Ségou : Une vente promotionnelle pour rendre le mouton accessible

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Avec cette opération exceptionnelle, on peut avoir un mouton à 50.000 Fcfa

Le département en charge de l’Elevage organise l’opération pour permettre aux éleveurs d’écouler leurs bêtes et aux acheteurs de sacrifier au rituel de la fête de Tabaski sans trop de tracas

La ministre de l’Elevage et de la Pêche, Mme Kané Rokia Maguiraga a présidé, mardi dernier, l’ouverture de la foire pastorale organisée par le Projet d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS) dans la cité des Balanzans. Cette foire pastorale est organisée dans le souci de poursuivre la décentralisation de la vente promotionnelle de moutons de Tabaski. Cette vente prévoit la mise sur le marché national de 31.300 têtes de moutons contre 30.200 en 2018, dans les capitales régionales et le district de Bamako. La foire se tient sur le terrain de sports du groupe scolaire Bandiougou Bouaré de Ségou.

Le représentant du maire de la Commune urbaine de Ségou, Aboubacar Sow, a exprimé sa joie quant à l’organisation d’un tel évènement d’une si grande importance. Il indiquera que sa joie est d’autant plus grande dans la mesure où cet évènement d’envergure est couplé au lancement de la vente promotionnelle de bétail couramment appelé opération tabaski. « Avec ces grandes rencontres des éleveurs, pasteurs et agro-pasteurs, je suis sûr que les populations de ma commune seront à l’abri d’un quelconque déficit de moutons en cette veille de Tabaski », a-t-il indiqué, ajoutant que ces deux évènements contribuent au développement économique de notre pays par l’augmentation des revenus des éleveurs, pasteurs et agropasteurs et par la même occasion, l’amélioration de leurs conditions de vie quand on sait la place qu’occupe le sous-secteur de l’élevage et du pastoralisme dans notre pays.

Dr Kané Rokia Maguiraga dira que l’édition de Ségou a pour objectifs, entre autres, d’augmenter les revenus des pasteurs et agro-pasteurs à travers la promotion et la commercialisation du bétail et des produits pastoraux et de faciliter l’accès au bétail sur pied et aux produits d’élevage par les consommateurs. Se prononçant sur l’édition de Ségou, la patronne du département de l’Élevage et de la Pêche a fait savoir que des stands sont aménagés pour les exposants de produits d’élevage et un espace d’exposition et de vente de petits ruminants équipés de mangeoires et d’abreuvoirs. Ce n’est pas tout, Dr Kané Rokia Maguiraga précisera qu’en plus des activités commerciales, cette foire est un cadre idéal pour les organisateurs d’informer et de sensibiliser les éleveurs sur l’importance de la vaccination contre la péripneumonie contagieuse bovine, la peste des petits ruminants et le rôle de la commission foncière dans la gestion des ressources naturelles.

Selon la ministre de l’Élevage et de la Pêche, l’objectif de l’opération vente promotionnelle des moutons à la veille de Tabaski est de soulager tant soit peu les consommateurs en les mettant en rapport avec les producteurs à travers l’approvisionnement des marchés en moutons. La foire a aussi pour objectif d’assurer un rapport qualité/coût très avantageux, la diminution de la spéculation qui crée la surenchère et l’acquisition des moutons de qualité par les populations à un coût relativement conforme à leur pouvoir d’achat.

Après la remise d’une écrémeuse aux femmes transformatrices de lait de Niono, Dr Kané Rokia Maguiraga a visité les différents stands pour les produits d’élevage et l’espace aménagé pour les animaux, dont le premier choix marqué au vert est compris entre 100 000 à 125 000, le second en jaune : 75 000 à 100 000 et le dernier en rouge : 50 000 à 75 000 Fcfa.

En marge de cette foire de vente promotionnelle des moutons, notre équipe de reportage a fait le tour de certains marchés à bétail de la cité des Balanzans. Le constat qui se dégage est que les marchés sont bien approvisionnés. Cependant, la clientèle dénonce la cherté du bélier qui est loin d’être accessible aux petites bourses. Dans un endroit relativement étroit, vivent, mangent, boivent et dorment plusieurs têtes de moutons. Nous avons rencontré Sidiki Diarra le propriétaire. Il estime que les affaires marchent un peu. « Il y a une faible affluence de la clientèle. Cela est dû aux difficultés économiques du pays », affirme-t-il.

Concernant les prix des moutons, Sidiki Diarra précisera qu’ils varient entre 50 000, 55 000, 100 000 jusqu’à 200 000 Fcfa. Il regrette l’absence des clients. Selon notre interlocuteur, certains attendent encore les derniers jours. Pourquoi ? De l’avis du marchand de bétail, il est difficile pour les clients de conserver un mouton et d’assurer son alimentation au quotidien. Il ajoutera que bon nombre de consommateurs préfèrent venir un jour avant la fête pour acheter le mouton afin de l’égorger le lendemain.

Mohamed Soumou propose un mouton du désert soudanais. La bête est l’objet de toutes les convoitises pour leur qualité et leur gabarit. Mais son prix n’est pas donné. Il faut débourser 300.000 Fcfa pour pouvoir l’immoler à la fête. Mohamed Soumou vend également la race de moutons Ladoum du Sénégal et la race tchadienne. Certains clients prennent un malin plaisir de photographier ces moutons impressionnants.

Au marché de bétail de Missira, la consternation se lit sur le visage de Baba Tangara. Assis sous un hangar, le vendeur de moutons déplore la rareté des clients. Pourtant, il dira que les prix sont abordables. «Je cède le plus petit à 55 000 et le plus gros à 100 000 Fcfa. Les raisons de la cherté du prix du mouton dans certains Garbal sont l’aliment bétail et la crise sécuritaire qui est de plus en plus contraignante», a-t-il confié. Baba Tangara invite les clients à venir s’approvisionner en moutons et de ne pas attendre les dernières minutes. Du côté des chefs de famille, c’est la course aux moutons.
Kalifa Nantoumé se plaint de la cherté des moutons qui ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Il pointe du doigt l’existence des intermédiaires ou coxeurs qui sont à l’origine de la hausse du prix du mouton. Son vœu le plus ardent est qu’il y ait des prix fixes pour permettre à chacun de disposer du précieux animal avant la célébration de la fête de Tabaski.

Pour Yaya Coulibaly, un autre chef de famille, l’acquisition d’un bon mouton, cette année, nécessite de gros moyens. « Malgré la conjoncture, nous essayons de faire de notre mieux », révèle-t-il. Ayant acheté son mouton la semaine dernière, il se dit réconforté. « J’ai pu acheter deux moutons. Le premier au prix de 65 000 et le second à 72 000 Fcfa. Cette semaine, le prix du mouton a fortement augmenté », signale-t-il. Pour sa part, Amadou Sangaré, agent dans une entreprise de la place, espère qu’avec l’ouverture de la foire pastorale, il pourra disposer d’un mouton pour la fête.

Mamadou Sy
AMAP-Ségou

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