Quand les médias «mainstream» dont l'AFP offrent un pupitre aux alliés du terrorisme sur une nappe d’apologie du Terrorisme !

Le 29 avril 2026, nous avons assisté à quelque chose qui mérite d’être abordée avec acuité. Mohamed Elmaouloud Ramadane, soi-disant porte-parole du fameux “Front de Libération de l'Azawad (FLA)”, mouvement dit séparatiste touareg du nord du Mali, s'est exprimé depuis Paris à travers l’Agence France-Presse.

Publié le 5 mai 2026 à 08:06

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Quand les médias «mainstream» dont l'AFP offrent un pupitre aux alliés du terrorisme sur une nappe d’apologie du Terrorisme !

Il annonçait tranquillement ses ambitions territoriales : Kidal, Gao, Tombouctou, Ménaka, Taoudéni, comme si cela était une évidence. Mais cette interview, polie, lissée, romantisée, omet soigneusement un détail de taille : le FLA a mené son offensive lugubre et lâche le 25 avril 2026 en coordination directe avec le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM en français) ou Jama'atNusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM en arabe).

Le terme «jihadiste» que l'on retrouve dans une grande partie de la presse française lorsqu’elle mentionne le groupe terroriste JNIM n'est pas neutre et est fait à dessein. C'est un choix éditorial et politique. «Jihadiste» renvoie à une réalité idéologique et religieuse, celle d'un combat armé au nom de l'islam. «Terroriste», lui, est une qualification juridique : il désigne des acteurs reconnus officiellement comme tels par des États ou des instances internationales. Ce glissement sémantique n'est pas anodin : dire « jihadiste » là où l'on devrait dire «terroriste» revient à euphémiser la nature d'une organisation, à la présenter comme un acteur idéologique plutôt que comme une organisation criminelle condamnée par le droit.

Le JNIM est la branche officielle d'Al-Qaïda au Mali et en Afrique de l'Ouest. Il est né en mars 2017 de la fusion de quatre organisations armées : Ansar al-Din, al-Murabitun, le Front de libération du Macina, et l'Émirat du Sahara (branche d'AQMI). Il est dirigé par Iyad Ag Ghaly, lui-même désigné comme terroriste international par les États-Unis. Le Département d'État américain a formellement désigné le JNIM comme organisation terroriste étrangère en septembre 2018. En France, sa nature terroriste n'est pas contestée, et c’est ce qui rend la suite d'autant plus troublante.


Le JNIM, qualifié pudiquement de « jihadiste » dans la presse, est directement responsable d'attaques contre des soldats français dans le cadre des opérations Serval puis Barkhane. 
Au total, 58 militaires français ont perdu la vie au Mali et au Sahel entre 2013 et le retrait de 2022. Cinquante-huit, des fils, des pères, des frères, tombés précisément pour lutter contre les groupes terroristes qui sévissaient dans cette région. Il est aussi important de noter que le nombre de populations civiles innocentes tuées par les groupes terroristes est estimé à des centaines de milliers de personnes dans le Sahel en général et au Mali en particulier.


Et aujourd'hui, les alliés de ceux qui les ont tués se voient offrir une tribune dans l'Agence de presse nationale française (AFP), depuis Paris, pour romantiser leur combat. Je prends le monde à témoin : comment peut-on, en toute conscience, laisser passer cela? Au regard de ce fait, devons-nous conclure que : (i) les militaires français tués en mission pour la France sont-ils abandonnés, voire trahis par leur nation ? (ii) que la France confirme au grand jour à travers les organes de presse de l’état dont l’AFP son soutien aux groupes terroristes (hormis des déclarations faites pour « la forme » et hypocrites de soutien du Quai d'Orsay aux populations maliennes) ? (iii) que la France accepte son accointance avec les terroristes dont les mains portent le sang de milliers de civils tués par les groupes terroristes ? Ces questions méritent des réponses et interpellent les intellectuels de la France épris de justice, d’égalité et du respect du droit international.

Par ailleurs, il est impérieux de rappeler à ces médias qui font l’apologie du terrorisme au mépris du droit international et de la déontologie du journalisme, que les peuples du Sahel en général et le peuple malien en particulier ne se laisseront pas intimider. Aux journaleux [Non nécessaire] de ces organes de presse spécialisés dans l’apologie du terrorisme et leurs complices nous leurs disons que leurs actes sont notés pour l’histoire.

Il faut savoir que l’Azawad, tel que le FLA le revendique, couvre les Régions administratives de Kidal, Gao, Ménaka, Tombouctou, ainsi qu'une partie de la région de Mopti.

C'est un territoire immense qui est presque deux fois aussi grand que la France et sur lequel le porte-parole déclare vouloir «libérer» toutes les populations. Cette revendication territoriale est contraire à l’origine du nom et à sa situation géographique,donc un mensonge. Toutefois la question qui mérité d’être posée est : Mais libérer qui, exactement, et au nom de qui ?

Alors au nom de quel principe démocratique et idéologie politique une poignée d’individus issue d’une minorité ethnique peut-elle revendiquer la souveraineté sur des terres où elle ne constitue pas la majorité ?

Je suis Malien originaire de la Région de Gao. Gao était la capitale du Grand Empire Songhoy, c'est ma ville, c'est la terre de mes ancêtres. On me dit que je devrais l'abandonner à un mouvement séparatiste qui ne représente pas ma communauté, qui ne parle pas en mon nom, et qui s'est allié avec des terroristes d'Al-Qaïda pour mener son offensive ? Et les grandes agences de presse acceptent qu'ils parlent au nom de «tout le nord du Mali» ? De quel droit ?

Les médias «mainstream » dans leurs narratifs veulent nous réduire au silence. Je dirais non, car mon silence serait coupable et complice devant l’histoire. Le porte-parole a par ailleurs confirmé, sans s'en cacher, que le FLA avait maintenu des contacts avec la France et entretenu de «bonnes relations» avec elle, alors même que la France a officiellement quitté le Sahel et n'est plus présente militairement au Mali. Cette déclaration mérite d'être creusée.


Dans quel cadre ces relations ont-elles été maintenues ? Par quels canaux ? À l'initiative de qui ? Si des représentants de l'État français entretenaient des liens avec un mouvement armé allié à une organisation qu'ils reconnaissent eux-mêmes comme terroriste, ne serait-ce pas une forme d'ingérence caractérisée dans les affaires intérieures d'un État souverain en violation flagrante du principe de non-ingérence consacré par l'article 2 de la Charte des Nations Unies ?

Enfin, soyons honnêtes : cette crise se réglera par les voies décidées par les autorités maliennes et le peuple malien. Et cela personne de sérieux ne le conteste. Mais justement, la solution digne de ce nom ne peut pas se construire avec des groupes séparatistes alliés des groupes terroristes dont le JNIM/Al-Qaïda, où les populations du Mali (songhay, peulh et Bambara, Bozo, dogon, sarakolé, sénoufo, etc..) sont absentes, et où la légitimité est accordée par une certaine agence de presse depuis Paris. La politique, ce n'est pas offrir un micro à qui tire le mieux.

Accorder une tribune à ce porte-parole aujourd'hui (qui ne représente pas les Touaregs du Mali), c'est précisément tuer les conditions d'une paix juste. C'est dire aux millions de Maliens et particulièrement ceux du nord qui ne sont ni Touaregs (au sens de ce porte- parole), ni séparatistes qu'ils ne comptent pas. C'est dire aux familles des 58 soldats français que leur deuil est négociable. Et c'est dire, en creux, que la lutte contre le terrorisme est à géométrie variable selon les intérêts du moment. Et c’est enfin dire, aux milliers de victimes et leurs familles que leur vie ne compte pas et que le droit international ne s’applique lorsqu’il s’agit d’eux.

Je refuse cette logique. Nous la refusons. Le Mali vivra.

Dr Almouner TALIBO, Médecin

NB : au moment où nous terminons la rédaction de notre droit de réponse, la vidéo de l’interview n’est plus disponible sur le compte X de l’AFP. Toutefois elle est disponible sur YouTube.

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