Opérationnalisation de la Force conjointe du G5 Sahel : UN APPUI DE PLUS DE 90 MILLIARDS DE FCFA

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L’annonce a été faite à l’issue de la rencontre entre les ministres des Affaires étrangères de l’organisation sahélienne et la Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères à Ouagadougou.

Mme Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, vice-présidente de la Commission européenne, en visite dans notre pays, a été successivement reçue hier par le Premier ministre, Boubou Cissé, et le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta.
Lors d’une conférence de presse animée avec Tiébilé Dramé, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Mme Federica Mogherini a indiqué qu’elle était venue prendre conseil auprès du président Ibrahim Boubacar Keïta afin de pouvoir apporter sa touche dans la résolution de la crise à laquelle notre pays est confronté depuis plusieurs années.
La Haute représentante de l’Union européenne a aussi déclaré avoir abordé avec le chef de l’Etat d’autres domaines prioritaires comme l’éducation, la santé, la culture. «Le président Keïta étant le champion de la culture au niveau continental, il s’agissait pour moi d’échanger avec lui et voir comment je pourrais l’appuyer dans l’accomplissement de sa mission», a-t-elle dit.
Il faut rappeler que l’Union européenne participe activement dans la lutte contre le terrorisme au Mali et dans le Sahel, notamment à travers EUCAP-Sahel Mali qui soutient la réforme du secteur de la sécurité (police, gendarmerie et garde nationale) et l’EUTM qui contribue à la restructuration et à la réorganisation des forces armées maliennes en leur prodiguant une formation et des conseils.

PROFONDE PRÉOCCUPATION – L’Union européenne appuie également le G5 Sahel. Ella a déjà contribué à hauteur de 50 millions d’euros pour son opérationnalisation. D’ailleurs, avant de visiter notre pays, Mme Federica Mogherini avait participé, mardi, à la 5è réunion ministérielle entre l’Union européenne et le G5 Sahel à Ouagadougou au Burkina Faso.
Cette rencontre à laquelle ont participé les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Tchad et du Secrétaire permanent du G5 Sahel, a pris des décisions importantes pour un renforcement du partenariat stratégique et pour obtenir un impact plus fort de l’action commune menée sur le terrain au bénéfice des populations de l’espace G5 Sahel. En effet, les deux parties ont exprimé leur profonde préoccupation face à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’espace G5 Sahel.
Au regard de la situation sécuritaire, caractérisée par la recrudescence des attaques par des groupes armés terroristes, des violences perpétrées par des groupes dits d’autodéfense et par des tensions intercommunautaires récurrentes, les représentants du G5 Sahel et ceux de l’UE ont appelé à une réaction déterminée et concertée des Etats concernés, soutenue par les acteurs régionaux et l’Union européenne afin de prévenir et circonscrire tout risque d’escalade et de déstabilisation de la région. Ils ont aussi réaffirmé leur détermination à œuvrer pour l’opérationnalisation de la Force conjointe, y compris sa composante police, et la mise en œuvre du cadre de conformité des droits de l’Homme et du Droit international humanitaire. Les deux parties ont réitéré leur volonté de tout mettre en œuvre pour améliorer la coordination entre la Force conjointe, les Forces de défense et de sécurité nationales et les partenaires internationaux.
Par ailleurs, les deux parties ont salué les efforts consentis par les Etats du G5 Sahel pour la mobilisation des ressources internes afin de faire face au terrorisme sous toutes ses formes. Elles ont, également, souligné l’importance d’un engagement accru et immédiat dans les zones fragiles pour assurer les services de l’Etat : la sécurité, la justice, les services sociaux de base. Parallèlement, elles ont encouragé les Etats du G5 Sahel à impulser des initiatives en faveur de la réconciliation nationale et du dialogue intercommunautaire et intracommunautaire.
Considérant que la lutte contre les exactions commises par les groupes d’autodéfense est une condition primordiale pour prévenir l’escalade de la violence, les deux parties ont souligné l’urgence de procéder au démantèlement des milices dans le cadre d’un processus de réforme du secteur de sécurité et de programmes de réduction de la violence communautaire. Elles ont aussi décidé de consolider leur partenariat sur la base des priorités suivantes : l’appropriation par les cinq pays du G5 Sahel notamment à travers une coordination renforcée par le Secrétariat permanent ; la définition d’un cadre d’action intégré en matière de sécurité et de développement et l’identification de zones prioritaires sur lesquelles seront concentrés les efforts des parties ; innover dans les modalités de mise en œuvre de l’aide, tant dans le domaine de l’appui à la Force conjointe que dans les actions de développement pour répondre rapidement aux attentes de la population.
Sur la base de ces priorités, l’Union européenne a décidé d’appuyer la Force conjointe, y compris sa composante police à hauteur de 138 millions d’euros additionnels (soit 90,390 milliards de Fcfa). Les deux parties ont décidé de la mise en place d’une feuille de route pour la définition et l’opérationnalisation du cadre d’action intégré.

Madiba KEITA

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