Les populations riveraines du fleuve dans le Cercle de Gourma Rharous se souviennent encore de cette barbarie d’une rare violence qui a fait plusieurs morts civils et militaires
7 septembre 2023-7 septembre 2024. Voici, un an
déjà que le bateau Tombouctou de la Compagnie malienne de navigation fluviale
(Comanaf) avait été victime d’une attaque terroriste, d’une rare violence,
faisant plus d’une centaine de morts (civils et militaires), de nombreux
blessés et laissant beaucoup de séquelles psychologiques.
Les populations
de la bande du fleuve du Cercle de Gourma Rharous, et particulièrement celles
des Commune de Banikane, où avait eu lieu le drame et de Rharous où les
rescapés ont été accueillis, se souviennent de cette sombre journée qui a
endeuillé des familles et l’ensemble des Maliens. Cette attaque lâche et
barbare et son chapelet de drames humains continuent de hanter les
esprits.
Un
enseignant à la retraite fait partie des victimes de cette attaque lâche et
barbare des terroristes. Aujourd’hui, sa fille porte toujours le deuil.
«Jusqu’à mon dernier souffle, je n’oublierai jamais cette journée où mon père
est décédé dans des conditions atroces, victime de la barbarie humaine, sans
avoir eu le temps de nous dire adieu. Il est présent à chaque instant dans mon
esprit et mon cœur ne pourra jamais se défaire de cette lancinante douleur»,
dit-elle.
Son témoignage est interrompu par un long sanglot, suivi de chaudes
larmes. A.T, lui, est commerçant de son état. Il était allé se ravitailler en
marchandises à Gao et revenait par le bateau quand l’attaque s’est produite.
Les yeux perdus dans le vague, il témoigne : «Les passagers étaient à mille
lieues de s’imaginer une attaque, quand le ciel nous est tombé sur la
tête.»
Le bateau est une entité grouillante de vie et à bord, chacun s’occupe de ses activités ou se repose, le temps d’arriver à destination. A.T poursuit son témoignage : «J’étais là à siroter du thé et à deviser avec des compagnons de voyage, quand une détonation sourde retentit, semblable à un violent coup de tonnerre. Le bateau tangue dangereusement. Le temps s’est comme figé. Puis, soudain, les portes de l’enfer s’ouvrent. De tous les côtés, les armes crachent la mort. Le bateau tangue de toutes parts, sous l’impact des projectiles.»
RIPOSTE
ÉNERGIQUE- Les éléments des Forces armées maliennes (FAMa) qui escortent le
bateau, ripostent énergiquement. C’est la panique totale à bord, se soutient
A.T. «Le sauve-qui-peut s’empare des passagers. Certains sautent à l’eau. D’autres
s’enferment dans leurs chambres, bientôt prises par un incendie général. Tout
crame à bord. Ce spectacle macabre est ponctué par les cris des enfants et des
femmes qui implorent secours. En face du lieu du drame, les habitants lancent
leurs pirogues sur le fleuve, pour porter assistance à ceux qui se débattent
dans les eaux, cherchant à fuir cet enfer flottant.
Un
spectacle à fendre l’âme». Sur ces mots, le regard de notre témoin s’embue de
larmes et il tourne le dos pour s’en aller, incapable de terminer son récit et
comme s’il cherche à fuir ce cauchemar. Des témoignages du genre
foisonnent et leurs auteurs partent toujours avant de finir de raconter leurs
histoires, comme pour exorciser, ce jour tragique. «Ce douloureux souvenir
restera gravé dans les mémoires pour l’éternité et sera inscrit en lettres de
feu, dans les annales de l’histoire de la lutte contre le terrorisme dans notre
pays», conclut un édile de la Commune de Rharous.
Il faut rappeler que la plupart des blessés ont été transportés par l’Armée à Gao pour recevoir les soins appropriés. Tandis que les rescapés ont dû patienter des semaines dans la ville de Rharous avant d’arriver à destination. Ils ont bénéficié de la grande solidarité de la population et des autorités locales, des organisations humanitaires et d’autres bonnes volontés à travers le pays.
Mohamed GAKOU / AMAP - Gourma Rharous
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