Mag’Sports : Transfert des joueurs, entre les textes et la réalité du terrain  

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                                     Avec 19 trophées, le basket-ball est la discipline la plus titrée de notre pays

Connaissez-vous le nombre de joueurs et de joueuses de basket-ball disposant d’une licence au Mali ? Le chiffre va vous surprendre, puisqu’ils sont plus de 30.000 filles et garçons (33157 pour être précis), toutes catégories confondues, qui foulent tous les jours les planchers à travers le pays. Les filles sont plus nombreuses que les garçons, parce qu’il y a 17112 joueuses licenciées, contre 16045 chez les garçons. Ces chiffres viennent de la Fédération malienne de basket-ball (FMBB) qui précise que le nombre de licenciés augmente régulièrement et que toutes les licences de la saison en cours n’étaient pas encore élaborées, au moment du passage de notre équipe de reportage. D’où viennent ces dizaines de millier de jeunes joueuses et joueurs et comment se font les transferts au Mali ? Pour le président de la Fédération malienne de basket-ball, Harouna B. Maïga, les transferts sont devenus un vrai casse-tête pour les instances dirigeantes de la balle au panier. Et pour cause, explique-t-il, «les acteurs trouvent toujours les moyens de contourner les textes pour réaliser les opérations de transfert». «Au Mali, pointe Harouna B. Maïga, les transferts de joueurs de basket-ball sont comme un réseau de mafia. Les grandes équipes imposent leur diktat aux petites équipes et aux centres. Quand un joueur ou une joueuse se retrouve dans le viseur des grosses cylindrées, on assiste à toute sorte de manœuvre. Très sincèrement, nous avons beaucoup de problèmes avec les transferts», martèle Harouna B. Maïga qui accuse les grosses pointures d’être les seules responsables de cette situation.
Pourtant, appuie le secrétaire général de la FMBB, Seydou Maïga, les textes concernant les transferts de joueurs sont très clairs et connus de tous. Dans ces textes, rappelle notre interlocuteur, il est écrit que «tout joueur licencié pour une association ou un centre affilié à la FMBB désirant changer de club ou centre, ne peut le faire que pendant la période de mutation, du 1er au 15 septembre. La demande de mutation doit être adressée par pli recommandé à la FMBB ou à la ligue, suivant le cas, avant le 16 septembre. Ainsi, le joueur qui signe une demande de mutation, n’est engagé vis à vis de sa nouvelle association, qu’après décision de la ligue ou de la FMBB suivant le cas et conformément à l’article 37 des règlements généraux de la Fédération malienne de basket-ball». Et Seydou Maïga de renchérir : «Tout joueur, qui signe plusieurs demandes de mutation, est suspendu pour 6 mois. Il ne peut être qualifié que pour l’association ou le centre au titre duquel il a formulé sa première demande de mutation, la date de réception de la première demande de mutation à la FMBB ou à la ligue, faisant foi».

Au niveau de la ligue de basket-ball du district de Bamako, précise son secrétaire général, Ousmane Dicko, c’est l’instance qui statue sur tous les cas de demande de mutation des associations ou clubs relevant de son ressort. «Cependant, ajoute-t-il, toute décision d’une ligue est susceptible d’appel auprès de la fédération.
Cet appel doit être fait dans un délai de dix jours à compter de la date de notification de la décision et être accompagné d’un droit de 30.000 Fcfa, selon les dispositions de l’article 40 des règlements généraux de la FMBB». Concernant les mutations inter-ligues, complète Ousmane Dicko, «c’est le bureau fédéral qui juge les demandes et sa décision est sans appel. Une équipe peut s’opposer au transfert d’un joueur, à condition de fournir un engagement, c’est-à-dire, le formulaire de la FMBB signé par le joueur et le club. La durée de l’engagement ne doit pas excéder 2 ans avec possibilité de renouvellement».
Le secrétaire général de la section basket-ball du Stade malien, Lassina Diarra admet également que la plupart des dossiers de transfert provoquent souvent des tensions entre le club quitté et le club acheteur. «Nous rencontrons souvent des difficultés, parce que nous sommes dans un championnat amateur. Dans les textes, il est écrit, noir sur blanc, que le transfert pour un joueur ou une joueuse qui est sous engagement est impossible sauf l’avis du club quitté. Mais dans la pratique, les choses se passent autrement», pointe le secrétaire général du Stade malien, avant d’évoquer le cas de la jeune Assétou Sissoko (MVP de l’Afrobasket féminin U18, 2018) qui a quitté Attar club pour s’engager avec l’équipe de Sotuba. «Notre club a fait le transfert de la joueuse, après la période normale parce que Kidal est une équipe de l’intérieur.
Le Stade a payé les frais de transfert qui été ont versés sur le compte de la fédération conformément aux textes. Mais, après le transfert, nous avons appris que la joueuse à un engagement avec Attar club. Fort heureusement, les investigations que nous avons menées ont prouvé le contraire. La joueuse n’avait d’engagement avec Attar club et c’est ce qui nous a sauvés. Je pense qu’il y a lieu de revoir aussi les textes pour éviter ce genre de situation», préconise Lassina Diarra.

-19 trophées EN 23 ANS- Si le problème de transfert provoque, chaque année, des tensions entre les clubs et oblige la Fédération malienne de basket-ball et les ligues à jouer au pompier, force est d’admettre que cela n’a aucune incidence sur la balle au panier de notre pays. Au plan national, les compétitions se déroulent régulièrement et à tous les niveaux et au plan continental, les sélections maliennes sont aujourd’hui enviées par tout le monde. De 1996, date du premier sacre continental d’une sélection malienne (la sélection nationale féminine U18), à cette année, le Mali a, en effet, la bagatelle de 19 trophées. Les premières couronnes ont été offertes à notre pays par les U18 Filles (1996, 2000) et cinq ans plus tard (2005), ce fut au tour du Djoliba Dames de s’adjuger le titre de champion d’Afrique des clubs à Bamako, face aux Angolaises de Primeiro Agosto. Dans la foulée, la sélection nationale féminine senior (Aigles Dames) fera vibrer tout un peuple, en se hissant sur le toit du continent, lors de l’Afrobasket, Dakar 2007, avec en prime le titre de MVP (meilleure joueuse du tournoi) décerné à Hamchétou Maïga. Après les Aigles Dames, la sélection nationale féminine U16 sera sacrée 6 fois consécutivement championne d’Afrique, alors que la sélection féminine U18 soulèvera 7 fois la couronne continentale, dont 3 victoires de rang, un record dans l’histoire de la compétition.
La seule ombre au tableau concerne la sélection masculine sénior, toujours attendue par les supporters, mais qui n’est jamais parvenue à se hisser sur le toit du continent.
Le dernier échec en date des Aigles est l’élimination de l’équipe en quarts de finale de la première édition de l’Afrocan que notre pays a abrité en juillet.
Seïbou S. KAMISSOKO

 

Afrobasket féminin : LE PUBLIC SÉNÉGALAIS BRILLE PAR SON ABSENCE DANS LES GRADINS

Depuis le 10 août, date du début de la 26è édition de l’Afrobasket féminin Sénégal 2019, un constat est général, la faible affluence de la population sénégalaise dans la salle lors des rencontres, notamment celles des autres pays. Le public sénégalais se mobilise uniquement lorsque l’équipe locale joue. La raison est très simple : le Dakar Aréna est situé à Diamniadio, une nouvelle ville qui est à 30 km de Dakar, ville et qui est sur la route de l’aéroport international Blaise Diagne de Dakar. Pour se rendre dans cette ville, le coût du transport est cher. Pour l’aller et le retour, il faut débourser au minimum 12.000 Fcfa pour le transport en commun et 20.000 Fcfa au minimum pour le taxi. Avec ce coût il est très difficile pour les supporters de se rendre au stade par leurs propres moyens. C’est pourquoi l’autorité sénégalaise a mis à la disposition des supporters locaux des bus pour aller soutenir leur équipe nationale.
«Nous voulons venir suivre les autres rencontres, mais comme vous le savez, ce n’est pas facile de quitter Dakar pour se rendre au Dakar Aréna à Diamniadio. Le trajet est très long et le transport n’est pas facile. En plus quand on vient au terrain il faut acheter à manger, c’est trop, les gens n’ont pas les moyens», explique Malick Diop, un supporter sénégalais. Abdoul Wahab Bah, un taximan sénégalais d’origine guinéenne abonde dans le même sens. «Je suis taximan à Dakar, il y a plus de 15 ans. J’ai vécu plusieurs évènements sportifs ici. Dans les autres compétitions les taximan trouvent beaucoup de clients mais cette fois-ci, ce n’est pas le cas. On ne trouve pratiquement pas de clients pour Dakar Aréna. Pour moi, cela s’explique par le fait que le stade est trop loin de la ville. Quand le trajet est long, le transport est plus cher parce qu’il y a des péages à payer. On paie 1000F cfa au premier péage et 500F cfa au deuxième», a confié Abdoul Wahab Bah. Fatou N’Diaye, une vendeuse d’eau et de petits produits alimentaires elle, ne se plaint pas de l’éloignement du site de l’Afrobasket, mais plutôt de la faible affluence à l’extérieur et à l’intérieur du stade. «Je viens ici tous les jours, mais les clients sont rares. C’est ça qui me décourage. Si les affaires marchent comme on le souhaite, le prix du taxi et la distance ne poseront pas de problèmes. Mais faire tous les jours ce trajet pour retourner ensuite avec ses marchandises, c’est vraiment difficile», se lamente Fatou N’Diaye, en indiquant que les rares clients qu’elle rencontre sont majoritairement composés d’étrangers.
Boubacar THIERO

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