Libre échange en Afrique: Ces avantages méconnus de la ZLEC

0
75

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC), considérée comme la plus vaste au monde en la matière de part l’immensité de son marché, sera mise en œuvre en deux phases. Déjà lancée, la première qui est connue de tous, concerne l’échange de biens entre les États membres de cette zone commerciale.
La deuxième phase de la mise en œuvre de la ZLEC, dont on parle peu, c’est le commerce des services. Ces échanges, de l’avis de certains experts, sont tout aussi profitables que le commerce des biens. Car, dans le cadre de la libéralisation des services, chaque État gagnerait à importer moins cher chez l’autre. Parce que les règlementations qui empêchaient les échanges de services vont être modifiées pour permettre les trocs. Ainsi, un pays qui a besoin de l’énergie de qualité et à bas coût pourrait par exemple s’approvisionner dans un autre pays. Donc « nul besoin d’investir des sommes colossales pour la construction de centrales ou dans des sources d’énergie non compétitives », se réjouit l’expert Modibo Keïta, ancien directeur national du commerce et de la concurrence.
Pour certains spécialistes, cette possibilité qu’il y a de profiter des autres pays devrait permettre aux États membres de mettre à jour leur secteur de production. Un gage de souveraineté, justifie-t-il. Un penchant nationaliste qui n’a pas de sens, car l’idéal voudrait que chacun travaille pour développer les domaines dans lesquels il a des avantages comparatifs, afin de profiter pleinement des échanges avec les autres. Surtout qu’en la matière, il n’existe ni de petits, ni de grands pays. « Chaque État doit savoir quels sont les secteurs dans lesquels il peut gagner sur les autres, les développer et essayer de diversifier son économie », souligne Modibo Keïta.
Outre le commerce des services, il est prévu une négociation sur les droits de propriété intellectuelle. Si le droit de propriété littéraire, artistique et culturel nait en principe dans la tête de l’inventeur, sur le plan commercial, l’auteur doit être enregistré pour pouvoir faire respecter ses droits. Ainsi, l’auteur enregistré, constatant un piratage de son œuvre, peut déposer plainte contre les auteurs et obtenir la destruction du produit piraté. Peu importe le pays où a été constaté le détournement de l’œuvre, l’essentiel est que son auteur y soit enregistré.
Dans le cas par exemple d’un produit alimentaire, la copie peut, selon des experts, ne pas avoir le même goût ou la même qualité que l’original. Une situation qui pourrait pousser les consommateurs à bouder le produit, provoquant ainsi la faillite du fabriquant ou de l’auteur.
Cheick M. TRAORÉ

Laisser une réponse

P