Agriculture : QUESTIONS SUR LA PERFORMANCE DES PROJETS ET PROGRAMMES

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Les échanges ont porté surtout sur la faiblesse des décaissements

Dans le cadre des préparatifs de la campagne agricole, le ministre de tutelle a organisé une revue pour se faire une idée de la gestion de ces appuis techniques

L’hivernage avance à grands pas. Avec les premières pluies, les préparatifs s’intensifient au niveau du département de l’Agriculture, des services techniques d’appui, des projets et programmes relevant du département et au niveau des producteurs. Avant le lancement officiel de la campagne agricole par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, le ministre Moulaye Ahmed Boubacar a jugé opportun de battre le rappel de tous les projets et programmes qui interviennent dans le domaine de l’agriculture. Il s’agissait de faire le point d’exécution des activités et de la mobilisation financière, d’identifier les faiblesses de tous ces projets et programmes. La rencontre avec les responsables de ces projets et programmes s’est tenue hier au Orpheus Dream Hôtel sous la présidence du ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar en présence du secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Agriculture, chargé de l’Aménagement et de l’Equipement rural, Adama Sangaré.
Avant de démarrer la rencontre, le ministre Moulaye Ahmed Boubacar a tenu à vérifier la présence effective des 63 projets et programmes relevant de son département. Le quorum étant largement atteint (il n’a déploré que 11 absents sur les 63), il a ensuite révélé que le portefeuille du sous-secteur agricole des 63 projets et programmes a été financé à hauteur de 664,671 milliards de Fcfa avec un taux de décaissement cumulé moyen de 55,20%. En dépit des efforts fournis par les responsables des projets et programmes, ce décaissement reste faible au regard des besoins et attentes des populations, a souligné le ministre Moulaye Ahmed Boubacar. Vu la contribution de ce sous-secteur à l’économie nationale, le suivi des projets et programmes revêt une importance capitale et doit se traduire par l’amélioration de leur gestion, la production de résultats tangibles et la contribution à l’augmentation de la production et de la productivité agricole.
En 2008, le gouvernement a entamé la subvention des intrants agricoles (engrais et semences améliorées) en vue de booster la productivité des céréales et plus particulièrement le riz et le maïs. Cette décision avait pour but de contrer la flambée des prix des denrées alimentaires sur le marché mondial.
Le ministre Ahmed Boubacar a indiqué qu’au-delà de la volonté politique affichée, force est de reconnaître que la subvention des intrants agricoles rencontre aujourd’hui de sérieuses difficultés qui risquent de remettre en cause le bien-fondé de cette forme d’appui de l’Etat à ses producteurs. Il a aussi rappelé la réaction sur cette question du président de la République lors de la tenue du dernier Conseil supérieur de l’agriculture à Koulouba le 27 mai dernier. Par ailleurs, au regard de la sensibilité des questions liées à la subvention assurée par l’Etat, les partenaires techniques et financiers sont entrés dans la danse en inscrivant l’assainissement de la gestion de la subvention comme l’une des conditionnalités de l’appui budgétaire destiné à notre pays. La situation actuelle, il faut le reconnaître, interpelle tous les acteurs et il est urgent de chercher à améliorer la subvention des intrants et équipements agricoles afin qu’elle puisse profiter davantage aux producteurs et contribuer efficacement à l’amélioration de la production et de la productivité agricoles.
Le directeur de la Cellule de planification et de statistiques (CPS), Moussa Camara, a expliqué que les projets et programmes sont financés à 62% par des prêts contractés par l’Etat et 22% par l’Etat. La Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque islamique sont les plus gros contributeurs multilatéraux. Par ailleurs, le Canada se place en tête des partenaires bilatéraux suivi de la Belgique et de l’Allemagne qui ont apporté le plus de financements à ces projets et programmes. Comme difficultés, le conférencier a relevé la lourdeur et la lenteur dans les procédures de mobilisation des ressources et de passation des marchés, l’insuffisance des allocations budgétaires pour le suivi, l’insuffisance des activités de suivi externe et l’insécurité au centre et au nord du pays. Comme recommandations à ces difficultés, le conférencier a évoqué l’élaboration de nouveaux projets d’investissements pour le sous-secteur agricole, la création de banques de données des projets et programmes, la création et le renforcement de l’espace de dialogue, des activités de suivi et de supervision et l’organisation d’un atelier sur les causes de la faiblesse des décaissements.

Moriba COULIBALY

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