Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques persistantes et une reprise économique mondiale encore fragile, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) a poursuivi son évolution en 2024. Présenté hier à Bamako par le président de la Commission de l’Uemoa, Abdoulaye Diop, le rapport annuel 2024 sur le fonctionnement et l’évolution de l’Union dresse un bilan détaillé des performances économiques et financières de ses États membres.
La cérémonie s’est déroulée en présence du président par intérim du Comité interparlementaire (CIP) de l’Uemoa, l’honorable Fononna Cheick Ahmed Coulibaly, du représentant du Conseil national de Transition, Hamèye Founé Mahalmadane, ainsi que des membres du CIP-Uemoa.
Cette présentation s’inscrit dans la tradition de dialogue entre les membres du CIP et la délégation de la Commission de l’Uemoa et intervient dans le cadre de la 55ᵉ session ordinaire du CIP-UEMOA, qui se tient du 10 au 21 mars à Bamako.
Malgré les défis liés à l’inflation, à l’endettement et aux fluctuations des échanges extérieurs, l’Uemoa affiche une croissance robuste, portée par la résilience de ses secteurs d’activité. Ce rapport met en lumière les avancées réalisées, les défis à relever et les perspectives pour l’année 2025.
Selon le rapport de 52 pages, la croissance économique de l’Union se situerait à 6,2 % en 2024, contre 5,3 % en 2023, grâce aux bonnes performances de l’ensemble des secteurs d’activité.
Par pays, le taux de croissance en 2024 est de 6,7 % pour le Bénin, 5,0 % pour le Burkina Faso, 6,1 % pour la Côte d’Ivoire, 5,1 % pour la Guinée-Bissau, 4,9 % pour le Mali, 8,8 % pour le Niger, 6,7 % pour le Sénégal et 6,3 % pour le Togo. Toujours selon le document, l’exécution des budgets des États membres en 2024 se solderait par une réduction du déficit budgétaire global de l’Union à 5,3 % du PIB, contre 5,9 % en 2023. Hors dons, ce déficit serait de 6,2 % du PIB, contre 7,0 % en 2023. Cette réduction du déficit s’expliquerait par une hausse des recettes publiques plus importantes que celle des dépenses.
Le rapport précise que le taux d’endettement s’établirait à 60,3 % en 2024, contre 59,7 % en 2023, soit une progression de 0,6 point de pourcentage. Sur le plan des échanges extérieurs, le solde global de la balance des paiements afficherait un excédent de 111,7 milliards de Fcfa, contre un déficit de 3.530,4 milliards de Fcfa enregistré en 2023. Cette amélioration résulterait notamment de la réduction du déficit du compte courant, qui devrait s’améliorer de 3,3 points par rapport à 2023, pour s’établir à 6,3 % du PIB.
En outre, les réserves couvriraient 3,6 mois d’importations de biens et services en 2024. Concernant la situation monétaire, le rapport indique que la masse monétaire enregistrerait une hausse de 7,7 % en 2024, contre 3,5 % en 2023, sous l’effet d’une progression de 9,7 % des Actifs extérieurs nets (AEN), en lien avec l’amélioration des comptes extérieurs de l’Uemoa. «C’est dans ce contexte économique que les organes de l’Uemoa ont conduit les chantiers communautaires en 2024, conformément à leurs mandats et aux orientations de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement», a déclaré le président de la Commission de l’Uemoa.
NETTE AMÉLIORATION- Au terme de l’exercice budgétaire 2024, Abdoulaye Diop a précisé que les performances sont en nette amélioration par rapport à 2023. Le taux d’exécution financière du budget de l’Union est estimé à 86,90 % en 2024, contre 78,39 % en 2023, soit une hausse de 8,51 points de pourcentage. Le taux d’exécution physique atteint 89,97 %, contre 84,70 % en 2023, soit une augmentation de 5,27 points de pourcentage.
Selon lui, ces résultats sont le fruit du dynamisme des économies nationales et de la résilience des États membres, malgré un environnement international difficile. Il a salué l’engagement soutenu de la Commission de l’Uemoa, en parfaite synergie avec l’ensemble des organes et institutions spécialisées de l’Union, ainsi que l’implication des États membres dans le processus d’intégration régionale.
Cependant, des défis demeurent. Parmi les principales difficultés, le patron de la Commission de l’Uemoa a souligné l’incertitude liée à la crise russo-ukrainienne et son impact sur les prix des produits de première nécessité. À cela, s’ajoutent les menaces sécuritaires et les crises sociopolitiques auxquelles certains États membres de l’Union font aujourd’hui face. Pour 2025, Abdoulaye Diop prévoit une poursuite du dynamisme économique, avec une croissance de 6,8 %. Le taux d’inflation moyen de l’Union serait d’environ 3,0 %, grâce à la bonne tenue de la production agricole.
Le déficit budgétaire global reculerait à 3,7 % du PIB, après 5,3 % en 2024. Le taux d’endettement ressortirait à 59,4 %, contre 60,3 % en 2024. Les échanges extérieurs dégageraient un excédent de 1.672,2 milliards de Fcfa, en raison à l’entrée en production de nouvelles unités gazières et pétrolières. «Ces résultats dépendront, principalement, de l’évolution du contexte mondial actuel et des efforts de recouvrement des ressources intérieures ainsi que de l’amélioration du cadre de gestion des finances publiques», a-t-il confié.
En ce qui concerne les interventions des organes de l’Union en 2025, le budget 2025 de l’Union a été élaboré sous l’hypothèse de la poursuite du dynamisme de l’activité économique au sein de l’Union avec un taux de croissance estimé à 6,8% mais aussi sous celle d’une amélioration du contexte politique et d’un retour à la normale des reversements du Prélèvement Communautaire de Solidarité par les États membres. Un élément clé de l’année 2025 sera le lancement du nouveau Plan stratégique 2025-2030, baptisé «Impact 2030».
Le président de la Commission de l’Uemoa a exprimé sa reconnaissance envers le président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, pour son engagement et son appui constant au processus d’intégration régionale. Il a également adressé ses remerciements aux membres du CIP-Uemoa pour leur implication dans le suivi des actions menées par la Commission et les autres organes de l’Union.
Amadou GUEGUERE
Dans les lignes qui suivent, la 5è vice-présidente du Conseil national de Transition (CNT) évoque le rôle des femmes parlementaires dans le processus de refondation en cours dans notre pays. Mme Diarra Racky Talla revient également sur l’application de la loi 052 depuis le début du processus.
La diplomatie proactive adoptée par les autorités de la Transition se fait avec une pleine implication des femmes. Le poste stratégique du Conseiller diplomatique du Chef de l’État est aujourd’hui occupé par une femme et quatre autres dames sont à des postes d'ambassadeur à l'étranger. S.
Il s’agit notamment des progrès dans l’application de la loi 052 relative à la promotion du genre dans les fonctions nominatives et électives, et de la promulgation du Code de procédure pénale dont l’application correcte pourrait contribuer à réduire certaines injustices.
A l’instar des autres pays à travers le monde, le Mali célèbre la Journée internationale de la femme, le dimanche prochain. C’est dans cette mouvance de célébration du 8 mars que la présidente de la Coordination des associations et ONG féminines du Mali (Cafo), Mme Kouyaté Goundo Sissok.
Dans la mise en œuvre de la vision refondatrice du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, les femmes se présentent comme des modèles incontournables. Elles incarnent la mémoire vivante du pays et la résilience du foyer face aux changements socio-politiques..
Dans cette interview, l’écrivaine Fatoumata Keïta évoque les grandes avancées du processus de refondation, déclenché par les autorités du pays. La figure emblématique de la littérature malienne met en lumière, le rôle crucial des femmes et dénonce les obstacles qui freinent leur Ã.