Chronique éco: 820 millions de personnes souffrent de la faim

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Les Nations unies invitent, pour espérer réussir la réalisation de l’Objectif de développement durable 2, à savoir la Faim zéro à l’horizon 2030, à réorienter davantage les efforts et soutiens en faveur des couches sociales les plus faibles ou vulnérables.

«Nous devons encourager une transformation structurelle favorable aux pauvres et inclusive, qui soit axée sur les personnes et qui place les communautés au centre des préoccupations, pour réduire les vulnérabilités économiques et être en mesure de poursuivre comme prévu notre objectif : éliminer la faim, l’insécurité alimentaire et la malnutrition sous toutes ses formes», préconise le rapport 2019 des Nations unies sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde.

Publié le 15 juillet dernier dans le cadre du suivi des progrès accomplis dans la réalisation de l’ODD 2, le document justifie cette demande de recadrage des politiques publiques par le fait qu’il a été établi que les ralentissements et fléchissements économiques (outre le climat et les conflits) au niveau des pays aggravent l’insécurité alimentaire et la malnutrition. Pour preuve, la faim augmente dans de nombreux pays où la croissance économique est à la traîne, en particulier dans les pays à revenu intermédiaire et ceux qui sont fortement tributaires du commerce international des produits de base, déplorent des experts de la FAO. Qui s’insurgent aussi contre les inégalités de revenus qui sont, selon eux, en augmentation dans beaucoup de pays où la faim était à la hausse.

Conséquences : plus de 820 millions de personnes dont 256,1 millions en Afrique et 513,9 millions en Asie, souffrent de faim dans le monde. La situation est, s’alarment les Nations unies, particulièrement préoccupante en Afrique où sont observés les taux les plus élevés en matière de faim dans le monde. Des taux qui continuent malheureusement d’augmenter dans presque toutes les sous-régions, quoique lentement. En la matière, le rapport précise que, depuis 2011, près de la moitié des pays où la faim a progressé en raison d’un atermoiement ou d’une stagnation de l’économie se trouvent en Afrique. Par contre, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave est estimé à 2 milliards, soit 26,4% de la population mondiale. C’est pourquoi, déduisent les auteurs du rapport, plus de neuf enfants sur dix vivant dans ces deux continents présentent un retard de croissance.

Repenser les politiques publiques afin de favoriser l’accès de tous à ces services les plus élémentaires, c’est contribuer à l’équilibre physique et phycologique de près de plus de 1/3 de l’humanité. Ce serait salutaire surtout pour nos pays où la qualité des ressources humaines dégringole.

Cheick Moctar Traoré
L’ESSOR

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