Migrants : l’Open Arms ne peut pas accoster en Espagne, la situation reste figée

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                                       Le Commandant du navire a jugé que le trajet est trop long
Depuis une quinzaine de jours, le navire humanitaire Open Arms stationne devant l’île italienne de Lampedusa. Une centaine de migrants restent toujours bloqués face à l’intransigeance de l’Italie, qui refuse obstinément de les accueillir. Alors que la situation sur le bateau se dégrade de jour en jour, l’Espagne a proposé d’ouvrir ses ports au navire. Mais l’équipage a refusé. La situation paraît désormais figée. L’Open Arms n’a toujours pas bougé. Il est toujours à 800 mètres de la côte face à une plage non loin du port. « L’île accueille depuis toujours des migrants », a confié un habitant hier matin à Lampedusa. Il ajoute que la population est très divisée sur cette question. Mais rien n’a vraiment changé ces dernières années, et en ce moment l’heure est aux vacances sur l’île italienne. La saison bat son plein et la présence de l’Open Arms ne semble pas troubler les vacanciers. L’Ong Proactiva Open Arms a publié un nouveau communiqué hier matin. Elle juge incompréhensible l’accord qu’aurait trouvé l’Espagne pour envoyer les migrants aux Baléares.

L’île est à plus de trois jours de route alors que les côtes où navigue le navire sont en vue. La situation à bord devient catastrophique. « Il est urgent d’en finir avec cette situation inhumaine », termine le communiqué. L’initiative du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, d’accueillir le navire de l’Ong a provoqué une levée de boucliers de l’opposition. « La moindre des choses est de nous avertir auparavant », a réagi José Ignacio Landaluce, le maire d’Algésiras, en Andalousie. À ses yeux, le débarquement des migrants de l’Open Arms dans sa ville est « une lubie irréalisable », car le navire est « beaucoup trop loin et, dans tous les cas, cela relève du marketing angélique ». « On ne peut pas accueillir tous les rescapés en mer », a-t-il conclu. Le son de cloche est le même pour l’ensemble du Parti populaire espagnol, le grand parti de l’opposition conservatrice. Son dirigeant en Andalousie Juanma Moreno a demandé à Pedro Sanchez d’en finir avec « les effets d’annonce ». « Les migrants se trouvent à côté des côtes italiennes, c’est là qu’ils doivent débarquer et certainement pas en Espagne », a-t-il ajouté. La presse conservatrice comme Abc ou El Mundo enrage aussi contre « l’irresponsabilité du leader socialiste », qui déjà l’an dernier avait accueilli les migrants du navire Aquarius, dans le port de Valence. Pour le parti libéral Ciudadanos, il faut définir une politique européenne commune d’accueil des réfugiés en mer. Et certainement pas « être à la merci des annonces imprévisibles de Pedro Sanchez ».

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