Beaucoup
de femme excellent dans le domaine du commerce au Mali
De
nombreuses femmes ont choisi de travailler dur pour ne pas dépendre totalement
du pouvoir d’achat de leurs époux. Dans cette quête d’autonomisation
financière, ces battantes ont décidé de conquérir presque tous les
secteurs : commerce, teinture, agro-business, restauration, agriculture,
voire élevage. L’essentiel pour elles, c’est d’assurer leur indépendance et
refuser de tendre la sébile. Pour y arriver, elles bravent pluies, froid, vents
et ténèbres.
Un lundi
matin, aux environs de 5 heures, Fatoumata Diarra se tenait débout au bord de
la route à Kati dans l’attente d’un mini
bus Sotrama pour se rendre au marché de Médina coura, communément appelé
«Sougouni koura». Elle y va pour s’approvisionner en légumes et les revendre au
Grand marché de Kati.
Du haut de
ses 50 ans, celle qui est communément appelée Fana exerce cette activité depuis
15 ans. Selon elle, son mari qui est ouvrier arrive difficilement à faire face
aux charges quotidiennes. Pour l’aider à payer les frais de scolarité des
enfants, voire contribuer à la popote, elle vend des légumes.
Nous
l’avons suivie jusqu’au marché de «Sougounikoura» où elle a décidé d’acheter 4
paniers de tomates. Sur place, elle n’aura finalement que deux après une grande
détermination. «Pour avoir ce qu’on veut dans ce marché, il faut être dynamique
et coriace pour affronter les bousculades, les insultes et les bagarres»,
informe Fana Diarra. Sur le même site, Alimata Diakité écaille des poissons
frais. Mère de trois enfants, cette autre femme s’est fixée comme objectif,
depuis la première année de son mariage, de ne jamais tendre la main à son mari
pour satisfaire ses propres besoins. Elle dit éviter les remontrances de ce
dernier.
RECOURS
AUX TONTINES- Alimata Diakité dispose de trois grands congélateurs pour la
conservation des poissons. Dans son magasin, elle vend également des oignons en
gros. À Kati Malibougou, Kadiatou Coulibaly s’est lancée dans la production de
savon liquide qu’elle conditionne dans des bidons. «Le matin, après les travaux
ménagers, je peux produire une quantité de savon liquide équivalant au contenu
de plus de 40 bidons. Dans l’après-midi, je fais le porte à porte pour vendre.
Ainsi, je peux faire par jour un bénéfice de 3.000 Fcfa ou plus »,
explique-t-elle.
Pour mieux
économiser, Kadiatou Coulibaly a adhéré à une tontine de 4 personnes. Elle y
verse 20.000 Fcfa par semaine. Ainsi à la fin du mois, elle parvient à
économiser 80.000 Fcfa. L’entrepreneure confie que grâce à cette épargne, elle
va commencer bientôt la construction de sa maison sur une parcelle qu’elle a
achetée.
Dans le
domaine de l’élevage, les femmes investissent de plus en plus. L’une d’elle,
Sabine Camara, habite à Magnambougou en Commune VI du District de Bamako. Sur le toit de sa maison, elle élève des
poules de différentes races (locales et métissées). Elle s’en tire à bon
compte, se frotte même les mains pendant les fêtes. Cette activité lui permet
de subvenir à ses besoins, d’aider ses parents au village. Mais aussi de
financer les études de coupe et couture de sa petite sœur.
Au Grand
marché de Bamako, Korotoumou Diallo s’en sort avec la vente de basin et des
accessoires de parures de femmes. Elle explique suivre les traces de sa mère
qui, selon elle, travaille depuis l’âge de 13 ans pour être autonome. «Je me
suis lancée dans la teinture de basin», dit-elle. Aujourd’hui, elle est mariée
et a ouvert un compte d’épargne dans une banque de la place, grâce à cette
activité.
Ces braves
dames sont aussi dans le secteur de la restauration. Mariam Doumbia s’est fait
une place dans l’ombre dans cette activité. Elle travaille de 5 à 22 heures au
bord d’une route à Samè en Commune III.
Le matin,
elle vend du sandwich, des frites et la banane plantain frite (alloco)
accompagnés de pain. À midi, elle prépare du riz au gras et le soir, elle fait
des pattes, du haricot et l’attiéké. «J’ai commencé ce travail avec une somme
de 25.000 Fcfa. Chaque jour, je gagne au moins 10.000 Fcfa de bénéfice»,
révèle-t-elle. Elle a décidé comme Kadiatou Coulibaly d’économiser cette somme
à travers une tontine qui regroupe 10 femmes dont la retombée mensuelle s’élève
à 100.000 Fcfa pour chaque membre. Elle a une philosophie toute faite : la
famille reste l’affaire de tous. «La femme ne doit pas laisser l’homme prendre
en charge toutes les dépenses», souligne-t-elle, avant d’évoquer la nécessité
pour une femme d’être autonome.
Dans le domaine de l’agriculture, les femmes sont aussi engagées. Pour la présidente de la Fédération nationale des femmes rurales, Mme Niakaté Goundo Kamissoko, tant que les moyens sont mis à leur disposition pour faire l’agriculture et le maraîchage, la sécurité alimentaire sera assurée ainsi que leur autonomisation financière.
Anne Marie KEITA
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