Les officiels ont visité les stands des participants
La 5è édition du Salon des médias au Mali (SAM
Mali) a ouvert ses portes, hier au Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ.
Placée sous le thème «Professionnalisme des médias sociaux, viabilité
économique des médias», la rencontre, prévue du 5 au 8 novembre, réunit des professionnels de
l’information, des responsables d’institutions, des partenaires et des
délégations venues de plusieurs pays.
Le monde des médias est confronté à de profondes
mutations, sous l’effet de la transformation numérique et de l’évolution des
modes de consommation de l’information. C’est dans ce contexte que se tient
cette cinquième édition du Salon des médias au Mali, initiée par de jeunes
journalistes pour offrir un cadre de réflexion, de partage d’expériences et de
coopération entre les acteurs du secteur.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre de
la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de
l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a mis l’accent sur la nécessité de
renforcer les entreprises de presse. Il a notamment relevé les difficultés
liées à la transformation des modèles publicitaires, à la captation des
recettes par les plateformes numériques et à l’augmentation des charges de
fonctionnement. Pour faire face à ces défis, il a préconisé la diversification
des ressources, l’innovation éditoriale, l’entrepreneuriat médiatique et une
meilleure rémunération des contenus dans l’environnement numérique.
Le ministre a également appelé à un dialogue entre
les pouvoirs publics, les médias, les annonceurs, les opérateurs du numérique
et les partenaires techniques et financiers. S’adressant particulièrement aux
jeunes journalistes et créateurs de contenus, il les a invités à mettre leur
influence au service de l’éducation, de la paix et du développement, plutôt que
de faire de la désinformation et des discours de haine des moyens de gagner en
popularité. Il a, par ailleurs, plaidé pour une coopération renforcée entre les
médias africains à travers les coproductions, les échanges de contenus et les
formations communes.
Parrain de cette édition, le ministre des Affaires
étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a salué
l’évolution du Salon et rappelé le rôle des médias dans la vie nationale et la
compréhension des enjeux internationaux. Dans un contexte géopolitique
complexe, il a souligné la complémentarité entre les médias et la diplomatie
dans la défense des intérêts du pays. Pour le chef de la diplomatie malienne,
l’information constitue désormais un enjeu de souveraineté, de sécurité, de
cohésion sociale et d’influence. Il a ainsi appelé les professionnels à
renforcer la vérification des faits et l’autorégulation face à la
désinformation, à la manipulation et à la propagande. Évoquant la communication
au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), il a cité notamment
Tafouk TV et Daandè Liptako comme des initiatives contribuant à la valorisation
des cultures, des langues et du patrimoine. Il a enfin souhaité un renforcement
de la coopération entre les institutions diplomatiques et les médias, notamment
dans les domaines de la formation et de la transformation numérique. Le
président de la Maison de la Presse du Mali, Bandiougou Danté, a également
insisté sur la responsabilité des acteurs de l’information. Il a invité les
utilisateurs des plateformes numériques à vérifier et à recouper les faits
avant toute publication. Il a aussi exhorté les médias traditionnels à
s’adapter aux nouvelles réalités pour préserver leur place et assurer leur
viabilité économique. La directrice de RT en français, Natalia Lebedeva, a,
pour sa part, évoqué les transformations du paysage informationnel et la
concurrence grandissante des réseaux sociaux et des créateurs de contenus.
Partenaire du Salon, son groupe participe aux échanges avec la présence de la
journaliste Daria Vaganova et de représentants de RT Academy. Ces derniers
partagent leur expérience avec les participants, notamment autour de la
vérification des informations diffusées sur les réseaux sociaux. La directrice
a également évoqué l’accord conclu en juillet 2026 entre RT et Tafouk TV, avant
d’encourager les professionnels à développer des approches communes en faveur
d’une information fiable, avec ce mot d’ordre : « Osez questionner ».
Présentant les grandes articulations de cette
édition, le président de la commission d’organisation, Issa Kaba Sidibé, a
indiqué que le programme comprend des espaces d’exposition destinés à valoriser
la diversité des médias maliens, ainsi que des panels consacrés à l’économie
des médias, aux lignes éditoriales et à la viabilité des entreprises de presse.
Une réflexion sera également consacrée à la construction d’un écosystème
médiatique autour du sport local en Afrique. Le programme prévoit, en outre, la
troisième édition de l’École du Salon, qui accueille 75 apprenants pour des
sessions de renforcement des capacités et des masterclass. Le ministre de
l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle
assure le parrainage de cette promotion. L’École de maintien de la paix Alioune
Blondin Bèye met ses locaux à disposition, tandis que des formateurs
interviennent bénévolement.
Autre temps fort, le retour de la Nuit des médias,
après deux éditions d’absence. Prévue le dimanche 8 novembre, cette cérémonie
entend rendre hommage aux acteurs souvent peu visibles de la chaîne de
production de l’information, notamment les cameramen, techniciens,
réalisateurs, monteurs et correcteurs. Le trophée Gaoussou Drabo distinguera
également un jeune talent du journalisme.Un hommage sera, par ailleurs, rendu à
Mahamane Hameye Cissé, décédé le 8 avril dernier. Prévu le samedi 7 novembre,
cet hommage se déroulera avec la participation de l’Association des éditeurs de
presse privée (ASSEP) et de l’Union nationale des journalistes du Mali
(UNAJOM).
Cette cinquième édition bénéficie de
l’accompagnement de partenaires institutionnels, techniques, financiers et
médiatiques, ainsi que d’organisations professionnelles, d’entreprises et
d’autres structures. Elle enregistre également la participation de délégations
du Burkina Faso, du Sénégal, de la Guinée, du Niger, du Togo, du Bénin et de la
Russie, aux côtés de représentants des différentes régions du Mali.
Au terme des quatre jours de travaux, les
organisateurs attendent des recommandations concrètes sur la formation, la
lutte contre la désinformation, la transformation numérique, la coopération
entre les médias africains et la viabilité économique des entreprises de
presse. Autant de défis qui interpellent l’ensemble des acteurs d’un secteur
dont le développement reste étroitement lié au professionnalisme et à la
qualité de l’information. La cérémonie a pris fin par la visite des stands.
Assitan KIMBIRY
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