Saison des pluies : Les précieux conseils agro-météorologiques de Mali-Météo

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La prévision saisonnière est une des meilleures stratégies d’adaptation à la variabilité pluviométrique et aux changements climatiques en Afrique de l’Ouest. Elle (la prévision saisonnière) est le fruit d’un consensus fait autour des sorties des modèles des grands Centres climatiques mondiaux et des connaissances sur la variabilité climatique au Mali. L’élaboration et la diffusion des informations sur la saison des pluies avant même le démarrage de celle-ci, permettrait aux agriculteurs, aux gestionnaires des ressources en eau, aux décideurs et à divers acteurs de faire des choix optimaux pour aborder la saison.

Pour les agriculteurs, il s’agit de faire des choix stratégiques par rapport aux variétés à mettre en place et aux investissements en main d’œuvre et intrants agricoles.

En ce qui concerne la saison pluvieuse en cours, précisément la période juillet-août-septembre, les caractéristiques agro-climatiques et les prévisions saisonnières indiquent une situation excédentaire dans le Sud et le Centre (les régions de Sikasso, Ségou, Mopti et la partie sud de la région de Kayes) ; alors que dans le reste du pays une situation normale est attendue.

D’une manière générale, la mousson 2019 sera caractérisée, selon l’Agence nationale de la météorologie du Mali, par des dates de début de saison précoces sur l’ensemble du pays ainsi que des dates de fin de saison tardives dans tout le pays excepté l’extrême Sud-ouest de la région de Kayes où elles seront normales. Sont attendues des périodes sèches de début de saison plus longues que celles habituellement observées sur la période de référence 1981-2010 sur l’ensemble du pays, excepté l’extrême Sud-ouest de la région de Kayes où elles seront normales. La mousson 2019 sera également caractérisée par des séquences sèches en fin de saison relativement courtes à l’est du pays et normales sur le reste du pays. L’on devrait s’attendre aussi à des écoulements sur les bassins des fleuves Sénégal et Niger, équivalents à supérieurs aux valeurs saisonnières.

GESTION RATIONNELLE- Mali-Météo précise que les déficits hydriques liés aux plus faibles cumuls pluviométriques dans certaines localités et aux séquences sèches plus longues attendues en début de saison sur presque tous les pays sahéliens, pourraient retarder la mise en place de la biomasse fourragère, entraîner des échecs de semis et affecter l’installation et la croissance des cultures. Ils pourraient aussi favoriser le développement d’insectes ravageurs des cultures.

Pour prévenir les risques liés à cette situation, Mali-Météo invite à privilégier les espèces et variétés résistantes au déficit hydrique ; à diversifier les activités génératrices de revenus et à promouvoir le maraîchage et l’agroforesterie pour pallier le déficit de production qui touche les zones exposées aux séquences sèches. Promouvoir l’irrigation tout en assurant une gestion rationnelle de la ressource en eau ; adopter des techniques culturales de conservation de l’eau, notamment sur les sols durs et mettre en place des aliments bétails pour anticiper sur le retard probable dans la mise en place des pâturages sont aussi des pratiques auxquelles Mali-Météo invite les producteurs.

Au regard des cumuls pluviométriques moyens ou supérieurs, attendus et des probabilités d’occurrence d’évènements pluvieux intenses, des inondations localisées pourraient être observées. Pour atténuer le risque sur les personnes, les animaux, les cultures et les biens matériels, Mali-Météo déconseille l’occupation anarchique des zones inondables (aussi bien pour les habitations que pour les cultures).

L’Agence nationale de la météorologie du Mali invite à suivre de près les seuils d’alerte dans les différents sites à haut risque d’inondation ; renforcer les capacités d’actions des agences de réduction des risques de catastrophe et opérationnaliser des systèmes intégrés de suivi et d’alerte précoce sur les risques d’inondation ; sensibiliser les populations des zones exposées aux risques d’inondation. Dans les zones urbaines, Mali-Météo recommande le curage des caniveaux pour faciliter l’évacuation des eaux de pluies.

Khalifa Diakité
L’ESSOR

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