Tendance : Le Bogolan habille le monde

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Tissu hautement emblématique de la culture malienne, le bogolan est devenu au fil des ans une étoffe populaire utilisée comme vêtements, sacs, chaussures, bijoux et élément de décoration. Elle est loin l’époque où le bogolan servait uniquement de tenue de camouflage ainsi que de protection aux chasseurs et guérisseurs bambara. Avec ses motifs géométriques et graphiques, ses couleurs à la fois chaleureuses et sombres, il inspire aussi bien la mode que l’art de la décoration.

Tout un art pour un tissu authentique. Le bogolan est fabriqué selon une technique d’impression traditionnelle basée uniquement sur l’utilisation de produits naturels. C’est le coton 100% naturel qui sert de support textile. Ce dernier est tissé, à la main, en bandes avant d’être assemblé en un grand drap blanc. Commence alors la phase de coloration avec des teintures naturelles. Même le fixateur provient directement de la plante. Le tissu est plongé dans une décoction de feuilles d’arbre puis étalé au soleil pour sécher. Cette opération est répétée plusieurs fois pour obtenir une bonne coloration. Les différentes nuances colorées sont issues de minéraux et végétaux.

Le noir vient de l’argile tirée du marigot et fermenté plusieurs jours dans une jarre. Le blanc est une décoloration. Le marron clair provient d’une décoction d’écorces de néré, tandis que le marron foncé s’obtient en mélangeant l’argile et le n’galama’. L’association de ce dernier avec de la cendre donne l’ocre jaune. Quant au rouge bourgogne, il est le fruit de la décoction de l’écorce du raisin sauvage.

Une fois la couleur de base posée, les motifs sont dessinés à main levée sur le tissu, à l’aide de boue. C’est la réaction chimique lors de l’application de la boue sur le textile qui donne vie aux couleurs des graphiques. Le tout est alors étendu au soleil pour séchage, pour ensuite être rincé à l’eau. Le processus de trempage avec la boue est répété plusieurs fois en fonction de l’intensité souhaitée pour la coloration. Le résultat de cette longue et complexe procédure donne une étoffe assez épaisse, singulière et esthétique. Actuellement, cette production traditionnelle à tendance à laisser la place à une méthode industrialisée, pour obtenir des tissus plus souples et maniables.

Du Mali à la conquête du monde. Grâce au créateur malien Chris Seydou, dont c’était le tissu fétiche, le bogolan a conquis la planète. De Beyoncé à Michelle Obama, de Salif Keïta à Inna Modja, en passant par les podiums des Fashion Week de Paris, Milan, New York ou encore Londres, il s’invite chez ceux qui font la mode. Son esthétisme donne un style qui permet d’allier modernisme et tradition. Que ça soit en jupe, robe, veste, chaussures ou autres accessoires, il donne du caractère et magnifie tous ceux qui l’adoptent.

Le bogolan s’impose également comme un incontournable de la décoration. Il apporte une touche élégante, originale et ethnique qui dénote. Son design authentique séduit en mode coussin, plaid, tableau ou fauteuil solitaire.

Zena Traoré- Diakité
Fondatrice & Directrice de Kennyce
Consulting &Formation

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