G5 Sahel : Le Japon débloquera plus de 11 milliards de fcfa pour les services humanitaires

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L’annonce a été faite par le ministre nippon des Affaires étrangères, Tara Kono, au cours de la rencontre avec ses homologues des pays membres de l’organisation sahélienne

«L’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali avance. Il y a une détermination des autorités à faire en sorte que les choses aillent mieux». Ces propos sont du commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, Smaïl Chergui qui a reconnu l’effort de sincérité de nos autorités à s’inscrire dans le processus de dialogue et de paix durable.
C’était à la faveur d’une réunion spéciale des ministres des Affaires étrangères des pays du G5 Sahel, tenue en marge de la 7è Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad 7), en présence du ministre japonais des Affaires étrangères, Tara Kono. La ministre de l’Economie numérique et de la Prospective, Mme Kamissa Camara, y assurait l’intérim de son collègue des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.
Le terrorisme reste un véritable caillou dans la chaussure des pays du G5 Sahel. En atteste l’implacable tableau peint par le ministre des Affaires étrangères du Burkina, Alpha Barry, qui assure la présidence des ministres des Affaires étrangères du G5 Sahel. Les statistiques qu’il a fournies font froid dans le dos. A titre d’illustration, le ministre burkinabé a cité une attaque récente contre un détachement de l’armée de son pays ayant fait 24 morts, celle contre une base française au Mali, et la tuerie de 6 personnes par Boko Haram au Tchad, ces derniers jours. Pour lui, il est clair que la situation requiert de redoubler de vigilance, mais surtout d’agir contre la menace terroriste qui peut embraser bien d’autres pays africains en dehors de notre sous-région.
La sécurisation du Sahel reste l’autre défi majeur face aux terroristes dont la seule volonté est de désorganiser nos Etats, d’installer le chaos et l’obscurantisme dans nos pays. Alpha Barry a aussi souligné que les Etats du G5 Sahel mettent, selon les pays, 18 à 32% des budgets nationaux dans la lutte contre le terrorisme. Pour lui, il faut faire en sorte que notre région ne devienne pas un sanctuaire des terroristes.
Le Japon qui entend accompagner le continent africain annonce qu’il va mettre un peu plus de 23 millions de dollars, soit un peu plus de 11,5 milliards de Fcfa dans les services humanitaires au niveau des pays du G5 Sahel.
L’Empire du Soleil levant consacrera aussi d’autres efforts à l’éducation, au renforcement des capacités des ressources humaines et à la santé. Le Japon se propose de construire un hôpital de campagne au Burkina Faso. Les dossiers sont très avancés, selon la partie japonaise. Smaïl Chergui a fait un diagnostic sans complaisance des problèmes qui minent les pays africains, notamment ceux du G5 Sahel. Pour lui, les données sur la situation du Sahel sont connues. Il s’agit de la présence de groupes armés, de défis liés à la gouvernance, de contraintes de développement et de l’impact du changement climatique. Mais, le terrorisme reste la plus grande menace parce que le Bénin, le Togo et le Ghana sont aussi en alerte face à l’extension du terrorisme. Pour lui, il faut combattre le terrorisme et mettre en place des programmes intéressants en œuvre pour prévenir la radicalisation de la jeunesse. Le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine déplore le fait que les promesses de contribution de plus de 400 millions d’euros faites à Bruxelles tardent à tomber dans l’escarcelle des pays du G5 Sahel qui luttent farouchement contre le terrorisme.
Pour la ministre malienne de l’Economie numérique et de la Prospective, cette conférence, organisée à l’initiative des Japonais à l’occasion de la Ticad 7, était une opportunité pour les pays du G5 Sahel d’exposer les défis auxquels chacun fait face, mais aussi d’expliquer voire d’insister à nouveau sur l’utilité de la Force conjointe du G5 Sahel et de demander à nos partenaires nationaux et internationaux de continuer à soutenir cette initiative sous-régionale. «C’est très important et très positif d’avoir des partenaires stratégiques comme le Japon qui s’intéresse de plus en plus à la sécurité dans la Région du Sahel. Il s’agit d’une avancée positive puisque ce que nous cherchons à faire maintenant, c’est d’avoir une action concertée entre les différents pays du G5 Sahel et avec la communauté internationale pour permettre de venir à bout des défis sécuritaires dans la Région», a expliqué Kamissa Camara.
En outre, Mme la ministre expliquera qu’à ce jour nous avons plus de 17 stratégies sur le Sahel qui sont mises en œuvre. Malheureusement, selon elle, il n’y a pas une coordination parfaite entre ces différentes stratégies. Elle a également rappelé la nécessité de refaire une coopération autour de la Région du Sahel et de trouver la solution concertée qu’il faut pour venir à bout de nos différents défis.
La réunion spéciale sur la situation sécuritaire dans les pays du G5 Sahel a été utile pour rappeler aux bailleurs de concrétiser leurs promesses et surtout amener nos pays concernés à faire le point des avancées, mais aussi des contraintes majeures.

B. D.

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