Révolution démocratique et populaire : 43 ans après, la flamme révolutionnaire toujours vive

Ce mardi 4 août 2026, marque le 43è anniversaire de l’avènement de la Révolution démocratique et populaire (RDP). Conduite par le capitaine Thomas Sankara, la RDP a permis une mutation profonde de la sociéte burkinabè, la transformation des mentalités…Retour sur la RDP qui a surtout fait des Burkinabè, des acteurs de leur destin.

Publié mercredi 05 août 2026 à 13:28
Révolution démocratique et populaire : 43 ans après, la flamme révolutionnaire toujours vive

A travers ce Mausolé, Thomas Sankara et ses compagnons ont reçu un hommage de la Nation

 


Thomas Sankara est le père de la Révolution démocratique et populaire proclamée le 4 août 1983 lors de sa prise de pouvoir. Anti-impérialiste, panafricaniste et tiers-mondiste, à l’état civil Thomas Isidore Noël Sankara est né le 21 décembre 1949 à Yako dans la province du Passoré. Il fait le premier cycle de ses études secondaires au lycée Ouezzin-Coulibaly de Bobo-Dioulasso, puis le second cycle, à Ouagadougou, au Prytanée militaire de Kadiogo. Après son baccalauréat, Sankara suit une formation d’officier à l’Académie militaire d’Antsirabe à Madagascar.

De retour en Haute-Volta, en 1973, avec le grade de sous-lieutenant, il est affecté à la formation des jeunes recrues. En 1974, il s’illustre militairement lors de la première guerre entre le Mali et la Haute-Volta. En 1976, il est commandant du CNEC, le Centre national d’entraînement commando, situé à Pô, dans la province du Nahouri. Militant de gauche, nourri aux idées de l’Internationale révolutionnaire et prolétarienne, il fonde avec des amis et camarades politiques comme Blaise Compaoré, Henri Zongo, Jean-Baptiste, Boukary Lingani, le Regroupement des officiers communistes (ROC).

Thomas Sankara est nommé en septembre 1981 secrétaire d’Etat à l’Information dans le gouvernement du colonel Saye Zerbo, sous le CMRPN (Comité militaire de Redressement pour le Progrès national), avant de démissionner avec fracas, avec cette formule devenue célèbre : « Malheur à ceux qui bâillonnent leur peuple ». Le 7 novembre 1982, un coup d’état contre le CMRPN porte au pouvoir le médecin-commandant Jean-Baptiste Ouédraogo. Sankara devient Premier ministre en janvier 1983.

Le 17 mai de la même année, il est limogé et mis en résidence surveillée. Le 4 août 1983, à la tête d’une colonne militaire de la garnison de Pô, Blaise Compaoré, qui était entré en rébellion depuis l’arrestation de Thomas Sankara, monte sur Ouagadougou et prend le pouvoir. La Révolution démocratique et populaire (RDP) est proclamée. Son organe dirigeant est le Conseil national de la révolution (CNR). Le capitaine Thomas Sankara devient Président du CNR, chef de l’état.

Les Comités de défense de la révolution (CDR) sont institués. Au premier anniversaire de la Révolution, il change le nom du pays, son hymne et son drapeau. La Haute-Volta devient ainsi le Burkina Faso ou « Pays des Hommes intègres » les voltaïques des Burkinabè. La Fière volta (ancien hymne) est remplacé par le Ditanyè ou « Hymne de la Victoire ». Au pouvoir, dans ses discours, il appelle constamment le peuple à prendre en main son destin.

Œuvrant contre la corruption, Sankara engage une véritable lutte contre ce phénomène qui gangrenait la sociéte. Il réduit le train de vie de l’État en remplaçant les véhicules de fonction par des Renault 5. Il oblige également le port des habits traditionnels pour les fonctionnaires, le Faso Dan Fani, ce qui mènera à l’augmentation de la production du coton et permettra à de nombreuses tisserandes d’accéder à l’indépendance économique.

Soucieux de l’égalité de genre, Sankara engage une grande bataille pour le respect des droits des femmes et en leur nommant aussi aux hautes fonctions de la République. Sankara est également reconnu comme un des dirigeants précurseurs des politiques écologiques. Il introduit le reboisement de zones en cours de désertification et lutte contre les feux de brousse.

Sankara et le CNR se lancent dans une politique volontariste de transformation de la société. Il engage les populations à creuser les grandes retenues d’eau. Sous son égide, le pays atteint l’autosuffisance alimentaire. Tout cela n’aurait pas été possible sans un soutien massif de la population qu’il incite à travailler, entreprenant des chantiers d’envergure: puits, barrages, chemins de fer, routes…

Par cette politique volontariste, il souhaite que le peuple prenne conscience de sa capacité à changer les choses et à être acteur de son destin, ce qu’il rappelle dans nombre de ses discours. Il introduit également l’effort populaire d’investissement (EPI) pour permettre de financer ces travaux, refusant de se plier aux exigences des institutions monétaires internationales.

POURSUIVRE LE COMBAT- Le père de la Révolution burkinabè appelle les révolutionnaires à l’unité contre l’impérialisme, le néo-colonialisme et la domination étrangère, pour bâtir un Burkina libre, digne et intègre. Des dissensions profondes se font cependant jour au sein du CNR. Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassiné lors d’un coup d’état qui porte le capitaine Blaise Compaoré au pouvoir, mettant ainsi fin à quatre années de révolution.

Lors de la cérémonie officielle de commémoration du 35è anniversaire de l’assassinat du Président Thomas Sankara, sur le site du Mémorial Thomas-Sankara, le 15 octobre 2022, le flambeau de la Révolution a été passé à la jeunesse dans une dynamique de continuer la mise en œuvre de l’idéal Sankara et le combat pour la liberté et le développement du Burkina Faso. Ainsi, le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré a reçu le trophée symbolisant le passage du flambeau à la jeunesse pour poursuivre le combat.

Douze autres jeunes ont également reçu à ses côtés des trophées dans la même symbolique, portant le nombre de trophées à treize, soit le nombre de victimes du 15 Octobre 1987 au sein du Conseil de l’Entente de Ouagadougou. « Nous espérons que ce passage de flambeau va permettre une évolution qualitative des énergies de notre jeunesse pour qu’elle puisse s’inspirer de la capacité inouïe et infinie d’innovation de Thomas Sankara pour poursuivre son œuvre de faire du Burkina, une terre de prospérité, de fraternité et d’intégrité », affirmait le colonel à la retraite, feu Pierre Ouédrago, ex-Président du comité international mémorial Thomas-Sankara.

Sidwaya.info

Rédaction Lessor

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