«Hakkúndè» : Ce film relate un «succes story» à la nigériane

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Loin des clichés des œuvres factices souvent projetées sur les chaînes Nollywood, le cinéma nigérian regorge aussi de chef-d’œuvres qui méritent d’être vus dans le monde, notamment en Afrique, car diffusant des messages forts pouvant guider les générations actuelles sur la voie de l’épanouissement personnel, de la réussite pour contribuer à l’émergence de leurs pays.

C’est ainsi que nous avions eu, en novembre 2018, le coup de cœur pour «Dry» ou la sécheresse du drame humain vécu par les fistuleuses». Après cette œuvre dramatique britannico-nigériane réalisée par Stephanie Okereke Linus, c’est «Hakkúndè» d’Oluseyi Amuwa qui nous a séduit cette année.

Diffusée par Canal+ pendant le mois d’août 2019, c’est une œuvre (comédie dramatique) qui met en scène un jeune diplômé chômeur qui décide de se replier en campagne après avoir accumulé les échecs à Lagos.

 

Moussa BOLLY

Loin des clichés des œuvres factices souvent projetées sur les chaînes Nollywood, le cinéma nigérian regorge aussi de chef-d’œuvres qui méritent d’être vus dans le monde, notamment en Afrique, car diffusant des messages forts pouvant guider les générations actuelles sur la voie de l’épanouissement personnel, de la réussite pour contribuer à l’émergence de leurs pays.

C’est ainsi que nous avions eu, en novembre 2018, le coup de cœur pour «Dry» ou la sécheresse du drame humain vécu par les fistuleuses». Après cette œuvre dramatique britannico-nigériane réalisée par Stephanie Okereke Linus, c’est «Hakkúndè» d’Oluseyi Amuwa qui nous a séduit cette année.

Diffusée par Canal+ pendant le mois d’août 2019, c’est une œuvre (comédie dramatique) qui met en scène un jeune diplômé chômeur qui décide de se replier en campagne après avoir accumulé les échecs à Lagos.

«Hakkúndè» est l’histoire intrigante d’un jeune diplômé qui a dû franchir de nombreux obstacles dressés sur le chemin de «la découverte de soi» et à la réalisation de ses ambitions. Diplômé mais au chômage depuis la fin de ses études et confronté aux pressions de la vie, Akande (Frank Donga) décide finalement de quitter Lagos pour s’installer à Kaduna, profitant d’une opportunité.

Ses premières attentes sont toutefois brisées et Akande doit prendre la décision d’apprendre à survivre ou de retourner à Lagos toute honte bue car sa sœur, qui profitait de sa situation pour l’exploiter comme employé de maison, lui avait prédit qu’il reviendrait vite «la queue entre les jambes».

Ce qui laissait peu de choix à ce cadre supérieur et enseignant au chômage qui s’investit dans un premier temps dans la renaissance de l’école du village avec la ravissante Aïsha (Rahama Sadau) comme interprète.

C’est d’ailleurs cette dernière et Binta (Maryam Ado Mohamed), la fille de son logeur, qui le poussent à trouver sa voie sur place au lieu de retourner dans la galère sans issue de Lagos.

Finalement, après avoir aidé les éleveurs à mettre des plateformes de promotion de leur bétail sur les réseaux sociaux, il va convaincre les deux jeunes dames (amies d’enfance) à se lancer avec lui dans la transformation de bouse de vache, un fertilisant vendu de porte-à-porte. Une entreprise qui n’a pas cessé de prospérer.

Une expérience qui va attirer les médias, conférant au jeune entrepreneur une notoriété locale, fédérale puis internationale.

Akande, Binta et Aïsha prouvent ainsi que «tous nos rêves peuvent se réaliser si nous avons le courage de les poursuivre». Akande montre en tout cas à la jeunesse africaine l’importance de suivre son rêve. Et comme le conseillait un coach, «si tu trébuches, n’arrête pas et ne perd pas de vue ton objectif. Continue vers le sommet, car c’est là où tu auras une vue d’ensemble».

CLIN D’ŒIL- Sollicité pour animer des conférences dans des écoles professionnelles et des facultés, il exhorte ses auditeurs à ne pas trop se focaliser sur la fonction publique ou vouloir coûte que coûte avoir un boulot conforme à leurs diplômes. Mais, de se battre pour réaliser leurs rêves avec leurs propres idées et leurs propres initiatives.

L’histoire se caractérise par des actions et des réactions qui définissent la société nigériane au quotidien, avec ses hauts et ses bas, tout en mettant l’accent sur la vie d’un diplômé en quête d’emploi. Ce film met en évidence les mérites de la constance, de l’humilité et du renoncement à soi-même afin de se frayer une voie honorable vers la réussite.

Le réalisateur Oluseyi Amuwa fait aussi un sublime clin d’œil musical au Mali avec «Ai Du» d’Ali Farka Touré et Ry Cooder (version originale et reprise par des jeunes talents). Un somptueux titre porté par le violon plaintif d’un vétéran du blues, Clarence «Gatemouth» Brown, avec «une section rythmique des plus ciselées».

C’est l’un des titres les plus réussis de l’album «Talking Timbuktu» qui a tant marqué les esprits. Une œuvre enregistrée en trois jours à Los Angeles, par l’illustre bluesman du désert et son complice Ry Cooder. Un septième opus d’Ali Farka Touré, publié chez World Circuit, qui a remporté sans surprise le Grammy Award du «Meilleur album de musique du monde» en 1995.

Aujourd’hui, c’est son fabuleux héritage qui inspire les talents africains dans tous les segments des arts et de la culture lui conférant ainsi une incontestable immortalité à travers ses œuvres.

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