Cricket : LE MALI INVITÉ D’HONNEUR DU TOURNOI DE LA PAIX AU RWANDA

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Depuis plusieurs semaines, la sélection nationale féminine de cricket affûte ses armes. En ligne de mire, le tournoi international «Kwibuka» (tournoi de la paix en Swahili), prévu du 17 au 23 juin au Rwanda et qui regroupera cinq pays : le Rwanda, le Mali, la Tanzanie, le Kenya et l’Ouganda. Les séances d’entraînement des Aigles Dames de cricket se déroulent sur le terrain de Djélibougou où la capitaine Youma Sangaré et ses coéquipières se retrouvent tous les samedis et dimanches, de 8h à 11h.
Ce samedi 8 juin, le groupe affiche complet. Vêtues de tee-shirts bleus-ciel avec des pantalons bleus marines et coiffées de casquettes blanches, les joueuses s’entraînent dans une atmosphère bon enfant sous la supervision du sélectionneur national, Demba Cissoko et de l’ancien coordinateur de la Fédération malienne de cricket (FeMaCrik), Ichaka Fofana. Arrêtés aux abords du terrain, plusieurs joueurs de la sélection nationale masculine de cricket et le président de l’instance dirigeante du cricket national, Kawory Berthé assistent à la séance et applaudissent à chaque coup réussi par une joueuse. Le spectacle est captivant pour les enfants aussi. Perchés sur les murs de clôture du terrain, ils participent, à leur manière, à la séance. Tantôt, on les voyait s’agiter sur les murs, tantôt on les entendait scander le nom de certaines joueuses.
Sur le terrain, les joueuses sont à la fois décontractées et concentrées. Quand une batteuse exécute mal un geste, l’un des deux techniciens, à savoir Demba Cissoko et Ichaka Fofana arrête la partie et fait reprendre le jeu.
«C’est comme ça qu’il faut prendre la batte. Allez, on reprend ! A vos places !», répétaient sans cesse le sélectionneur national et l’ancien coordinateur de la FeMaCrik. Et quand une joueuse réussissait à marquer un coup, c’était la joie.
Les deux techniciens, tout comme le président de la fédération et les autres spectateurs, applaudissaient et se congratulaient. «Tout se passe bien, depuis que nous avons commencé les séances d’entraînement, il n y a pratiquement pas eu de couacs. Tout le groupe est concentré sur le sujet et piaffe d’impatience de participer à cette 1ère édition du tournoi de la paix», témoigne la capitaine Youma Sangaré. «Nous sommes prêtes, ce tournoi est très important pour nous. Pour moi, il marquera le début d’une nouvelle ère pour le cricket du Mali, en général et le cricket féminin de notre pays en particulier», ajoutera l’internationale malienne qui regrette «simplement l’absence d’un vrai site d’entraînement et de compétition de cricket au Mali».
A l’instar de la capitaine des Aigles Dames de cricket, le président de la FeMaCriK, Kawory Berthé insistera, également sur l’importance de cette 1ère édition du tournoi «Kwibuka» pour le Mali et la détermination des joueuses à marquer le coup. «C’est un grand honneur et une fierté pour notre pays de participer à cette compétition. Le tournoi regroupe les pays de l’Afrique de l’est et le Mali est la seule nation qui n’est pas issue de la zone», a d’abord rappelé le premier responsable du cricket national, avant d’évoquer les bénéfices que notre pays peut tirer de la compétition.
«Au total, 105 pays sont affiliés à l’ICC (Conseil international du cricket) et ces nations sont reparties en 2 catégories, à savoir les membres entiers (Full members) au nombre de 10 et les membres associés qui sont au nombre de 95. Le Mali fait partie des membres associés, mais qui n’a de droit de vote parce que ce statut est réservé aux pays qui occupent les 40 premières places du classement mondial. Au niveau de l’ICC, il y a deux possibilités pour obtenir des points : l’implantation du cricket dans son pays et la participation aux tournois internationaux, comme ce tournoi de la paix. Ainsi, quel que soit le résultat des Aigles Dames au Rwanda, notre pays gagnera 20 points au classement mondial. C’est dire que ce tournoi Kwibuka est très important pour le cricket malien», a expliqué Kawory Berthé.
Pourquoi le Mali a été choisi par la commission d’organisation de la compétition parmi tant d’autres nations africaines ? «C’est un geste de solidarité de la part du Rwanda», a répondu le président de la FeMaCriK, avant de renchérir : «en 1994, le Rwanda a connu une grande tragédie avec le génocide qui a fait plus d’un million de victimes. A travers cette invitation, ce pays veut partager son expérience avec le Mali qui, comme vous le savez, traverse actuellement la plus grave crise sécuritaire de son histoire. Ainsi, parallèlement au tournoi, la délégation malienne participera à des débats sur la paix et visitera le musée de la paix à Kigali».
Le tournoi «Kwibuka» marquera la deuxième sortie internationale de la sélection nationale féminine, après le North West africain cricket championship (NWACC) qui s’était déroulé en 2015 en Gambie. Quatre rescapées de cette campagne figurent parmi les 15 éléments retenus pour le tournoi de la paix : la capitaine Youma Sangaré, Aïchata Sangaré, Oumou Sow et Aïcha Koné. Preuve que le cricket se joue également à l’intérieur, une joueuse de la ligue de Sikasso, Mariam Samaké fait partie de la liste de la sélection qui aura le redoutable honneur de défendre les couleurs du Mali au Rwanda.
Les Aigles Dames de cricket feront leur entrée en lice contre le Kenya, le 19 juin et dès le lendemain, c’est-à-dire le 20 juin, la sélection nationale en découdra avec l’hôte du tournoi, le Rwanda. Lors de la troisième journée, les Maliennes affronteront la Tanzanie (21 juin), avant de boucler la boucle, le 22 juin, face à l’Ouganda. Les quatre premiers du classement seront qualifiés pour les demi-finales, dont les vainqueurs s’affronteront en finale. Le bouquet final et le match pour la 3è place se disputent le même jour, c’est-à-dire le 23 juin.

Souleymane B. TOUNKARA

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