Voyages des enfants pendant les vacances scolaires : Une habitude en perte de vitesse

Globalement les enfants passaient cette période de repos chez des parents proches (oncles, tantes, grands-parents et autres) ou dans d’autres régions du pays. Aujourd’hui, on en est réduit à voir seuls ceux qui sont issus de familles nanties prendre l’avion ou le bus pour d’autres destinations en Afrique ou ailleurs

Publié vendredi 07 août 2026 à 14:46
Voyages des enfants pendant les vacances scolaires : Une habitude en perte de vitesse

Les enfants s’adonnent à des activités récréatives

 

Former les jeunes esprits, c’est-à-dire les jeunes scolaires, c’est aussi prévoir des temps de récupération et de loisir pour des mômes souvent exténués durant toute l’année scolaire par des programmes scolaires. De nombreux pédagogues se montrent très catégoriques sur la nécessité d’accorder aux enfants les grandes vacances non seulement pour se reposer, mais aussi consacrer la période à des plaisirs de l’enfance (jouer avec des camarades, vadrouiller de quartier en quartier, etc.). Ils estiment que ça fait du bien pour l’équilibre psychique de l’enfant.

Aujourd’hui encore tout le monde s’accorde sur l’utilité des grandes vacances, mais les positions achoppent sur le contenu qui est mis dans ces vacances.

Alors dans les pratiques d’antan, les enfants passaient leurs vacances chez de proches parents (oncles, tantes, grands-parents, entre autres) dans la même localité ou dans certaines régions. Ceux qui sont issus d’une famille aisée avaient souvent l’opportunité de voyager par air ou de prendre le bus, voire le train à une certaine époque pour rallier d’autres destinations en Afrique ou ailleurs. Aujourd’hui c’est une pratique en perte de vitesse.  On en est réduit à voir les seuls  gosses de riches faire ce genre de voyage.

Est-ce parce que les parents ont les portefeuilles pressurés par une conjoncture ou est-ce simplement une habitude rangée dans les oubliettes ? Est-ce les enfants sont devenus plus casaniers ? Ces questions taraudent les esprits et méritent qu’on s’y intéresse au phénomène. 
Quand le jeune vacancier arrive chez son hôte, il est couvert d’attention et on lui passe ses caprices. On déploie aussi les grands moyens pour lui permettre de passer un séjour  agréable dans la famille d’accueil. Le jour de son retour des vacances, on lui offre de nombreux présents en guise de souvenir. Dans un contexte de crise, il n’est pas admis de faire voyager les enfants d’une région à l’autre. 

ANALYSES CROISéES DE PARENTS- Mme Traoré Assétou Doumbia estime qu’il est désormais préférable de garder les enfants à la maison. Cette mère de famille justifie cela par une économie d’échelle à travers une réduction des dépenses. En effet, elle souligne que la coutume veut que l’hôte prenne en charge les cadeaux offerts aux vacanciers (habits neufs et fournitures scolaires). Ce qui représente une saignée financière pour certaines familles par les temps qui courent.

Pourtant, Assétou pense que les grandes vacances doivent être mises à profit par les parents pour renforcer l’éducation des enfants, en leur inculquant des vertus pour leur préserver de la tentation des vices et des relations malsaines qui se nouent très souvent dans la rue. Mme Camara Nana soutient la thèse. Pour cette mère de famille aussi, les grandes vacances représentent une opportunité de se rapprocher plus des enfants et d’assainir leur environnement.  Auparavant, elle envoyait pendant les vacances scolaires ses enfants chez sa sœur pour, selon elle, circonscrire tout risque de maltraitance.


Ces dernières années, elle a choisi de rompre avec cette habitude et de transformer les vacances en un temps de socialisation des enfants. «L’année scolaire ne me laisse pas suffisamment de temps pour me consacrer à leur éducation», confie-t-elle, avant d’ajouter que c’est une occasion de garder ses enfants à la maison, afin de leur enseigner les tâches ménagères et leur transmettre des valeurs.

Oumar qui habite à Kalaban Coro, marque un point de rupture. Pour lui, ces déplacements font du bien aux enfants. Cette année, cet enseignant accueille une nièce venue d’un village de Bougouni. à le croire, le séjour de la vacancière se passe normalement et va lui permettre d’apprendre à faire la cuisine, mais aussi à se comporter dignement en termes de mode vestimentaire. 

Le chef de famille le dit à qui veut l’entendre que sa nièce a été un peu plus versée dans la religion à son arrivée chez lui. Elle a découvert davantage l’importance des prières et des sourates. Pour ce qui concerne les dépenses liées à son retour dans sa famille biologique, le pédagogue se veut simplement prévoyant à travers une organisation pour ne pas être pris à défaut avant septembre, le plus souvent mois de la rentrée scolaire.

ORGANISER DES SORTIES- Les voyages ou les déplacements des jeunes scolaires pendant les grandes vacances ne sont pas un phénomène nouveau, mais ils se font de plus en plus rares.  Certains parents estiment que le contexte qui prévalait avant n’existe plus. Il y a de nouvelles donnes à prendre en compte.

Au cœur des concessions, l’ennui se pointe souvent chez de nombreux jeunes scolaires. C’est le cas de Kadiatou Traoré, une lycéenne, qui ne cache pas sa lassitude. Elle dit comprendre les réticences de ses parents à l’envoyer en congé à l’intérieur du pays. Cependant, l’élève invite les parents à organiser des sorties ou des activités pour pallier au quotidien ennuyant des enfants en période de grandes vacances.

Ces déplacements des élèves constituent un véritable défi pour les familles en quête du juste équilibre, notamment entre protection, éducation et bien-être de leur progéniture dans un contexte socio-économique qui ne permet plus les folies qu’on pouvait s’autoriser dans le temps. La conjoncture d’abord est passée par là, puis le contexte sécuritaire. 

Selon le professeur de sociologie, Dioufing Sissoko, l’insécurité et la pauvreté ont transformé notre société, affaiblissant les liens sociaux autrefois forts au sein des familles. Il justifie cette fragilisation par des incompréhensions ou des conflits familiaux, notamment lorsque les enfants ne suivent pas les règles ou sont victimes de mauvais traitements chez des proches. Ces situations peuvent créer des malentendus et détériorer les relations familiales, constate le sociologue. En attendant de trouver la bonne formule pour complètement renouer avec une pratique aussi utile pour le bien des jeunes scolaires, il faut s’adapter au contexte qui prévaut.

 

Sarandiè DOUMBIA

Rédaction Lessor

Lire aussi : Résilience des communautés : La jeunesse prêche par l’exemple

Dans plusieurs quartiers du District de Bamako, la jeunesse se mobilise au-delà des discours. Organisation des files d’attente dans les stations-service, entretien des voies publiques, assainissement, médiation sociale… Les jeunes multiplient les initiatives citoyennes pour accompagner les p.

Lire aussi : Fleuve Niger : Ce poumon économique qui suffoque sous la pression humaine

Source de vie, voie de transport, réserve alimentaire et moteur de l’économie nationale, le fleuve Niger est aujourd’hui au bord de l’asphyxie. Pollution, dragues d’orpaillage, extraction anarchique de sable, occupation illégale des berges : les agressions se multiplient et fragilisent un.

Lire aussi : Polyclinique des armées de Kati : Les nouveaux services médico-techniques opérationnels

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a inauguré ce jeudi 17 septembre 2026, les nouveaux services médico-techniques de la Polyclinique des armées de Kati. Placée sous le signe de la modernisation et de la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa),.

Lire aussi : Salons de coiffure et maquillage : La période de vaches maigres

Les salons de coiffure et de maquillage courent les rues à Bamako. Tous ou presque sont sollicités par les belles de la capitale qui y ont recours lors de certaines cérémonies sociales (mariages et baptêmes) et autres anniversaires pour mettre plus en relief leur beauté et leur charme..

Lire aussi : Hivernage : 13 morts et 2 790 personnes affectées au Mali

Treize personnes ont perdu la vie et 17 autres ont été blessées depuis le début de la saison des pluies au Mali, en raison de différents aléas liés à l’hivernage..

Lire aussi : Hivernage : Les risques d’inondations restent élevés par endroits en septembre

Les risques d’inondations restent élevés par endroits au Mali durant le mois de septembre, en raison de la poursuite des activités pluvio-orageuses, selon le Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes..

Les articles de l'auteur

Décentralisation : Le comité technique de transfert des compétences livre son rapport

Le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a abrité jeudi, 17 septembre, la 1ère session de suivi et d’animation du Comité technique chargé du transfert de compétences et de ressources de l’état aux Collectivités territoriales, au titre de l’exercice 2026..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 21 septembre 2026 à 08:31

Communiqué du conseil des ministres du vendredi 18 septembre 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le vendredi 18 septembre 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié dimanche 20 septembre 2026 à 09:04

Pôle national économique et financier : Le bouclier judiciaire contre les crimes économiques

Face à la complexité croissante de la corruption et de la délinquance financière, le Mali mise sur une justice spécialisée. Le Pôle national économique et financier (PNEF) concentre désormais les compétences pour traquer les atteintes aux ressources publiques.

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 17 septembre 2026 à 18:29

Cybercriminalité : Le pôle face à une délinquance en perpétuelle mutation

Avec l’essor des technologies de l’information et de la communication, les infractions connaissent une progression et une diversification constantes. Pour mieux répondre à cette nouvelle forme de délinquance, notre pays a mis en place une juridiction spécialisée. Issa Coulibaly, magistrat, au Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, explique les enjeux de cette lutte, les infractions prises en charge et les défis auxquels la justice est confrontée.

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 17 septembre 2026 à 18:24

Lutte contre la criminalité financière : l’ARGASC, un maillon essentiel dans l’architecture juridique du Mali

La structure est progressivement en train d’occuper sa place aux côtés des autres acteurs de la chaîne pénale. Sur la base des décisions de justice elle a recouvré de juin 2025 au 31 juillet 2026, la somme de 54.410.150 Fcfa. À cela s’ajoutent la confiscation de 137,90 grammes d’or, et des matériels roulants et de biens immobiliers.

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 17 septembre 2026 à 18:07

Patrimoine culturel et souveraineté : Ces vestiges temoins du courage, de la bravoure et de la résistance

Au lendemain de l’indépendance, les autorités ont entrepris des actions de restauration et de réhabilitation de notre histoire et des grands Hommes et Femmes qui se sont illustrés par leurs hauts faits contribuant à la grandeur de notre peuple..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 17 septembre 2026 à 18:03

Alliance des États du Sahel : Trois ans d’architecture de coopération sahélienne

Créée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, l’Alliance des États du Sahel (AES) s’est progressivement imposée comme un cadre de coopération politique, sécuritaire et économique entre les trois pays. Retour sur les principales étapes ayant conduit à sa mise en place et à son évolution.

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 17 septembre 2026 à 17:47

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner