notamment, a-t-il annoncé, c’est la disponibilité d’un
logiciel, presque déjà prêt. Il est conçu par l’Agence des technologies de
l’information et de la communication du Mali (Agetic) en collaboration avec les
acteurs judiciaires et les informaticiens du département, et sera déployé, dans
les semaines voire mois à venir.
Ce logiciel permettra le traitement
informatisé des dossiers judiciaires, chaine civile, chaine pénale, casier
judiciaire, certificat de nationale, avec une interconnexion de l’ensemble des
services judiciaires. Le
président de la Commission nationale d’organisation de la Semaine nationale de
la justice, non moins secrétaire général du ministère de la Justice, a fait la
genèse de l’institutionnalisation de l’évènement. Dr Boubacar S. Diarrah
s’étalera également sur les prouesses engrangées suite aux réformes en cours
dans le système judiciaire.
Oumar DIAKITE
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