Réuni en Conseil des ministres, vendredi 9 octobre 2026, sous la présidence du général Abdourahamane Tiani, le gouvernement a assuré qu’aucune action ne sera entreprise pour « aggraver le coût de la vie des populations», dont il a d’ailleurs tenu à saluer « la résilience face aux difficultés» Pour
les autorités de la Refondation, les retombées de l’exploitation des ressources
naturelles doivent «servir exclusivement les intérêts du peuple nigérien» et le
Chef de l’État a réaffirmé que «les richesses du pays doivent d’abord servir le
peuple». À travers cette décision, qui a constitué un véritable ouf de
soulagement pour les populations, le gouvernement nigérien rejette ainsi la
proposition d’une « hausse raisonnable» des prix du carburant, formulée par les
membres du Conseil consultatif de la Refondation (CCR), qui fait office de
parlement de la transition. Un avis sollicité par le président de la
République, qui a provoqué un véritable début de grogne sociale, désormais
éteinte par l’objection défavorable du gouvernement.
C’est
une véritable douche froide pour les parlementaires de la Refondation avec le
rejet de leur proposition au gouvernement de rehausser les prix à la pompe des
hydrocarbures pour faire face aux difficultés actuelles que traverse le pays,
avec les perturbations qui affectent les circuits d’approvisionnement du marché
national.
À
l’issue du Conseil des ministres du vendredi 9 octobre 2026, le gouvernement
nigérien a assuré qu’aucune hausse des prix à la pompe des hydrocarbures n’est
envisagée, comme le redoutaient les populations et surtout les consommateurs
depuis l’annonce de l’avis du Conseil consultatif de la Refondation (CCR).
Selon le communiqué publié à l’issue du Conseil, qui s’est penché sur la
sécurisation de l’approvisionnement en produits pétroliers, le gouvernement dit
avoir relevé que les perturbations observées dans la filière résultent «de
contraintes structurelles et de gouvernance affectant les différentes étapes de
la chaîne de production, de transport et de distribution». Pour le
gouvernement, «les circuits informels et les pratiques frauduleuses contribuent
à entretenir les pénuries et la hausse des prix des produits pétroliers».
«Convaincu que les retombées de l’exploitation des ressources naturelles
doivent servir exclusivement les intérêts du peuple nigérien, le gouvernement a
réaffirmé que, sous les hautes directives du Chef de l’État, aucune action ne
sera entreprise pour aggraver le coût de la vie des populations, dont il a
salué la résilience face aux difficultés», lit-on dans les conclusions du
Conseil des ministres publiées vendredi dans la soirée par le Secrétariat
général du gouvernement (SGG). Rappelant que, sur instructions du président de
la République, le prix du litre de super à la pompe a été ramené de 540 à 499
Fcfa, tandis que celui du gasoil est passé de 668 à 618 Fcfa, le gouvernement a
indiqué qu’à travers cette mesure, effective depuis 2024, il s’agit d’assurer
«une redistribution de la richesse au profit de toutes les catégories
sociales».
Pour
remédier à la situation actuelle, le gouvernement a annoncé qu’un comité
technique avait été mis en place afin d’identifier les obstacles à différents
niveaux de la chaîne pétrolière et de proposer les mesures correctives
appropriées. Parallèlement, des instructions ont été données aux forces de
contrôle pour « traquer et poursuivre les auteurs, coauteurs et complices des
opérations de fraude organisées au détriment du peuple nigérien». Le
gouvernement a, par ailleurs, réaffirmé sa ferme détermination à garantir un
approvisionnement régulier du pays en produits pétroliers.
Cette
décision du gouvernement a été largement appréciée par les populations, comme
en témoignent les premières réactions qui ont suivi son annonce. Il faut dire
que, depuis quelques jours, la polémique a pris une tournure virant à la grogne
sociale après les recommandations formulées par les conseillers de la
Refondation (CCR), à l’issue de leur première session extraordinaire tenue les
5 et 6 octobre 2026. Sollicités par le président de la République pour donner
leur avis, les parlementaires de la transition ont proposé au gouvernement de
revoir à la hausse les prix du carburant à la pompe afin de réduire le poids
des subventions sur les finances publiques.
Le
rapporteur général du CCR, Abdou Moustapha, avait présenté cette recommandation
comme une réponse à la crise d’approvisionnement et aux pertes supportées par
l’État pour maintenir les prix actuels. Les parlementaires étaient depuis lors
dans une posture de justification face au tollé que cette proposition a
engendré au sein de l’opinion.
Source : actuniger
Rédaction Lessor
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