Longtemps présenté comme un acteur engagé de l’intégration sous-régionale, le Mali est aujourd’hui invité à accélérer la cadence. C’est le principal enseignement de la phase politique de la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’Uemoa, tenue hier à Bamako. Les travaux étaient présidés par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances Alousseini Sanou, en présence de ses collègues du gouvernement et du président de la Commission de l’Uemoa, Abdoulaye Diop.
La rencontre, a permis de passer au crible les performances du pays dans l’application des textes et décisions communautaires. Pour Alousseini Sanou, la rencontre revêt une importance particulière. En effet, elle offre l'occasion de faire le point sur l'état de mise en œuvre des réformes politiques et programmes et projets de l'Uemoa au plan national et de formuler des recommandations en vue de consolider les performances enregistrées et aplanir les difficultés identifiées.
Les travaux ont ainsi pour objet principal de procéder à l'examen et à la validation des conclusions issues de la phase technique de l'édition 2025, qui rappelle également les résultats de l'édition 2024. Les résultats issus de la phase technique de l'édition 2025 montrent que le taux moyen de mise en œuvre des réformes communautaires au Mali s'établit à 75,52% en 2025 contre 80,06 % en 2024, soit une baisse de 4,54 points de pourcentage a indiqué le ministre. Ce recul enregistré ne remet toutefois pas en cause l’engagement du pays en faveur de l’intégration régionale. Au contraire, cette évaluation est considérée comme un outil stratégique permettant d’identifier les obstacles, de corriger les insuffisances et de renforcer l’efficacité de l’action publique.
Au-delà des réformes, les résultats enregistrés dans l’exécution des programmes communautaires offrent des motifs de satisfaction. Les six programmes évalués affichent un taux moyen d’exécution physique de 90,19 %, tandis que le niveau de décaissement atteint 100 %. Des performances qui témoignent de la capacité des administrations nationales et des structures communautaires à maintenir le cap malgré un environnement particulièrement exigeant.
Cependant, Alousseini Sanou admet que des progrès restent à accomplir pour atteindre un niveau encore plus optimal de mise en œuvre des réformes et projets communautaires. À cet égard, il a invité ses collègues membres du gouvernement à créer de nouvelles dynamiques au sein de leurs départements respectifs afin de renforcer l'appropriation des réformes communautaires par les parties prenantes nationales et d'assurer une mise en œuvre plus efficace des réformes et des projets communautaires. Le ministre Sanou s’est dit convaincu que les travaux aboutiront à des recommandations utiles et constructives.
Le président de la Commission de l’Uemoa a salué les efforts consentis par notre pays. Abdoulaye Diop a félicité les autorités, notamment le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, pour leur soutien constant au processus d’intégration régionale. Les travaux ont également mis en évidence l’élargissement du champ d’évaluation. En 2025, ce sont 145 réformes communautaires qui ont été examinées contre 132 l’année précédente. Ce qui rend l’exercice plus exigeant et explique en partie les défis rencontrés dans leur mise en œuvre.
Face à cette situation, un appel à la mobilisation générale a été lancé. Les départements ministériels, les structures techniques et l’ensemble des acteurs concernés sont invités à renforcer leur coordination afin d’accélérer l’application des réformes et de lever les blocages persistants. À Bamako, le message est apparu clair : les acquis sont réels, mais ils doivent désormais être consolidés. Dans l’espace Uemoa en pleine mutation, le Mali entend préserver sa place parmi les acteurs majeurs de l’intégration régionale. Pour y parvenir, les réformes ne devront plus seulement être adoptées ; elles devront produire des résultats visibles et durables au bénéfice des citoyens.
Mariam A. TRAORÉ
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