Zones frontalières : UNE RIPOSTE CONCERTÉE CONTRE LES MENACES ET LES DÉFIS

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Le Premier ministre Boubou Cissé a procédé à l’ouverture des travaux

Des concertations de trois jours ont débuté hier à Sikasso. Les participants venus du Mali, du Burkina Faso et du Niger vont définir des stratégies communes pour faire face aux périls qui menacent la paix et la cohésion sociale

Nos frontières sont poreuses, faisant d’elles des zones exposées à l’insécurité et aux trafics en tout genre. L’on comprend donc aisément l’intérêt du gouvernement pour les « concertations sur la paix, la sécurité et le développement dans les zones frontalières » qui se tiennent depuis hier à Sikasso.
Le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, a effectué le déplacement dans la capitale du Kénédougou pour lancer ces concertations de trois jours qui regroupent élus locaux et autres acteurs venus du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Ces pays, qui ont en partage le Liptako-Gourma, entendent, dans une démarche concertée et holistique, prendre en charge les menaces et défis qui mettent en péril la paix et la cohésion sociale dans les zones frontalières. L’initiative de cette rencontre est de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), qui l’organise conjointement avec la Mission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel (Misahel) et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma). Outre le Premier ministre et les responsables de ces organisations, un parterre de personnalités avait également effectué le déplacement à Sikasso, dont Boubacar Alpha Bah, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation et Baber Gano, ministre en charge de l’Intégration africaine.
Lors de la cérémonie d’ouverture des travaux, les intervenants ont souligné l’urgence d’harmoniser et de densifier les efforts en faveur du développement économique et de la sécurité dans le Liptako-Gourma. Une zone de plus en plus terrorisée par la multiplicité des attaques et les trafics de tout genre. Mais au-delà des discours, il s’agit surtout d’être désormais concret, puisque la «gangrène est en train de se répandre et nul n’en sera épargné», prévient Kalfa Sanogo, le maire de Sikasso.

ÉCONOMIE CRIMINELLE – Pierre Buyoya, le chef de la Misahel, a surtout mis l’accent sur l’impérieuse nécessité de conjuguer les efforts, estimant qu’aucune «nation n’est capable seule de relever les défis liés à la sécurité et au développement».
Aussi, le patron de la Misahel s’est dit convaincu que les collectivités locales sont une échelle importante dans la résolution des problèmes de paix, de sécurité et de développement du fait de leur proximité avec les populations.
Autre piste pour faire face au défi sécuritaire ? Abdallah Boureima, président de la Commission de l’Uemoa, a préconisé la définition d’une stratégie pour prévenir les conflits dans notre sous région, y consolider la paix et lutter efficacement contre le terrorisme.
Ces concertations sont, selon lui, l’occasion de promouvoir une approche partagée et globale «visant à dégager les axes d’une action collective et solidaire». Il a aussi indiqué la pertinence «de placer les populations au cœur des stratégies de paix et de développement», avant de réitérer la disponibilité et l’engagement de l’Uemoa à contribuer aux espaces de dialogue et aux politiques de développement dans la zone.
«Il y a péril en la demeure», a concédé le Premier ministre dans son discours d’ouverture. Dr Boubou Cissé n’a pas manqué de dénoncer les ennemis de la paix qui tentent de saper les efforts de l’Uemoa et de l’Union africaine en matière d’intégration régionale et de développement socio-économique.
«Qu’il s’agisse de la zone des trois frontières du Liptako-Gourma, du Golfe de Guinée, du Bassin du lac Tchad ou de la corne de l’Afrique, la paix et la sécurité sont menacées partout», a-t-il déploré.
Selon le chef du gouvernement, le crime organisé et les trafics connexes se répandent à partir des espaces transfrontaliers avec le dessein lugubre d’y incruster une économie criminelle. Une situation qui exige des Etats une riposte coordonnée et adaptée à la dimension des enjeux et défis complexes que représentent ces menaces. Pour y arriver, Dr Boubou Cissé a prôné l’amélioration de la gouvernance publique et locale. Aussi, a-t-il soutenu, des efforts devront être faits pour dynamiser des mécanismes de coopération transfrontaliers voulus par nos Etats afin de mutualiser leurs capacités. C’est d’ailleurs de cette volonté que participe l’avènement de la Zone économique spéciale (ZES), regroupant les régions frontalières du «SKBo», c’est-à-dire de Sikasso, Korhogo et Bobo-Dioulasso.
Le Premier ministre a rassuré que l’engagement du Mali en faveur de la coopération frontalière ne faiblira pas et que son gouvernement souscrit à toutes les initiatives qui concourent au renforcement de la paix, de la sécurité et à l’épanouissement des populations.
Envoyé spécial
Issa DEMBÉLÉ

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