Présidée par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, cette cérémonie marque le coup d'envoi de trois chantiers fondamentaux destinés à porter l'édification du Mali Kura, plaçant l'engagement civique, la protection des plus vulnérables et l'apaisement du climat social au centre des priorités nationales. C’était en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre d’État, ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Général de corps d’armée Ismaël Wagué, et le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou.
Le premier de ces grands chantiers s'attaque directement à la source même du renouveau démocratique et institutionnel en consacrant la mobilisation pour l'engagement citoyen. Convaincu que la refondation ne saurait se limiter aux sphères administratives de décision, le gouvernement entend essaimer la conscience patriotique dans chaque village, quartier et établissement scolaire à travers une stratégie nationale dédiée. S'appuyant sur des valeurs cardinales profondément ancrées dans l'histoire et la culture maliennes, ce dispositif vise à transformer l'habitant en acteur conscient et responsable, capable de porter le flambeau du civisme au quotidien et de participer activement à l'effort collectif de redressement national.
Dans la même dynamique d'un humanisme retrouvé, le second chantier s'attaque à une plaie profonde qui mine la conscience collective : la mendicité des enfants. Enclenchant la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre ce phénomène, le Chef du gouvernement a rappelé avec fermeté que la rue ne saurait constituer ni une fatalité religieuse ni une destination culturelle pour la jeunesse malienne. Le Général de division Abdoulaye Maïga a souligné que l'approche voulue par l'État se veut résolument protectrice et structurelle plutôt que purement répressive. Pour lui, il s'agit d'accompagner les familles, de structurer l'action des maîtres coraniques et d'offrir à chaque enfant l'accès inaliénable à l’éducation et à la dignité, posant ainsi les jalons d'une insertion socio-économique durable et équitable.
Enfin, le troisième volet de cette vaste ambition touche à la paix des cœurs et des esprits, un impératif vital sur une terre de dialogue et de foi telle que le Mali. Face aux dérives constatées sur les réseaux sociaux et dans l'espace public, où la parole irresponsable menace parfois la cohésion séculaire entre communautés, le Premier ministre a appelé à un sursaut général de responsabilité. Il a fait savoir que le comité de réflexion, fraîchement installé pour prévenir les troubles dans l'espace religieux, aura pour noble mission d'harmoniser les pratiques, de réguler les prêches et de barrer la route à l'extrémisme violent. Pour le patron de l’Administration malienne, la diversité des croyances, loin de constituer un facteur de division, est ainsi réaffirmée comme un ciment précieux de fraternité et de tolérance.
En paraphant l'installation officielle des différents comités de pilotage et de réflexion au nom du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, le Chef du gouvernement a rappelé que ces initiatives ne relèvent pas de simples programmes administratifs figés, mais constituent l'ossature morale d'un projet de société profondément humain. Appelant l'ensemble des citoyens à se muer en sentinelles vigilantes de la concorde, le Général de division Abdoulaye Maïga en appelle à la résilience légendaire du peuple malien pour tourner définitivement la page des divisions. Pour lui, c'est à travers cette alliance indéfectible entre civisme, paix spirituelle et respect de la dignité humaine que s'écriront les plus belles pages du Mali Kura pour les vingt-cinq prochaines années.
Souleymane SIDIBE
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