Doctrines : L’alternance de la nuit et du jour

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Abdoul Kadry Cissé

Le temps ! Le concept de la succession de périodes mesurables est évoqué en plusieurs passages du Livre saint de l’islam, dont l’un des chapitres porte cet intitulé.

Il en est dit ainsi : « C’est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous sachiez le nombre des années et le calcul (du temps). Allah n’a créé cela qu’en toute vérité. Il expose les signes pour les gens doués de savoir. » (10:5) A défaut de pouvoir l’arrêter, ou de le faire revenir, l’homme s’est ingénié à structurer le temps, à le marquer au fur et à mesure qu’il s’écoule.

Il en est allé ainsi lorsque le Pape Grégoire XIII, en vue de simplifier le calendrier des fêtes religieuses, généralisa à l’ensemble du monde catholique la mesure qui prescrivait de commencer les années au 1er janvier, en l’an 1563. Cette disposition entérinait un édit uniformisant l’année dans tous territoires où régnait une certaine confusion dans la célébration des différents événements religieux.

Des spécialistes de divers bords, astronomes, historiens, théologiens et autres, de continents différents ont développé et justifié les méthodes en usage dans les groupements humains pour évaluer le temps qui passe, jauger la pertinence des repères retenus à cet effet.

La célébration de l’avènement du troisième millénaire suivant le décompte adopté grâce à cette mesure, avait donné lieu à de grandes manifestations. Une campagne médiatique avait été lancée, en vue de consacrer le grand moment qui avait vu s’aligner les trois zéros du millénaire nouveau. La portée de l’événement à l’échelle planétaire avait cependant été notablement relativisée, car il convenait de reconnaître l’existence d’autres systèmes calendaires et de restituer à chacun son importance.

Cet évènement ne pouvait être ignoré de la communauté musulmane, même si ses préoccupations se situaient ailleurs qu’autour de ces festivités. Pour elle, l’échéance qui marque le terme d’un cycle annuel s’annonce avec le «mois du pèlerinage».

En s’achevant, il ouvre une nouvelle période avec le «mois sacré», dont la première décade est considérée comme des plus bénéfiques par les fidèles musulmans. La commémoration de l’Achoura entre dans ce concept et l’observance de pratiques de dévotions liées à cette période de l’année se fonde sur la tradition.

Les oulémas en faisant le rappel de ces enseignements aux fidèles, les remontent au Sceau des Prophètes (PSL), à l’époque de l’Hégire.

Pour eux, l’importance de cette période est soulignée par le fait que de nombreux événements significatifs du monde musulman à diverses époques sont tombés à cette date. Voilà pourquoi, l’avis des califes bien guidés retiendra le plus insigne de ces évènements, l’émigration du Messager de La Mecque à Médine comme première année de l’ère islamique. Selon les oulémas, la société du Prophète la prenait déjà comme point de référence dans le temps.

Cette période est aussi l’occasion pour d’importantes congrégations de se remémorer les circonstances tragiques de la disparition de l’imam Hussayn, grande figure de l’islam.

En évoquant ainsi le phénomène du temps qui passe et voit passer les humains ici-bas, les oulémas rappellent : « Tout ce qui est sur elle [la terre] doit disparaître, [Seule] subsistera La Face [Wajh] de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse. » (55:26) Face à cette réalité, il est une exhortation : « Par le Temps ! L’homme est certes, en perdition, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance. » (103:1)

A. K. CISSÉ

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