L’Essor
: Que peut-on retenir de la 8ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Autorité
du Bassin de la Volta qui vient de se tenir à Bamako?
Robert
Y. Dessouassi : Cette session est déterminante pour la vie de notre
institution. Après la rencontre tenue à Accra (Ghana), le 10 mai 2019, la 8e
session aurait normalement dû se tenir en 2021, le Conseil des ministres se
réunissant tous les deux ans. Cependant, certaines difficultés ont retardé sa
tenue jusqu’en 2026.
La
rencontre de Bamako a notamment permis de faire le bilan des activités menées
de 2019 à fin 2025, à travers nos rapports d’activités. Nous avons présenté les
projets exécutés, les structures mises en place ainsi que les actions réalisées
dans les villages pour améliorer les conditions de vie des populations. Les
États membres ont ainsi pu apprécier les efforts accomplis par l’institution.
Nous
avons également abordé nos difficultés financières, notamment celles liées à la
prise en charge du personnel. L’insuffisance des ressources nous empêche de
payer régulièrement les salaires et a entraîné le départ de plusieurs cadres
vers d’autres institutions offrant de meilleures conditions de rémunération.
C’est une réalité à laquelle nous sommes confrontés.
L’Essor
: Quelles solutions ont été envisagées pour surmonter ces difficultés?
Robert
Y. Dessouassi : Les experts ont examiné ces problèmes et proposé des pistes de
solution. Il est notamment prévu de procéder prochainement au recrutement de
nouveaux cadres, qui devraient prendre fonction en 2028. Toutefois, ces
recrutements doivent s’accompagner d’une augmentation des contributions
annuelles des États membres. Avec le niveau actuel des contributions, nous ne
serions pas en mesure de rémunérer ces nouveaux agents sans nous exposer à de
nouvelles difficultés financières.
Je
peux donc résumer les conclusions en disant que les mesures envisagées visent à
redynamiser la Direction exécutive de l’ABV, afin de la rendre plus crédible et
de renforcer la confiance des partenaires techniques et financiers.
L’Essor
: Le Ghana a cédé la présidence du Conseil des ministres au Mali.
Qu’attendez-vous de cette nouvelle présidence ?
Robert
Y. Dessouassi : Depuis 2019, le Ghana assurait la présidence du Conseil des
ministres. Aujourd’hui, le Mali prend le relais pour un mandat de deux ans.
Durant cette période, il sera appelé à jouer un rôle plus important dans la
gouvernance de l’ABV et dans l’orientation de ses activités. En tant que
directeur exécutif, je ne peux pas prendre seul toutes les décisions. Je dois
me référer au président du Conseil des ministres. Cette nouvelle présidence est
donc importante pour le fonctionnement et la conduite des affaires de notre
institution.
L’Essor
: Quel sentiment vous anime après la tenue de cette session à Bamako ?
Robert
Y. Dessouassi : Je suis très heureux que cette session ait pu se tenir à
Bamako. Les discussions ont été longues et les experts ont travaillé pendant
quatre jours, parfois jusqu’à 20 heures, voire au-delà. Cela montre
l’importance que les pays membres accordent à l’ABV.
Notre
institution favorise la concertation entre les États qui partagent le bassin et
ses ressources en eau. Elle dispose également de textes juridiques qui
encadrent cette coopération. Aucun pays ne peut entreprendre librement des
aménagements sur le cours du fleuve sans tenir compte des intérêts des autres
États riverains, notamment ceux situés en amont et en aval.
La Direction exécutive joue un rôle essentiel de coordination entre les pays membres. L’objectif est de prévenir les conflits liés à l’utilisation des ressources naturelles que nous partageons et de promouvoir leur gestion concertée au bénéfice de toutes les populations concernées.
Amadou GUEGUERE
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