Crédit GIP : SIX MÉDIAS RÉPONDENT AUX EXIGENCES

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Cette forme de labellisation est une première dans notre pays. Elle permet aux entreprises de presse de s’améliorer de façon continue en devenant professionnelles, indépendantes et sensibles au genre

Le ministre Arouna Modibo Touré posant avec les récipiendaires

Le ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Arouna Modibo Touré, a présidé, vendredi dernier à l’hôtel Colibris, une cérémonie de remise de certificats du label Genre, Indépendance et Professionnalisme «Crédit-GIP». C’était en présence du directeur exécutif de Tuwindi, Tidiani Togola, du président du comité d’impartialité, Alexis Kalambry et du représentant de l’ambassade de France, Zakaria Haffar.
Il convient de noter que le «Crédit-GIP» a été mis en place par Tuwindi avec l’appui de « Free Press Unlimited » suite au constat selon lequel la frange importante des médias, tous types confondus, ne respecte pas assez les principes d’indépendance, de professionnalisme et de prise en compte du genre. Le référentiel GIP leur permet d’appliquer ces principes dans leur gestion et dans les contenus qu’ils produisent et de se faire distinguer par un audit GIP à l’issue duquel ils pourront être labellisés pour une durée de 24 mois. Tous les médias du Mali sont éligibles au Crédit-GIP. La labellisation Crédit-GIP est un acte volontaire d’accepter l’évaluation suivant les critères définis. L’objectif étant d’encourager et promouvoir l’excellence au sein des médias, de les responsabiliser dans la prise en compte du genre et de les amener à agir de façon professionnelle et indépendante. Il s’agira aussi de reconnaitre les médias ayant fait preuve de professionnalise, d’indépendance et ayant une démarche sensible au genre, et finalement de consolider la liberté d’expression.
Le ministre de l’Economie numérique et de la Communication a remercié et félicité les initiateurs de cet événement important pour le monde des médias et pour les professionnels du secteur. Il a rappelé que l’environnement des médias dans notre pays est aujourd’hui régi par des textes juridiques et réglementaires des plus innovants, mais qui ne sont pas souvent respectés par les principaux acteurs.
30% de représentativité. Arouna Modibo Touré a, par ailleurs, déploré le manque de professionnalisme et la partialité de beaucoup d’entreprises de presse, les manquements récurrents aux règles d’éthique et de déontologie qui compromettent ou créent un climat défavorable à l’émergence d’une presse performante et professionnelle. «Le monitoring du genre effectué par Tuwindi a démontré que moins de 20% des productions médiatiques portent sur les femmes. Mieux, les femmes dont on parle souvent sont essentiellement des hauts cadres à plus de 80% des cas, occultant la majorité travaillant dans les campagnes, les marchés, les hôpitaux ou dans l’armée», a souligné le ministre Touré, avant d’ajouter que la faible place des femmes dans les postes de décision, dans la présentation de l’information et dans les contenus, doit interpeller chaque patron de média et chacun d’entre nous.
Le gouvernement, conformément à la vision du président de la République, traduite dans la loi sur le genre, encourage toutes les organisations à atteindre un quota minimum de 30% de représentativité des femmes dans les postes de décision, a rappelé le ministre de l’Economie numérique et de la Communication. Aussi, ajoutera-t-il, hommes et femmes de médias ont un rôle d’information déterminant en matière d’éducation et de sensibilisation de la société. « Donc ils doivent donner l’exemple pour que la prise en compte du genre soit une culture et non un effet de mode dans notre pays », a-t-il estimé.
Selon le ministre Touré, le crédit-GIP, initié par Tuwindi avec l’appui de «Free Press Unlimited», est une grande première dans l’environnement médiatique national, sous-régional et même africain. Il offre aux entreprises de presse la double possibilité de s’améliorer de façon continue en devenant professionnelles, indépendantes et sensibles au genre d’une part, et en offrant la possibilité de se distinguer par la labellisation, d’autre part.
En outre, le ministre de l’Economie numérique et de la Communication s’est réjoui de voir dans l’environnement des médias un label qui vient attester le respect et la mise en œuvre des engagements pris par les entreprises de presse. Il a aussi encouragé tous les médias : radio, télévision, presse écrite et médias en ligne à s’inscrire dans la démarche GIP et à se faire labelliser. Arouna Modibo Touré a félicité les organes qui ont obtenu le certificat-GIP et adressé une mention spéciale au journal L’Annonceur et à la WebTV « Kunafoni.com» qui ont la particularité d’être dirigés par des femmes « inventives et combattantes, des femmes qui font honneur au genre dans la profession».Au cours de l’année 2018, sur les 14 organes de presse engagés dans le processus de labellisation GIP, 6 ont été évalués et jugés respectant les exigences de référentiel GIP par le comité d’impartialité. Les organes labellisés au niveau 3 sont : Radio Energie FM, Radio Djékafo et le journal Les Echos. Pour le niveau 2, il y a le journal L’Annonceur. La WebTV « Kunafoni.com » et la Radio Bamakan sont au niveau 3.
Amadou
GUÉGUÉRÉ

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