Préoccupations des Maliens vivant en Mauritanie : Les assurances du Ministre Koïta

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Le ministre des Maliens de l’Extérieur, présent à Nouakchott à l’occasion de l’investiture du nouveau président mauritanien, Mohamed Ould Cheick Ghazouani, a échangé avec des Maliens vivant dans la capitale mauritanienne, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Objectifs : les écouter, recueillir leurs préoccupations, les informer de la situation du pays et des actions engagées pour une sortie de crise durable. Amadou Koïta avait à ses côtés le 1er conseiller de l’ambassade du Mali en Mauritanie, Boubacar Aroussamba Dicko, le président du Conseil supérieur de la diaspora malienne (CSDM), Boucadari Tiènta et le président du Conseil de base des Maliens de Mauritanie (CBMM), Issiaka Traoré.

Introduisant les débats qui s’annonçaient un peu tendus, le 1er conseiller a rappelé les instructions fermes données à tous les diplomates maliens de placer nos compatriotes de l’extérieur au centre de leurs préoccupations. Cela, conformément, selon lui, au projet de société du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta.

Le décor ainsi campé comme pour rassurer l’assistance, le président du CBMM a expliqué que nos compatriotes de Mauritanie sont confrontés à des difficultés, malgré les efforts louables accomplis par les pouvoirs publics. Au nombre de ces défis persistants, Issiaka Traoré a évoqué l’instauration en 2012 de la carte de séjour par les autorités de ce pays. Depuis, nos concitoyens sont victimes d’arrestation, de mauvais traitement et vivent dans une angoisse quasi permanente, a-t-il dit.
Issiaka Traoré a précisé ensuite que les Maliens accèdent maintenant facilement au précieux sésame, grâce à l’implication de nos autorités. Il a aussi salué l’implication des autorités ayant rendu possible l’accès des enfants des Maliens de Mauritanie aux différents examens nationaux de ce pays. Abondant dans le même sens, Boucadari Tienta a, pour sa part, déploré le fait que la carte de séjour qui coûte 50.000 Fcfa ne garantit pas l’accès à un travail. «Comment renouveler sa carte si l’on n’a pas un emploi ?», a-t-il questionné.

Intervenant dans les débats, des compatriotes ont déploré le faible taux d’enrôlement des Maliens vivant en Mauritanie, avant de formuler des griefs à l’encontre de certains de nos concitoyens qui seraient responsables d’actes qui «n’honorent aucun Malien». Certains ont plaidé pour la mise en place d’un consulat pour rapprocher davantage l’administration de nos compatriotes, afin de «faciliter la prise en charge de certains cas d’urgence». D’autres ont demandé la libération des Maliens détenus en Mauritanie.

Les femmes, elles, se sont dit agacées par les tracasseries routières de la part des services de contrôle établis au niveau des frontières et un peu partout sur tout le corridor, notamment par certains de «nos agents véreux». Pour certaines d’entre elles, ces problèmes qui affectent tous les Maliens, seraient dus au fait que des ressortissants d’autres pays impliqués dans des pratiques peu catholiques, arrivent à se procurer sans difficultés la carte d’identité nationale.

En réponse aux préoccupations soulevées, le ministre Koïta a pris l’engagement que tout sera fait pour trouver des solutions durables aux problèmes posés. Tel est, a-t-il insisté, la raison d’être de son département.

Le ministre des Maliens de l’Extérieur a, par ailleurs, rappelé, l’engagement et la volonté du Mali pour la réalisation de l’Unité africaine, faisant ainsi allusion à la réciprocité que notre pays n’a pas hésitée à appliquer vis-à-vis de certains pays non africains.

Parlant de la situation du pays, le ministre Koïta a informé nos concitoyens des atrocités ignobles et injustifiables qui ont endeuillé la Région de Mopti. Des actes terroristes qui, a-t-il assuré, n’entameront en rien la détermination et le désir de paix des Maliens, dans leur ensemble. D’où la signature en mai dernier de l’Accord politique de gouvernance qui a permis la mise en place d’un gouvernement de large ouverture. Et prévoit la tenue d’un dialogue politique inclusif, a informé le ministre Koïta, avant d’inviter nos compatriotes à respecter les lois et principes du pays d’accueil.

Envoyé spécial
Cheick M. Traoré
L’ESSOR

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