Notre santé, Pertes blanches ou leucorrhées : Des secrétions normales qui annoncent souvent des pathologies

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Dr Mamadou Keïta, gynécologue au Centre de santé de référence (CSREF) de la Commune VI

Lorsqu’elles sont inodores, claires ou laiteuses, elles ne provoquent ni irritation, ni brûlure, et ne raidissent pas le linge. Elles représentent un moyen pour l’organisme de la femme de nettoyer le vagin, notamment des cellules mortes présentes sur sa paroi afin qu’il reste propre

La quantité et la couleur des sécrétions varient selon les moments du cycle menstruel et pendant la grossesse. Si elles deviennent très abondantes, purulentes, malodorantes ou douloureuses, elles annoncent généralement une infection sexuellement transmissible ou non.

On estime que la majorité des femmes souffre d’une infection vaginale, au moins une fois dans leur vie. Dans neuf cas sur dix, l’infection est liée à un champignon, une levure ou une bactérie. Mais une fois sur dix, elle peut résulter du trichomonas, un parasite.

Les pertes blanches appelées aussi pertes vaginales ou leucorrhées sont des écoulements naturels du vagin. De couleur blanchâtre ou translucide et à la texture gluante, les pertes blanches surviennent tout au long de la vie hormonale d’une femme, de quelques années précédant l’arrivée des règles jusqu’à la ménopause. Elles signifient que les organes génitaux fonctionnent correctement. Elles peuvent aussi être le signe d’une infection génitale.

Dr Mamadou Keïta, gynécologue au Centre de santé de référence (CSREF) de la Commune VI, explique que ce sont des pertes non sanglantes provenant du bas de l’appareil génital féminin, c’est-à-dire le vestibule vulvaire, le vagin et le col de l’utérus. La sécrétion vaginale normale ou flore vaginale est constituée de nombreux germes (environ 3 x 1010 germes). Ceux-ci sont représentés par les lactobacilles encore appelés bacilles de Döderlein et les germes anaérobies (micro-organisme se développant uniquement en absence d’oxygène).

D’après le gynécologue, il existe un équilibre entre ces différents germes. L’équilibre fragile entre ces différents germes est précisément maintenu par l’acidité vaginale (le PH normal du vagin varie entre 4,5 et 5).

Les bacilles de Döderlein maintiennent le PH vaginal acide. Par conséquent, tout déséquilibre de la flore entraîne l’apparition et l’augmentation des germes pathogènes d’où la survenue des leucorrhées anormales pathologiques. Toute élévation du PH vaginal entraîne également la survenue des germes pathogènes et la multiplication des germes

Le spécialiste précise qu’il existe deux types de leucorrhées : les physiologiques normales et les anormales ou pathologiques. Les leucorrhées physiologiques sont des pertes blanches laiteuses, peu abondantes, opalescentes. Elles sont constituées de cellules vaginales superficielles.

En général, ces pertes blanches n’entraînent jamais de trouble fonctionnel (il n’y a ni irritation vulvo-vaginale, ni prurit (démangeaison) vulvo-vaginal, ni douleur au cours des rapports sexuels) et ne sont pas malodorantes. Elles ne doivent pas être traitées car elles sont normales.

Quant aux pertes blanches anormales ou pathologiques, elles se manifestent par une sensation de brûlure vive dans le vagin, une douleur pelvienne basse, des pertes liquides, abondantes mousseuses, verdâtres ou jaunâtres souvent malodorantes. Il ajoute que cette odeur désagréable est majorée par les rapports sexuels.
Pour Dr Mamadou Keïta, toutes les femmes peuvent avoir des pertes blanches. Mais il s’empresse d’expliquer qu’il existe  des facteurs provoquant ces pertes chez la femme.

Il énumère les facteurs de prédisposition, notamment la proximité de la vulve avec le bas de l’appareil urinaire et l’anus et les mutilations génitales féminines : excision (2è, 3è degré).

Les autres facteurs favorisants sont la multiplication des partenaires sexuels, l’usage des tampons protecteurs, les injections vaginales au cours des toilettes intimes, l’excès de toilette intime, d’antiseptiques vaginaux, l’usage des déodorants sur le bas de l’appareil génital, de sous-corps en tissus synthétiques et de vêtements trop serrés.
Les rapports sexuels avec un partenaire sexuel infecté peuvent aussi être un facteur déclencheur. Les pertes normales ne sont accompagnées d’aucun symptôme.

Par contre les pertes pathologiques s’accompagnent d’une irritation locale, d’odeur désagréable, de douleurs au niveau du bas ventre et pendant les rapports sexuels. Si tout va bien : les pertes blanches sont blanchâtres ou translucides. Leur épaisseur, tout comme leur quantité parfois abondante, dépendent des périodes hormonales lors desquelles elles surviennent : l’ovulation, la grossesse. S’il y a un problème : les pertes blanches deviennent malodorantes, particulièrement épaisses, collantes et peuvent s’accompagner de démangeaison ou brûlure.
Il est alors nécessaire de consulter le médecin pour un traitement.

Le gynécologue souligne qu’on peut bel et bien prévenir les pertes anormales avec un comportement à moindre risque en matière de sexualité, c’est-à-dire en pratiquant la prévention, notamment l’abstinence, la fidélité et l’utilisation de préservatifs.

Les pertes blanches peuvent être traitées.

En cas de pertes anormales, la femme doit consulter un spécialiste pour éviter les complications gynécologiques (troubles sexuels : diminution du désir sexuel, peur ou honte d’avoir des relations intimes).

Les pertes blanches anormales causent aussi des complications pendant la grossesse (avortement, accouchement prématuré) ou à la naissance (conjonctivite du nouveau-né) et peuvent même constituer une porte d’entrée pour le VIH et le Sida

Fatoumata Napho
L’ESSOR

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