Mauritanie : Le nouveau Président prête serment

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Le président Ibrahim Boubacar Keïta avec son homologue ivoirien à la cérémonie d’investiture

Mohamed Ould Cheick Ghazouani s’est engagé à œuvrer davantage pour le développement socioéconomique et durable de son pays, en facilitant l’accès de tous aux services sociaux de base

Le nouveau président de la République islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Cheick Ghazouani, a prêté serment hier pour un premier mandat de cinq ans. C’était à l’occasion d’une cérémonie solennelle d’investiture à laquelle ont pris part le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta et son épouse, Mme Keïta Aminata Maïga, au Centre international des conférences, El Mourabitoune, située à la sortie de Nouakchott. Il y avait plusieurs autres chefs d’Etat et de gouvernement.

L’évènement a débuté par lecture du Saint Coran. Après lecture de la délibération des résultats du scrutin qui a porté le président Ghazounai au pouvoir, le président du Conseil constitutionnel a invité le nouvel élu à prêter serment. Ainsi, la main sur le Coran, l’ancien général de l’Armée a prononcé la formule qui suit : «Je jure par Allah l’Unique de bien et fidèlement remplir mes fonctions, dans le respect de la Constitution et des lois, de veiller à l’intérêt du peuple mauritanien, de sauvegarder l’indépendance et la souveraineté du pays, l’unité de la patrie et l’intégrité du territoire national. Je jure par Allah l’Unique de ne point prendre ni soutenir, directement ou indirectement, une initiative qui pourrait conduire à la révision des dispositions constitutionnelles relatives à la durée du mandat présidentiel et au régime de son renouvellement, prévus  aux articles 26 et 28 de la présente Constitution».

Investi des pouvoirs à lui conférés par le peuple qui incarne la Constitution, le président Mohamed Ould Cheick Ghazouani s’est, dans une allocution solennelle teintée d’émotion, engagé à être «le président de tous les Mauritaniens, malgré leur diversité». Diversité qui fait la fierté de tous les grands peuples, a-t-il ajouté sous les applaudissements de ses compatriotes qui semblent épouser sa vision.

Parlant de son ambition pour son pays, le président investi a promis la création, durant les cinq années à venir, de milliers d’opportunités d’emploi pour les diplômés et les non diplômés. Afin, a-t-il assuré, de trouver une solution durable au problème de chômage.

Tout en garantissant justice, prospérité, davantage de sécurité, le président Cheick Ghazouani qui entre officiellement en fonction le 5 août prochain, s’est engagé à œuvrer davantage pour le développement socioéconomique et durable de son pays, en facilitant l’accès de tous aux services sociaux de base. Il a profité de ce moment solennel pour renouveler sa détermination à lutter contre le terrorisme et le crime organisé, en «renforçant l’équipement, la formation et les capacités des forces armées et de sécurité».

Un combat militaire et idéologique que le nouveau chef de l’Etat mauritanien menait à côté du président sortant, Mohamed Ould Abdel Aziz. A l’entame de son discours de passation très émouvant, celui-ci a fait le bilan de ses deux mandats à la tête du pays sur les plans sécuritaire, des infrastructures, de la santé, de l’éducation, de l’accès à l’eau potable, etc. Le désormais ex-président a profité de l’occasion pour renouveler toute sa confiance à son successeur, «son compagnon, qu’il considère comme la seule personne capable de continuer à développer davantage la Mauritanie».

Pour sa part, le président du Conseil constitutionnel avait, après avoir salué les qualités d’homme d’État et de bâtisseur des deux présidents, rappelé que les défis majeurs dans une Afrique de l’Ouest en proie aux conflits, confrontée à la menace terroriste.

Diallo Mamadou Bathia a précisé que le reste est secondaire, «même si tout reste urgent et important». Toutefois, il a prévenu que le peuple souverain de ce pays constitué d’Arabes, de Soninkés, de Alpular, de Wolofs… n’acceptera aucun communautarisme et la Mauritanie restera indivisible.

Envoyé Spécial
Cheick M. Traoré
L’ESSOR

 

LE PRÉSIDENT KEÏTA SALUE LE PROGRÈS DÉMOCRATIQUE

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta était l’un des invités de marque à l’investiture du nouveau président mauritanien, Mohamed Ould Gazouani. A la fin de la cérémonie, le chef de l’Etat a salué la maturité du peuple de ce pays de plus de trois millions d’habitants, le renforcement de sa démocratie et l’engagement du président fraîchement investi à œuvrer pour la sécurité régionale, voire mondiale.

«Tout ce qui a été dit ici et de belle façon est de manière à nous rendre service quant à la nature de notre coopération avec le président Ghazouani que nous connaissons et qui sera de la même trempe que le président Mohamed Ould Abdel Aziz, pour porter plus loin, plus haut le projet de la Mauritanie, du G5 Sahel, de l’Afrique et même du monde», a développé le président de la République.

Ibrahim Boubacar Keïta s’est dit convaincu que l’Afrique avance d’un pas ferme et assuré vers la consolidation de la démocratie. «J’ai noté que la Mauritanie décide maintenant de mettre dans la Constitution que dorénavant le chef de l’État s’engage à ne pas être tenté, d’aucune façon, par aucune procédure, de changer la durée du mandat. C’est important», a souligné le chef de l’Etat, estimant qu’il s’agit d’une avancée démocratique notable. Pour lui, les textes constitutionnels doivent être toujours revus à l’aune des évolutions, des mutations et des exigences du moment.

Livrant son impression sur la cérémonie d’investiture proprement dite, Ibrahim Boubacar Keïta s’est réjoui du fait qu’elle s’est tenue «dans la liesse, la fraternité, la convivialité, l’entente, l’apaisement général». C’est de cela dont l’Afrique a besoin, a lancé le chef de l’Etat visiblement ravi par l’ambiance cordiale de la cérémonie d’investiture.

Comment participer à cette cérémonie de passation de pouvoir, sans faire un clin d’œil au président sortant. «Aziz, a confié le président Keïta, a mis la Mauritanie sur les rails, grâce à la paix qu’il a su instaurer, grâce au concours de tous les fils de la Mauritanie qui ont compris que le combat politique doit être un combat collectif pour que l’ensemble national puisse aller d’un bon pas qui ne suit pas les divergences, mais au contraire qui se fait dans un cadre apaisé et respectueux de chacun, ses convictions, ses positions, son engagement politique, sans acrimonie, sans haine, sans violence. «Nos peuples n’en ont pas besoin», a-t-il tranché.

Pour le président Keïta, nous avons besoin de combat politique centré, non pas sur l’individu, mais sur le projet de société, sur le pays. «Et c’est en cela que chacun devrait essayer de se conformer, avoir toujours et toujours en tête : ce que je fais aujourd’hui, est-ce que cela porte mon pays plus loin, plus haut ?», a énoncé le président de la République. Une invite éloquente à la cohésion nationale.

Envoyé Spécial
Cheick M. Traoré
L’ESSOR

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