Neuropaludisme : Une complication du paludisme à éviter

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Dr Abdoulaye Mamadou Traoré

Le paludisme grave peut déboucher sur plusieurs complications, y compris le neuropaludisme. Il représente toutes les manifestations neurologiques (troubles de la conscience, prostration et convulsions), conséquence de l’atteinte cérébrale au cours de l’accès palustre. Il est considéré comme la complication la plus grave du paludisme parce qu’il est responsable de 15 à 25 % de décès par paludisme.

Le spécialiste des maladies infectieuses, Dr Abdoulaye Mamadou Traoré, explique que c’est une urgence médicale qu’il convient de diagnostiquer rapidement et de traiter précocement au risque d’engager lourdement le pronostic vital.

Et cela, chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. C’est pourquoi, dit-il, qu’il faut urgemment consulter lorsqu’un enfant souffre de paludisme associé à certains signes comme une incapacité de boire ou à téter, des vomissements incoercibles, une léthargie, des convulsions ou antécédents de convulsions.

Sur ce point, il conseille d’aller urgemment au centre de santé le plus proche. Faisant un rappel du paludisme, il souligne qu’il est transmis par les moustiques appelés anophèles. Le docteur précise que ce sont des moustiques qu’on rencontre le plus souvent dans les mares, les ustensiles remplis d’eau.
Le parasite du paludisme appelé plasmodium est transmis à l’homme par la piqûre d’un moustique infecté. L’anophèle au cours de son repas de sang transmet la maladie.

En effet, si un moustique pique une personne infectée, il est à son tour porteur du parasite et peut ainsi contaminer d’autres personnes. Une fois dans l’organisme, le parasite migre dans le foie et infecte les globules rouges. Selon le spécialiste des maladies infectieuses, d’autres modes de transmission existent, notamment par la transfusion sanguine et la transmission de la mère à l’enfant par voie transplacentaire.

Le toubib souligne qu’il existe plusieurs espèces de parasites qui transmettent le paludisme mais celle appelée plasmodium est la responsable de paludisme grave dont le neuropaludisme. « C’est cette complication qui tue le plus au Mali », dit-il.

Toutes les personnes sont susceptibles de développer le paludisme. Mais celles qui sont plus à risque de faire un paludisme grave comme le neuropaludisme sont les enfants vivant dans les zones de forte endémicité où il pleut beaucoup, les femmes enceintes et les voyageurs.

Concernant le dernier point, il signale que les Maliens qui résident dans ces pays sans paludisme après un long séjour sont aussi à risque de faire un neuropaludisme. Cela est dû au fait que ces personnes perdent au cours de ces séjours leur prémunition.

Le neuropaludisme peut faire suite à un accès palustre non traité ou mal traité mais peut également survenir aussi brutalement dès le début.

Il se caractérise par des troubles ou altération de la conscience parfois entrecoupé de convulsions pouvant être inaugurales, localisées ou généralisées, isolées ou répétées supérieure à 15 minutes.
En plus, il peut exister d’autres troubles comme hypotonie ou hypertonie ou des réflexes (diminution pathologique ou non du tonus musculaire). Devant ces signes, il faut immédiatement amener le malade au centre de santé. « Si on traite tôt et correctement le malade peut être sauvé » indique t-il avant d’ajouter que même dans ce cas l’issu peut être fatal.

Après guérison, des séquelles neurologiques sont souvent constatées dans 10% des cas. Ces séquelles sont des maux de tête répétées, de cécité, de surdité, d’épilepsie, de retard mental, de troubles du comportement du langage et de l’attention. Par contre, le spécialiste s’empresse de préciser que certaines séquelles sont irréversibles.

Pour cela, Dr Abdoulaye Mamadou Traoré, explique que la prévention est capitale pour éviter la maladie. Pour se faire, il recommande une prise en charge correcte et rapide des accès simples de paludisme, la chimioprévention des femmes enceintes, la protection contre les piqûres de moustiques avec l’utilisation des moustiquaires imprégnées.

Il faut également assainir l’environnement et en utilisant des produits anti larvaires pour les grandes retenues d’eau et aussi faire l’éducation sanitaire en insistant sur la consultation dans un centre de santé dès le début des signes de la maladie, l’utilisation correcte des moustiquaires, et l’abandon l’automédication.

Fatoumata Napho
L’ESSOR

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