Une vue de participants à la rencontre
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social, Dr. Abdoulaye Guindo, en présence du président de la Somaram, Pr. Daouda Kassoum Minta et d’un beau parterre d’experts. Trois jours durant, les congressistes réfléchiront sur une risposte coordonnée à apporter face à ce défi sanitaire majeur. Ils entendent mieux comprendre les mécanismes de résistance, promouvoir des stratégies de prévention innovantes et contenir une menace désormais mondiale, selon les organisateurs.
Dans un contexte marqué par des inquiétudes croissantes chez les professionnels de santé, Pr. Daouda Kassoum Minta a insisté sur l’urgence d’agir. «La sécurité des patients, qu’il s’agisse de santé humaine, animale ou environnementale, est aujourd’hui au cœur des préoccupations», a déclaré le spécialiste en infectiologie, tout en appelant à un partage des connaissances et à l’identification de solutions innovantes.
Le président de la Somaram a ensuite dressé un constat préoccupant de la résistance aux antimicrobiens (RAM), désormaisclassés parmi les dix plus grandes menaces pour la santé publique mondiale, fragilisant les avancées médicales majeures, notamment les antibiotiques et les vaccins. Et pour cause, une montée continue des résistances, observée depuis 1940, de la pénicilline aux bactéries hautement résistantes identifiées à la fin des années 1980. «Nous faisons face à un déclin préoccupant de l’efficacité de l’antibiothérapie», a averti Pr. Daouda Minta. Là-dessus, il a aussi pointé du doigt un usage excessif et souvent inadapté des antibiotiques, aussi bien en médecine humaine que dans l’élevage. À cela, s’ajoute leur dissémination dans l’environnement, où ces substances persistent et contaminent durablement les écosystèmes.
Autres facteurs aggravant mentionnés par l’expert sont le changement climatique et la désertification, qui favorisent la propagation des agents pathogènes résistants et accélèrent leur adaptation bactérienne. Le Pr. Minta a cité le cas du champignon «Candida auris» pour illustrer les conséquences sanitaires liées aux bouleversements climatiques.
De son côté, le secrétaire général du ministère de tutelle a salué la tenue de ce forum scientifique, qu’il considère comme un cadre essentiel d’échanges entre experts de différents horizons. Selon lui, la résistance aux antimicrobiens constitue une menace multidisciplinaire et transfrontalière qui appelle une réponse concertée. Abdoulaye Guindo a rappelé que notre pays est engagé depuis 2017 dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, à travers notamment la mise en place d’un groupe de coordination national et l’exécution du deuxième plan national couvrant la période 2023-2027.
Tamba CAMARA
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