Sommet de la CEDEAO à Abuja : La situation politique et sécuritaire domine les travaux

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Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation régionale ont salué
l’apaisement du climat politique dans notre pays et exprimé leur soutien aux États
membres aux prises avec les forces obscurantistes. Le dossier de la monnaie unique a également connu quelques avancées

Le président en exercice sortant de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), le président de la République fédérale du Nigeria, Muhammadu Buhari, a passé le témoin à son homologue nigérien Mahamadou Issoufou. Ce dernier présidera les destinées de l’organisation régionale pour un mandat d’un an. Cette cérémonie de passage de témoin a couronné les travaux de la 55è conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao qui se sont tenus le samedi 29 juin à Abuja, dans la capitale fédérale du Nigeria, sous la présidence du président Buhari.
Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a pris part aux travaux de cette conférence. Le chef de l’Etat était accompagné des ministres de l’Intégration africaine, Me Baber Gano, et de la ministre déléguée auprès du Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances, chargée du Budget, Mme Barry Aoua Sylla.
Les travaux de la conférence ont porté essentiellement sur la situation politique et sécuritaire dans l’espace et le rapport sur la création de la monnaie unique de la Cedeao. Sur la situation politique, les chefs d’Etat et de gouvernement ont pris connaissance des progrès enregistrés dans certains pays affectés par des tensions politiques, notamment au Nigeria, au Sénégal, au Bénin, au Togo, en Côte d’Ivoire, au Mali et en Guinée-Bissau. Le président de la Commission a félicité les présidents nigérian Muhammadu Buhari et sénégalais Macky Sall pour leurs réélections pour un second mandat. La conférence a, par ailleurs, relevé des progrès en ce qui concerne particulièrement la résolution de la crise politique malienne et a apprécié les efforts de médiation initiés par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, en vue d’apaiser le front politique et social, a expliqué le ministre de l’Intégration africaine Me Baber Gano.
La conférence a salué aussi la nomination d’un haut représentant pour les régions affectées par la crise, en la personne de l’ancien président Dioncounda Traoré et l’initiative de l’organisation d’un dialogue politique inclusif qui va dans le sens de l’apaisement du climat socio-politique. Sur le rapport relatif à la création de la future monnaie unique de la Cedeao, la conférence a instruit le comité de le peaufiner d’ici la fin de l’année. Ce rapport devra mettre en exergue les efforts à faire par les Etats membres afin d’harmoniser les règlements qui permettent d’ouvrir la voie à l’adoption d’une monnaie unique de la Cedeao à l’horizon 2020.
«Les pays qui seront prêts techniquement pourront enclencher le processus d’adoption de la monnaie et ceux qui ne le seront pas pourront prendre le train en marche, quand ils auront accompli toutes les démarches pour ce faire», a souligné Mme la ministre Barry Aoua Sylla.

COOPÉRATION EFFECTIVE – Sur le volet sécuritaire, la conférence a apporté son soutien appuyé aux efforts de l’Etat malien qui lutte inlassablement contre les forces obscurantistes qui, par leurs actions, sapent les efforts de développement et alimentent les conflits communautaires. Et notre pays n’est pas le seul dans cette lutte asymétrique. En effet, plusieurs Etats membres de la Cedeao subissent depuis quelques temps des attaques terroristes. La sous-région assiste à une augmentation des conflits intercommunautaires, dont l’une des causes est l’instrumentalisation des populations concernées par des groupes terroristes. Ces actes criminels ont fait des milliers de morts, de déplacés internes et refugiés. Ils ont provoqué en outre des destructions d’infrastructures socio-économiques. Le poids du financement de la lutte contre l’insécurité grandissante sur les budgets des Etats concernés a atteint des niveaux qui compromettent les équilibres financiers et le financement de l’économie nationale, a souligné le président de la Commission de la Cedeao. Jean-Claude Brou s’est réjoui ensuite de l’acceptation par le président du Burkina Faso d’abriter le prochain sommet de l’organisation dédié à la lutte contre le terrorisme.
Il a salué les importants sacrifices consentis par les Etats pour faire face au défi sécuritaire. «Ils sont plus que justifiés et méritoires, car le renforcement des systèmes de sécurité et de défense nationale grâce à des moyens suffisants, doublé d’une coopération effective, est le meilleur moyen d’éradiquer ce fléau dans nos frontières», a rappelé le président de la Commission.
Le président nigérian Muhammadu Buhari a exhorté ses homologues à concentrer leurs efforts pour garantir une stabilité durable et à promouvoir une coopération et une intégration régionales à travers la prise de décisions importantes au cours de ce sommet. Nul doute qu’il a été entendu, car les actes terroristes coupent le sommeil aux dirigeants des Etats touchés et augmentent l’inquiétude des populations, victimes innocentes de cette barbarie d’un autre âge.
Le Nigeria, qui est aussi confronté aux attaques incessantes des groupes terroristes, a pris la mesure de l’ampleur du phénomène. Ce qui explique l’organisation de la conférence de la Cedeao dans l’enceinte même du palais présidentiel en lieu et place de l’hôtel Transcorp Hilton qui était initialement réservé.

Moriba COULIBALY

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