Cinéma : Deux jeunes réalisatrices maliennes à clap ivoire

0
136

  De gauche à droite Hawa A. Ndiaye et Fatoumata Traoré

Notre pays sera représenté cette année au festival de cinéma Clap Ivoire par deux jeunes réalisatrices sélectionnées par le comité mis en place par le Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM). Il s’agit de Fatoumata Traoré et de Hawa Aliou N’diaye.

Cette édition a lieu à Abidjan du 2 au 7 septembre. Clap Ivoire est un festival concours de courts métrages-vidéo des jeunes techniciens et réalisateurs des 8 pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) depuis 2004. Fort donc du succès des précédentes éditions, le festival a été ouvert en 2012 à l’espace Cedeao pour renforcer ainsi sa dimension panafricaine.

Pour cette année 2016, sur décision du ministre de la Culture et de la Francophonie de la Côte d’Ivoire, elle est limitée à nouveau aux Etats de l’Uemoa pour raison économique. Le concours concerne deux genres cinématographiques : la catégorie fiction court-métrage d’une durée de 13 mn ; et celle de fiction documentaire d’une durée de même temps. Outre le grand prix Uemoa Kodjo Eboucle, le festival décerne huit autres prix spéciaux aux concurrents.

Espoir du cinéma malien, Fatoumata Traoré est diplômée de l’École normale supérieure de Bamako et de la Faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines (FLASH) de l’Université de Bamako. Elle propose un film documentaire intitulé : « La migration irrégulière ». Cette œuvre montre que la réponse aux défis migratoires la plus crédible consiste à sensibiliser et créer des emplois pour maintenir les jeunes dans leurs pays.

Quant à Hawa Aliou N’diaye, son film de fiction est intitulé « Kuma » qui raconte l’histoire de Anita, une jeune femme devenue muette. Emprisonnée, ses contacts avec le monde trahissent sa folie. « Kuma », c’est l’histoire de cette jeune fille. Une histoire racontée à travers une caméra subjective lors d’une visite dans une prison pas comme les autres. On y apprend le passé d’Anita, et l’on découvre ses traumatismes.

Hawa Aliou N’diaye a déjà à son actif plusieurs réalisations comme « Les mains d’or de Samba », un docu-fiction de 28 minutes. Ce film a été présenté au 25è Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) en 2017.

Il traite de l’amour selon la réalisatrice. En effet, il s’agit d’un enfant à la main magique et qui est donc capable de guérir des maladies. Il doit soigner seulement un malade. S’il en arrive à deux, l’enfant lui-même y laissera sa vie. Après avoir soigné et guéri un premier malade, l’enfant décide de sauvegarder sa propre vie en refusant de soigner un second malade.

Un de ses amis sera atteint d’une maladie incurable. Face à la mort programmée de ce proche, le garçon décida de le soigner, au péril de sa vie. Avant de mourir il expliqua, malgré son jeune âge, qu’il préférait sa mort à celle de son ami. Le film n’a certes pas obtenu de récompense, mais a ému tous ceux qui l’ont vu au Fespaco.

Hawa Aliou Ndiaye est titulaire d’un master I de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de Bamako depuis 2010. Elle était en fonction au Rectorat quand elle a décidé de faire un film sur cet enfant qu’elle venait de rencontrer dans la réalité.

Pour faire ce film, elle a dû suivre une formation en Master II en audiovisuel à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal en 2013. A peine entrée dans ce cercle, Hawa est déjà une réalisatrice à succès. Son court métrage intitulé « L’absence » réalisé dans le cadre son projet de formation tourne dans de nombreux festivals à travers le monde.

Il a obtenu le prix du meilleur film documentaire aux 12è Rencontres internationales du film court (RIFC) de Yaoundé au Cameroun en novembre 2016. « L’absence » a participé à des festivals notamment en France, en Allemagne.

Lors du festival du film documentaire de Saint-Louis, tenu en décembre 2016, le film a également reçu une mention du jury. Il a d’ailleurs remporté le prix de la meilleure réalisation au festival de court métrage de Tananarive à Madagascar.

Hawa Aliou N’Diaye a commencé à tourner un documentaire sur la communauté des Korêdugaw. Une communauté dont l’efficacité de la pratique thérapeutique traditionnelle est reconnue. Une invitation à la bouffonnerie dont la philosophie sans connotation religieuse est reconnue par l’Unesco comme un patrimoine universel de l’humanité. Elle a également des projets de film comme « Aïda », « Thaly la petite sorcière » et « Kouroukan Fouga ».

Des films dont les scénarii ont été écrits par elle-même.

Laisser une réponse

P