Chronique éco, L’OPEP tient à la stabilité des prix du pétrole

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La baisse de la production mondiale de pétrole se poursuivra pour les neuf mois à venir. Réunis à Vienne du 1er au 2 juillet, les 14 pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix pays alliés, dont la Russie, en ont décidé ainsi. Ces pays exportateurs réitèrent ainsi leur stratégie – jusque là gagnante – en vigueur depuis janvier 2017 et visant à soutenir les cours du baril de pétrole. Il s’agit là d’éviter une chute des prix à l’exportation, préjudiciable à leurs économies qui dépendent fortement du pétrole. Conséquence : les cours se stabilisent à leurs niveaux actuels. Ainsi, en lieu et place de la baisse attendue l’on assiste à une petite hausse des cours.

En effet, le Brent coûtait moins de 30 dollars (près de 17.250 Fcfa) le baril, début 2016. Variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l’Inter Continental Exchange (ICE – Bourse de Londres), place boursière spécialisée dans le négoce de l’énergie, le Brent est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole.

L’Opep renouvelle ainsi une convention de décembre 2018, en réduisant sa production de 1,2 million de barils par jour au total. Effet : le Brent a gagné 22% depuis le 1er janvier 2019. Le West Texas Intermediate (WTI), lui a gagné plus de 30%. Appelé aussi Texas Light Sweet, le WTI est aussi une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du New York Mercantile Exchange (Nymex – Bourse de New York), spécialisée dans l’énergie.

À l’ouverture des marchés, lundi, les cours du Brent gagnaient plus de 3%, à 66,5 dollars (environ 38.237 Fcfa) le baril, tandis que le WTI dépassait pour la première fois depuis un mois, la barre des 60 dollars.
Outre cette stratégie équilibriste liée à l’offre et à la demande, plusieurs autres éléments interviennent dans la fixation des prix de l’or noir. Le pétrole étant une ressource naturelle géostratégique, son cours peut évoluer selon l’actualité internationale (tensions, conflits…). Les experts estiment que le prix du baril pourrait doubler en moins d’un mois, en cas de conflit armé entre l’Iran et les Etats-Unis. Si l’Iran fermait, par exemple, le passage du détroit d’Ormuz, où transite une grande partie de la production mondiale. Aussi, une éventuelle guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine peut pousser les prix vers le bas.
En attendant un rebondissement, le pétrole continue son yoyo.

Cheick M. Traoré
L’ESSOR

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