Le gouverneur de la Région de Kayes, le Général de brigade Moussa Soumaré, présidant les travaux
Le Mali et ses voisins (Mauritanie et Sénégal) ambitionnent de forger le socle d’une paix durable et d’une prospérité partagée, grâce à l’appui du Système des Nations-unies. Pour y arriver, ces trois pays ont, en partenariat avec le Fonds des Nations-unies pour l’enfance (Unicef) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), procédé le 19 Janvier dernier à Nouakchott, capitale de la Mauritanie, au lancement d’un projet transfrontalier dénommé «Investissement transfrontalier autour de la gestion de l’eau, de la sécurité climatique et de la consolidation de la paix dans les espaces frontaliers de la Mauritanie, du Mali et du Sénégal». Ledit projet a été lancé à Kayes lundi dernier, lors d’un atelier présidé par le gouverneur de la Région de Kayes, le général de brigade Moussa Soumaré. C’était en présence du président du Conseil régional de Kayes, Bandiougou Diawara.
Ce projet est financé par le Fonds pour la consolidation de la paix (PBF) à environ 4 milliards de Fcfa pour les trois pays dont plus de 1,38 milliard de Fcfa pour notre pays. Selon un communiqué de presse de l’Unicef transmis à notre rédaction, le projet cible les zones frontalières exposées à des vulnérabilités multidimensionnelles liées au changement climatique et à la raréfaction des ressources des ressources en eau dans les Régions de Guidimakha, Gorgol, Assaba et Hodh El-Gharbi (Mauritanie), Kayes et Nioro (Mali), Tambacounda, Matam et Kédougou (Sénégal). Il bénéficiera directement à plus de 151.000 personnes, y compris des femmes, des enfants, des jeunes et des populations transhumantes et indirectement à plus de 535.000 personnes vivant dans ces trois pays.
Les acteurs de ce projet prévoient des actions comme la construction et la réhabilitation d’infrastructures hydrauliques résilientes, le renforcement des mécanismes communautaires de prévention et de gestion des conflits liés à l’accès à l’eau, ainsi que la mise en place et le renforcement de systèmes d’alerte précoce, afin d’anticiper les chocs climatiques. Cette initiative vise à faire de la gestion de l’eau un levier stratégique de coopération, de paix et de résilience climatique dans les zones frontalières des trois pays.
«Ces régions sont confrontées à des défis structurels comme le changement climatique, la raréfaction des ressources hydriques et les tensions liées à l’orpaillage artisanal qui peuvent compromettre la stabilité et la cohésion sociale», a déclaré le général de brigade, Moussa Soumaré. Il a attiré l’attention des participants sur le fait que les femmes, les jeunes et les populations mobiles (éleveurs transhumants, déplacés internes) soient particulièrement vulnérables, souvent exclus des mêmes cadres décisionnels alors qu’ils sont directement concernés par la gestion des ressources et par la paix sociale. «Il s’agit, avant tout, d’un engagement pour la dignité humaine, de sécuriser l’accès à l’eau potable, d’améliorer la santé, de promouvoir une résilience durable et inclusive et de renforcer la cohésion sociale entre nos nations», a-t-il souligné.
De son côté, le représentant du Secrétariat du Fonds des Nations-unies pour la consolidation de la paix, Kissima Sylla, assure que ce projet contribuera à l’atteinte des objectifs de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033) et des Objectifs de développement durable (ODD). «Nous sommes réunis aujourd’hui à Kayes afin d’assurer l’appropriation locale. Cette étape traduit notre volonté commune de transformer les orientations stratégiques en priorités opérationnelles adaptées aux réalités du terrain, en appui aux autorités administratives, techniques et économiques de la région», a expliqué Isack Dolo, Chef par intérim du Bureau de zone de l’Unicef à Kayes.
Le représentant de l’OIM, Tiécoro Samson Koné, s’est, pour sa part, réjoui de ces échanges qui permettront, selon lui, de relever de nouveaux défis qui fragilisent davantage des communautés déjà marquées par la pauvreté, le chômage des jeunes et la migration irrégulière.
Bandé Moussa SISSOKO / AMAP - Kayes
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