Afrobasket Féminin : Sylvain Lautié «l’espoir est permis… »

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Dans une interview qu’il a bien voulu nous accorder, le sélectionneur national revient sur le tirage au sort et les chances du Mali, il évoque la préparation des Aigles Dames et martèle qu’il vise une place sur le podium

L’Essor : Que pensez-vous de la poule du Mali ?
Sylvain Lautié : Je pense que s’il y avait une équipe à éviter, c’était l’Angola. Hélas, on est tombé sur ce pays. De toute façon, quand on veut faire des performances, il faut battre tout le monde. J’espère qu’on ne fera pas comme en 2017 à domicile (défaite contre la sélection angolaise, lors de la phase de poules, ndlr).

On n’était pas complètement prêt sur le premier match de l’Angola et on avait perdu en poule. Maintenant, avec la nouvelle formule, il faut impérativement gagner le premier match pour se qualifier, directement en huitièmes de finale. Il est donc important pour nous de terminer premier de cette poule de trois.

L’Essor : Est-ce un bon ou mauvais tirage pour les Aigles Dames ?
S. L. : Ce n’est pas le meilleur des tirages. Je le répète, s’il y a une équipe que je voulais éviter, c’était l’Angola, mais on se rencontre de nouveau. On aurait du avoir un tirage plus clément. Mais une fois encore, pour toute équipe qui veut aller le plus loin possible, il faut battre les grandes équipes.

L’Essor : Connaissez-vous vos deux adversaires, à savoir l’Angola et la RD Congo ?
S. L. : L’Angola, je le connais plus que la RD Congo. La RD Congo, on est en train de voir comment ça se passe actuellement. C’est une équipe qui fait de belles choses ces derniers temps. C’est une équipe qui est solide physiquement, rugueuse et qui correspond au style de la Coupe d’Afrique.

Les Congolaises ne font pas que de la technique, elles ont aussi du cœur, de l’envie et du physique. Si vous avez l’envie et le cœur, mais si vous n’avez pas le physique pour correspondre à ça, vous ne pouvez rien faire contre ce pays. Pour me résumer, je dirais que la RD Congo à le cœur, l’envie et le physique qui répondent à la volonté d’aller défier l’adversaire.

L’Essor : Selon vous, quelle est l’équipe favorite ?
S. L. : L’Angola. Les Angolaises ont de l’expérience, c’est une équipe complète. Je pense bien que c’est l’équipe favorite de notre poule, mais on a aussi notre mot à dire.

L’Essor : Est-ce que la préparation des Aigles Dames s’est bien passée ?
S. L. : On a eu beaucoup de mal, ce n’est pas une critique. On est dans un pays qui traverse des difficultés, un pays qui n’a pas que le sport comme priorité.

C’est la réalité et c’est compréhensible que le sport à l’instant précis, ne soit pas la priorité, il y a d’autres choses, c’est la vie, l’équilibre et la paix du pays. On a eu des difficultés, pourquoi ? Présentement, seul le Palais des sports est en état pour les préparatifs.

Pendant l’Afrocan, on ne s’entraînait qu’une fois par jour. Mais avec l’engagement de la fédération, nous avons eu à faire des matches amicaux contre la Tunisie et la Côte d’Ivoire. Les filles ont conscience de la situation du pays, elles ne se plaignent pas, au contraire, elles essayent de compenser le retard avec beaucoup d’envie et de la fierté d’avoir porté au mieux les couleurs du pays. Tout le monde se donne à fond, on fera du mieux possible.

L’Essor : Quel est votre objectif pour cette 26è édition de l’Afrobasket ?
S. L. : Notre objectif est d’atteindre, au moins le dernier carré. En 2017, on avait fait mieux qu’en 2011, en terminant troisième, mais avec de petits regrets. En effet, nous avons perdu en demi-finale, face au Nigeria d’un point, alors qu’on a eu trois balles de match. Donc cette année l’objectif, c’est d’arriver en finale, synonyme de qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo 2020.

L’Essor : Quel est l’état d’esprit du groupe ?
S. L. : L’état d’esprit du groupe est bon. Nous avons une équipe jeune, la sélection a été renouvelée à 45% et il le fallait. C’est pour toutes ces raisons que nous avons encore des regrets d’avoir fini troisièmes et non deuxièmes. Si on avait réussi à atteindre la finale, l’équipe allait décrocher le ticket de Coupe du monde, les joueuses allaient avoir de l’expérience dans la perspective de la Coupe d’Afrique. Là on va à l’Afrobasket avec 5 ou 6 joueuses qui n’ont pas l’expérience du haut niveau. Mais nous avons une équipe jeune et talentueuse, on peut compter sur les filles.

L’Essor : Quel message avez-vous pour les supporters et les autorités sportives ?
S. L. : Nous voulions une grande mobilisation de nos supporters pour Dakar. Leur place est importante, les filles ont besoin d’eux. Aux autorités sportives, nous leur disons grand merci, elles ont tout fait pour nous mettre dans les meilleures conditions de travail. Ce n’était pas si facile que ça. Aussi, nous remercions les autorités de la confiance qu’elles placent en nous. On a une équipe jeune, mais je pense qu’elle est capable de surmonter le handicap de l’inexpérience. Autrement dit, l’espoir est permis…

Propos recueillis par
Seïbou S. Kamissoko
L’ESSOR

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