Journée mondiale de l’eau : POUR UNE MEILLEURE GESTION DU PATRIMOINE COMMUN

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Plus de deux milliards de personnes vivent sans eau salubre à la maison, une école primaire sur quatre ne dispose pas de service d’eau potable, plus de 700 enfants de moins de cinq ans meurent chaque jour de la diarrhée liée à une eau insalubre et dans un assainissement médiocre. Comme si cela ne suffisait pas 80% de personnes dans le monde qui utilisent des sources d’eau insalubres et non protégées vivent dans des zones rurales, les femmes et les filles sont responsables de la collecte de l’eau dans huit ménages sur dix sans eau. Ces chiffres ont été divulgués à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’eau, le 22 mars dernier.
Cette célébration est une occasion de mettre en exergue l’importance de l’eau, mais aussi de décliner les efforts consentis par les services techniques de l’Etat, les partenaires au développement et les organisations de la société civile, pour un accès de tous au liquide précieux, source de vie. L’objectif de la journée est d’attirer l’attention sur l’importance de l’eau et de plaider en faveur d’une gestion durable des ressources en eau douce.
La cérémonie a eu lieu vendredi dernier au Centre international de conférence de Bamako (CICB) sous le thème : «Ne laisser personne de côté». Il fait référence à l’objectif de développement durable 6 (ODD6) à savoir : « l’eau pour tous d’ici 2030 ». La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Dr Kané Rokia Maguiraga, représentant son collègue de l’Énergie et de l’Eau, en présence du président de la Coalition nationale campagne internationale pour l’eau potable et l’assainissement (CN-CIEPA/WASH), Dounantié Dao, des responsables des services techniques de l’Etat en charge de la question de l’eau et l’assainissement, ainsi que de nombreux invités.
Tous les pays et toutes les parties prenantes ont défini, sous la houlette de l’ONU, un programme ambitieux visant à créer un monde exempt de pauvreté, de faim et de maladies. Un monde où tout le monde peut s’épanouir et où personne n’est laissée pour compte. Mais aujourd’hui, des milliards de personnes vivent encore sans eau salubre. Les groupes marginalisés (femmes, enfants, réfugiés, personnes en situation de handicap etc) sont souvent négligés et font parfois l’objet de discrimination.
«L’eau est un élément essentiel de la vie», a lancé la ministre de l’Élevage et de la Pêche, pour dire qu’elle est vitale. Elle contribue à créer des emplois et à soutenir le développement durable. Elle contribue également à la réduction de la pauvreté, à la croissance économique, à la sauvegarde de l’environnement et à l’amélioration du bien-être social. Mme la ministre a indiqué aussi que la Journée mondiale de l’eau est un événement annuel qui met l’accent sur l’importance de l’accès universel à des installations d’eau potable, d’assainissement et d’hygiène au Mali et dans les pays en développement. La journée est également consacrée à la promotion de la gestion durable des ressources en eau. «L’approvisionnement en eau potable à travers le monde n’est pas encore assuré partout», a-t-elle ajouté.
Selon elle, le 22 mars 2019 marque aussi le début d’une nouvelle décennie internationale d’actions, proclamé par les Nations unies sur le thème « l’eau pour le développement durable ». Cette nouvelle décennie, a-t-elle poursuivi, a pour ambition d’encourager le développement durable, la gestion intégrée, la coopération et une meilleure gouvernance des ressources en eau, à des fins sociales, économiques et environnementales.
«Qu’on tienne compte, de l’ensemble des demandes émanant des différents utilisateurs en compétition et qu’on adopte des lois et des règlements qui responsabilisent la communauté toute entière», a insisté Mme la ministre. Et d’expliquer qu’il n’y aura pas de développement durable sans partage équitable de la ressource en eau et sans une régulation quantitative et qualitative de l’utilisation de la ressource en eau disponible, sans une gouvernance sociétale gérant l’eau comme un patrimoine commun local, mais aussi mondial, dont la valeur vitale doit être reconnue de tous.
Par ailleurs, Dounantié Dao a rappelé que dans le cadre de la célébration de cette Journée mondiale de l’eau, plusieurs actions ont été initiées, entre autres, la célébration au niveau communautaire à Falo (cercle de Bla) par WaterAid, dans les régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti, Sikasso, Gao, Tombouctou, Kidal, Ménaka et Taoudéni par l’Unicef, ainsi que la célébration de 1500è forage réalisé par l’ONG World Vision au Mali à Djenidje dans la Commune de Dombila. « Aussi, il est prévu un forum régional de l’eau et de l’assainissement des régions de Taoudéni et Tombouctou, par Action contre la Faim», a-t-il ajouté.
Mohamed Z. DIAWARA

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