Financement de l’égalité genre : Objectif 15% des ressources allouées au développement

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L’évènement s’est déroulé en présence de plusieurs partenaires

Le secrétaire général des Nations unies a pris une résolution dans ce sens. La promotion de l’égalité des sexes dans notre pays se traduit par sa prise en compte dans le Cadre stratégique pour la croissance économique et le développement durable et la création du Fonds d’autonomisation de la femme et l’épanouissement de l’enfant

Le ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a, avec l’appui de ses partenaires, organisé, hier, une table ronde de haut niveau sur la problématique du financement de l’Egalite Genre dans le Cadre stratégique pour la croissance économique et le développement durable (CREDD) et les Objectifs de développement du durable (ODD) au Mali.

Placée sous le haut parrainage de la Première dame, Mme Keïta Aminata Maïga, la rencontre s’est tenue dans un hôtel de la place.

C’était en présence de la Coordinatrice résidente du Système des Nations unies au Mali, Mbaranga Gasarabwe, du chef du département de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diakité Aïssata Traoré et du représentant de la Banque africaine de développement (BAD), Nyaki Zangbula Kaningbi. On notait également la présence des représentants diplomatiques et des agences onusiennes.

Cette table ronde d’une journée visait à amener le gouvernement, les Partenaires techniques et financiers (PTF) et autres bailleurs à mieux appréhender les enjeux liés à la mobilisation de ressources et la prise en compte de l’Egalite Genre dans le CREDD et les ODD.

De façon spécifique, il s’agit entre autres de faire le plaidoyer pour le respect des dispositions de l’ONU SWAP qui prônent une allocation budgétaire de 15% pour promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes sur les financements dédiés à la mise en œuvre des programmes et politiques de développement des pays.

Une ambition noble et salutaire, selon Mme Keïta Aminata Maïga, car l’atteinte des Objectifs de développement durable passe inévitablement par une égalité des genres et une autonomisation de la femme. Ce qui garantit un équilibre économique et social.

C’est pourquoi, la Première dame a insisté sur la nécessité de traduire de manière urgente l’engagement des PTF en actions concrètes dans la feuille de route pour soutenir la mobilisation de fonds et des ressources nationales.

RÉDUCTION DES INÉGALITÉS – La présidente de l’ONG Agir a appelé aussi à accompagner la mise en place d’un cadre règlementaire adéquat de suivi et de circulation de l’information sur la planification, l’allocation des ressources et la mise en œuvre de politiques et programmes de développement visant à garantir la réduction des inégalités femmes-hommes et l’autonomisation des femmes. Elle a réitéré également son engagement à soutenir l’initiative et les efforts en faveur de l’égalité des chances de toutes et de tous.

De son côté, Mbaranga Gasarabwe a rappelé que le président de la République a, lors de son discours d’investiture, exprimé sa volonté de «faire émerger un nouveau modèle social fondé sur l’égalité, la justice sociale et la création des conditions de réussite pour tous».

Les partenaires sont donc invités à s’engager pour que cette vision soit traduite par des actions concrètes, visibles au bénéfice des populations et des femmes en particulier. Le combat constant doit être de s’assurer que «personne ne soit laissée pour compte», comme le consacre l’agenda 2030 pour la réalisation des ODD.

Elle a, pour justifier l’intérêt de ce combat, révélé quelques chiffres révélateurs des incidences de l’inégalité de genre. «A l’échelle mondiale, les écarts de revenu tout au long de la vie entre les hommes amputent la richesse des pays de 160.200 milliards de dollars. En 2014, en Afrique subsaharienne, les pertes s’élèveraient à 2.500 milliards de dollars, soit 11,4% de la richesse régionale», a-t-elle détaillé, citant une étude de 2018 de la Banque mondiale sur l’analyse des coûts économiques des inégalités hommes-femmes en termes de pertes de capital humain.

Le capital humain des femmes pourrait passer de 283,6 milliards de dollars à 453,2 milliards de dollars avec l’égalité des sexes, selon cette enquête. Au regard de ces chiffres, a souligné Mbaranga Gasarabwe, l’objectif d’atteindre ou de dépasser les 15% de dépenses consacrées aux femmes, fixé par le secrétaire général des Nations Unies, prend tout son sens.

FACTEUR ESSENTIEL – Pour sa part, Mme Diakité Aïssata Traoré a indiqué que de nombreux experts et acteurs de développement sont d’avis que l’égalité des sexes est à la fois un objectif de développement en soi et un facteur essentiel de développement durable.

Au Mali, a-t-elle précisé, le chef de l’État et le gouvernement ont toujours exprimé leur engagement à s’investir pour réaliser l’égalité des femmes et des hommes et l’autonomisation de la femme. Ceci se traduit d’une part, par la création du Fonds d’autonomisation de la femme et l’épanouissement de l’enfant (FAFE) et d’autre part, par sa prise en compte dans le CREDD et le Plan décennal de développement pour l’autonomisation de la femme, de l’enfant et de la famille (PDDAFEF) 2020-2029, a argumenté la ministre Traoré.

A cet effet, le partenariat stratégique constitue, selon elle, un moyen essentiel de contribution à l’élimination des obstacles structurels, à soutenir la participation pleine des femmes à la prise de décision, à permettre l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles.

La cérémonie a pris fin par la signature, par tous les acteurs présents, d’un engagement pour l’application de la Résolution du secrétaire général des Nations unies pour l’allocation de 15% des financements du développement en faveur du genre.

Aminata Dindi SISSOKO

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