Campagne nationale de reboisement : Le Ministre Guindo dénonce l’occupation illicite des forêts classées

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La forêt de Keikoro fait l’objet de différends entre la population et les agents des Eaux et Forêts

Dans la poursuite de ses activités de la Campagne nationale de reboisement au Mali, le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Housseini Amion Guindo, accompagné d’une forte délégation, a effectué, du 20 au 21 juillet, une visite des forêts classées de Banifing-Baoulé et de Keikoro. Cette visite a permis au ministre de constater de visu des installations illicites dans lesdites forêts.

Des champs de coton, des cultivateurs munis de leurs tracteurs, des hameaux sinon des villages, des tas de bois coupés, des troncs d’arbres, des bornes endommagées… Telles sont les réalités qui prévalent dans les forêts classées de Banifing-Baoulé et de Keikoro. Ces forêts sont respectivement situées à quelques 45 km de la Commune de Méridiéla (arrondissement de Sido, région de Bougouni) et à 65 km de la Commune de Domba (près de Sanso). La réserve de faune de Banifing-Baoulé, avec ses 13 000 hectares, a été classée pour la 2è fois en 1986 après celui de 1954. Celle de Keikoro, avec ses 52.000 hectares, a été classée en 1986.

« Ces occupations ne sont pas récentes. Elles remontent à la colonisation, mais la situation s’est amplifiée à partir de ces dernières années », a révélé le président du conseil de cercle de Bougouni, Sidiki Sidibé. La forêt est occupée de façon anarchique sans qu’aucune autorité n’en délivre l’autorisation. Dès lors qu’un producteur y fait une bonne récolte, les autres accourent et occupent l’endroit. Pour remédier à la situation, M. Sidibé a indiqué qu’au niveau de Bougouni, ils ont regroupé des collectivités en intercommunalité qui luttent non seulement pour sensibiliser les occupants, mais surtout toute la population environnante, afin de mettre fin à la pratique. A Keikoro, une forêt qui est en proie à des différends entre la population résidente et les agents des Eaux et Forêts de la localité, le maire de la Commune de Domba, Cheick Abou Diarra, a été clair. Il a indiqué que la loi est au-dessus de tous. Une forêt classée ne doit pas être une habitation. Il a invité la population à la compréhension ainsi qu’à la collaboration, afin de contribuer à la sauvegarde des forêts classées.

Selon le directeur national des Eaux et Forêts, l’inspecteur général Mamadou Gakou, cette réserve de faune a été classée pour des objectifs bien précis. Notamment la préservation de la diversité biologique, la protection des cours d’eaux ainsi que la construction d’un habitat pour la faune sauvage. « Malheureusement, certains se livrent à l’occupation illicite de ces forêts. Ceux-ci sont en train de détruire tout ce que l’Etat met en place dans le cadre de la préservation de la nature », a affirmé l’inspecteur général.

En outre, le directeur national des Eaux et Forêts a souligné que le Mali n’a même pas encore touché les 10% de son territoire classé ou aire protégée, or il est recommandé à chaque pays d’atteindre les 15 à 17% pour pouvoir lutter contre les effets du changement climatique, la désertisation et la sécheresse. Par ailleurs, Mamadou Gakou a invité les autorités politiques et coutumières à aider le service forestier à lutter contre le phénomène.
« Si les lois ne sont pas respectées, si chacun peut se permettre de faire ce qu’il veut, alors bonjour l’anarchie », a déclaré le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable. Selon lui, une loi classe une forêt qui constitue un bien commun. Nul n’a le droit de transformer ce bien commun en propriété privée. Cette forêt est occupée illégalement. On ignore qui leur a donné l’autorisation. Si toute la population de cette commune exploitait la forêt de la sorte, nul n’allait avoir un mètre carré.

Auparavant, Housseini Amion Guindo avait eu une séance d’échanges avec la population de la Commune de Méridiéla. Cette dernière a évoqué la problématique d’espace adéquat pour ses cultures ainsi que son souhait de cultiver la zone dite « tampon » (une partie de la forêt classée). Le ministre a promis de faire ce qu’il faut pour déclasser la partie.

Mariam F. Diabaté
L’ESSOR

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